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L'effectif militaire va gonfler au fenua d'ici 2030


Un groupe de combat du Rimap-p a effectué un exercice sur le champ de tir de Faaone sous l'œil du général Vidal, au fenua pour une visite de contrôle des installations de l'Armée de terre en Polynésie. Crédit photo : Thibault Segalard.
Un groupe de combat du Rimap-p a effectué un exercice sur le champ de tir de Faaone sous l'œil du général Vidal, au fenua pour une visite de contrôle des installations de l'Armée de terre en Polynésie. Crédit photo : Thibault Segalard.
Tahiti, le 24 janvier 2024 - Le commandant de l'État-major spécialité pour l'outre-mer et l'étranger, le général Alain Vidal, est actuellement en visite au Fenua pour contrôler les installations de l'Armée de Terre en Polynésie. Ce mercredi, il a notamment assisté à un exercice de tir à Faaone. Il confirme un accroissement de l’effectif militaire au Fenua d’ici 2030, conformément à la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2023.

Les forces du Rimap-p ont effectué un exercice sur leur champ de tir de Faaone, sous l'œil attentif d'un observateur haut placé, en la personne du général Alain Vidal, commandant de l'Emsome, l’État-major spécialisé pour l'outre-mer et l'étranger. Le général est arrivé lundi au Fenua dans le cadre d'une visite qu'il effectue tous les deux ans. Ainsi, jusqu'à vendredi, date de son départ, il fera le tour de toutes les installations de l'Armée de Terre placées sous la direction du colonel Loic Wierzbinski. “C'est une visite de contrôle du régiment qui est stationné à Arue”, nous explique-t-il sur le bord du champ de tir. “Je viens vérifier qu'il a tous les moyens pour remplir la mission qui est la sienne ; et que ces moyens sont employés selon les directives fixées par le commandant supérieur des FAPF, [l'amiral d'Andigné, NDLR]”.
 
“C'est lui qui dirige la chaîne de commandement opérationnel”, poursuit-il. “Il décide où la voiture va et par quel itinéraire elle doit passer. L'Armée de Terre n'a pas son mot à dire là-dessus. Moi, mes responsabilités sont le commandement de la chaîne organique. Je dois m'assurer que la voiture a du carburant, qu'elle fonctionne, qu'elle soit armée... Ce sont mes responsabilités, et je suis là pour m'assurer de ça.”
 
Ce mercredi, c'était donc l'observation d'un exercice grandeur nature sur le champ de tir de Faaone avec un groupe de combat tactique. Un exercice qui a plu au général Vidal, s'il a relevé toutefois quelques points d'améliorations. “L'objectif n'est pas d'avoir des robots immédiatement, c'est de voir les domaines à améliorer et qu'ils puissent les corriger”, explique-t-il. Le général termina sa visite au fenua par une inspection du dépôt de munitions de Papeari et des différentes installations du Rimap-p sur le territoire polynésien.
 

Le général Alain Vidal, commandant de l'Etat-major spécialisé pour l'outremer et l'étranger. Crédit photo : Thibault Segalard.
Le général Alain Vidal, commandant de l'Etat-major spécialisé pour l'outremer et l'étranger. Crédit photo : Thibault Segalard.
Un effectif de l'Armée de Terre en progression d'ici 2030   
 
Interrogé par Tahiti Infos, le général Vidal est également revenu sur la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2023, votée l'été dernier par l'Assemblée nationale. Dans cette loi, qui détermine l'action de l'État, le montant et l'affectation des ressources consacrées aux dépenses militaires pendant 6 ans, un volet a été consacré aux outremers. En effet, cette LPM prévoit une consolidation des forces armées installées dans les territoires ultra-marins, pour consolider la souveraineté de la France sur place mais aussi assurer la protection des populations. “C'est la France qui a décidé de faire un effort sur les outremers en général avec cette LPM. Ça va se traduire par un effort des capacités opérationnelles, c’est-à-dire plus d'hommes et plus de matériels. C'est vrai pour ici, mais également pour les Antilles, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie...”, nous explique le général Vidal, quelques minutes après la fin de l'exercice de tir. Cette décision fait sens, notamment avec la perspective de l'augmentation de catastrophes climatiques et un contexte de relations internationales sous tension.
“La mission première de l'armée, c'est la défense de nos concitoyens” rappelle le commandant de l'Emsome, “notamment face à des problématiques climatiques qui sont de plus en plus marquées, comme à Tahiti. Accroître nos moyens nous permet de pouvoir compléter l'action de l'État au besoin. La situation internationale est également un peu chahutée en ce moment et il est bon de rappeler que nos outremers sont des territoires français. Et le moyen d'affirmer notre souveraineté, c'est le pouvoir régalien, comme les forces armées. Il est important de rappeler que la France est un État souverain et qu'elle protège sa population partout où le drapeau français flotte.” En Polynésie spécifiquement donc, cela se traduira par l'arrivée “d'une petite centaine d'hommes, de militaires actifs”. “Ça sera un renforcement progressif, sur les 5 années à venir”, ajoute également le commandant de l'Emsome. Un effort sera opéré sur les effectifs de réservistes qui augmenteront d'ici 2030.
 




Rédigé par Thibault Segalard le Mercredi 24 Janvier 2024 à 20:19 | Lu 1981 fois