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L’économie numérique polynésienne est encore en chantier


PAPEETE, le 26 novembre 2014. Le développement de l’économie numérique on en parle beaucoup sur le territoire, en mettant en avant le positionnement stratégique de la Polynésie. Quatre ans après le lancement d’un premier plan de développement de l’économie numérique délaissé par les soubresauts politiques, un second doit voir le jour en 2015. D'ici là, ce jeudi et ce vendredi les 6e rencontres numériques doivent permettre aux professionnels concernés de faire le point.
«L’économie numérique est un secteur de développement crucial. En effet, elle engendre la croissance d’autres secteurs d’activités et offre de nombreux débouchés en termes d’emplois avec une marge de progression importante sur le secteur». C’est avec cette phrase d’un optimisme volontaire que le document d’orientations budgétaires préparé par le gouvernement ouvre son chapitre consacré à l’économie numérique. Le constat est effectivement celui d’une véritable poussée de la consommation en technologie en Polynésie française au cours des dix dernières années qui a conduit en septembre 2010 à la mise en service du câble sous-marin Honotua, à l’arrivée de nouveaux opérateurs numérique (Viti en 2010) et en téléphonie mobile (Vodafone en 2013) et au plan de déploiement de la fibre optique jusque dans les habitations polynésiennes au cours des prochaines années.

La population de Polynésie française suit la tendance mondiale en matière de consommation d’équipements numériques. Une consommation où la mobilité prédomine, avec sans cesse, la mise sur le marché de nouveaux produits plus performants. Or ces nouveaux équipements, toujours plus techniques, impliquent le besoin de développer simultanément les réseaux pour répondre à ces nouveaux types de consommation, plus exigeants en qualité, en rapidité, en qualité des flux. «Nos opérateurs devront donc consentir au développement du très haut débit, quel que soit sa forme. Nous serons à leurs côtés pour les y aider».
Pour autant, la Polynésie française étant vaste et éparpillée, cette révolution numérique n’est pas équitablement partagée. Certes, 79% des foyers des Îles du Vent ont Internet à leur domicile mais la couverture n’est pas totale et les archipels les plus éloignés de Tahiti sont encore loin du compte. Néanmoins, la politique numérique du gouvernement ambitionne justement, comme le promettaient déjà les Etats généraux du numérique en 2011 de travailler à «l’accès au numérique pour tous» en premier lieu, lequel s’appuiera forcément sur «la poursuite du développement des infrastructures». Viendront avec ce maillage plus fin du territoire par les technologies du numérique une meilleure offre des contenus, la promotion de l’usage du numérique, voire même l’objectif le plus ambitieux : «faire du numérique un tremplin pour le rayonnement de la Polynésie française dans le Pacifique et le monde». Pour atteindre cet objectif, le territoire pourrait user de son positionnement stratégique entre deux continents. «Le gouvernement polynésien veut jouer un rôle central dans le déploiement d’un Hub numérique océanien (HNO) avec la création d’un nouveau corridor entre l’Amérique du sud (Chili) et l’Australie». D'autres possibilités existent également reliant, cette fois, l'Asie à l'Amérique.

Bien entendu, nous n’en sommes pas encore à ce rayonnement mondial. Et si le développement de l’économie numérique est l’une des priorités du gouvernement polynésien, listée en avril 2014 dans le Plan de relance, il va d’abord falloir s’attaquer à un travail sur une réforme du code des postes et télécommunications. Six actions principales sont identifiées. Elles abordent notamment les conditions d’accès aux réseaux, la définition de la qualité d’opérateur qui pourrait être redéfinie par l’Autorité administrative indépendante pour les télécommunications, les conditions de l’établissement des réseaux de fibre optique.
Pour s’adapter à un nouveau contexte, la Direction générale de l’économie numérique (DGEN) a créé en mai dernier l’Observatoire de l’économie numérique (Oden) pour travailler sur cinq axes stratégiques de développement. Mais depuis six mois, l'Oden n'a rien laissé filtrer des réflexions en cours. Selon le calendrier établi à sa création, l'Observatoire devrait pourtant remettre au gouvernement la synthèse de ces réflexions au plus tard en décembre prochain pour la présentation et la mise en œuvre du nouveau Plan de développement de l’économie numérique en janvier ou février 2015.

Un plan dé développement de l'économie numérique qui en rappelle un autre. Le précédent plan de même ambition, appelé Te ara hotu, avait été lancé en 2011 (avec un site Internet dédié), à la suite des Etats généraux du numérique. Il prévoyait, en cinq ans, et à l’appui d’un budget estimé à 4,5 milliards de Fcfp (hors infrastructures) la mise en œuvre d’une centaine d’actions pour, notamment, réduire la fracture numérique, accompagner la population, densifier le réseau 3G, engager le projet d’un second câble sous-marin, engager une reconversion «éco-numérique» du Pays. Espérons que quatre ans plus tard, alors que les besoins ont changé avec la révolution technologique permanente, les ambitions numériques de Polynésie française trouveront véritablement à se développer.

Rédigé par Mireille Loubet le Mercredi 26 Novembre 2014 à 16:59 | Lu 1344 fois
           



Commentaires

1.Posté par simone grand le 27/11/2014 10:21 | Alerter
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L'important est que les porteurs d'un projet numérique ne soient plus l'objet d'une cabale politico- syndicalo-administrative.
Si vous saviez comme les pionniers ont dérouillé!
Comme quoi dans notre fenua, les détourneurs de fonds publics sont mieux appréciés que les innovateurs.
ET puis, 20 ans après, ils se rendent compte que le mot "numérique" n'est pas une insulte
C'est rassurant et ça me fait plaisir.
Comme quoi, le meilleur peut arriver
Simone Grand