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L’économie du partage prend sa part au fenua



Tahiti, le 23 janvier 2020 - Airbnb, Tahiti Homes, Ride my boat… Abordée lors de la 7e conférence économique jeudi au Tahiti Ia Ora Beach, « l’économie du partage » prend de l’importance en Polynésie française ces dernières années. Pour le vice-président en charge de l’Economie, c’est « mouvement mondial qu’il est nécessaire d’intégrer ».
 
Lors de la 7e conférence économique qui s’est tenue jeudi au Tahiti Ia Ora Beach Resort managed by Sofitel, les représentants du Pays et les acteurs économiques locaux ont discuté des perspectives économiques de Polynésie. Des intervenants étrangers étaient présents pour l’occasion et ont apporté leur expérience. Il a notamment été question de « l’économie du partage », qui regroupe des modèles économiques comme Airbnb qui viennent en concurrence directe avec les acteurs historiques de l’hôtellerie au fenua.
 
L’économie de partage est un nouveau modèle de consommation. Il se caractérise par le partage entre consommateurs de l’usage ou la consommation de produits, d’équipements ou de services. Alexandre Woog, chef de la direction d’Alliance Autocar, est un expert français de ce modèle économique. Il est intervenu lors de la conférence « L’économie du partage, voie d’avenir ? Potentialités et leviers » : « L’économie du partage, c’est le partage de ressources grâce aux nouvelles technologies. Par exemple, certains peuvent se demander pourquoi acheter une voiture quand on sait que 90% du temps, elle est à l’arrêt. Ou encore se dire qu’ils ont besoin d’une perceuse pour faire un trou et qu’ils ne l’utiliseront plus jamais après. Ils vont donc l’emprunter à quelqu’un d’autre qui n’en a pas besoin dans l’immédiat. »
 
Le modèle de l'économie du partage semble parfaitement se prêter à la Polynésie. La grande majorité des intervenants locaux vantent la facilité que les Polynésiens ont pour partager leurs biens. Mais au-delà de ce critère, encore faut-il que ce modèle soit viable. Au fenua certains ont tenté l’aventure de l’économie du partage. En 2013, Emily Colas a créé Tahiti Homes. « J’ai travaillé dans l’hôtellerie et j’ai vu cette mouvance de la digitalisation des biens à la location. Cependant, cette mouvance était très timide en Polynésie. J’ai exploré les opportunités dans notre destination. En 2011, il y avait 70 biens, dont des résidences secondaires qui n’étaient pas habités la majorité du temps. Aujourd’hui, il y en a plus de 650. Le marché a explosé. » Ce service de conciergerie local, type Airbnb, a un fort potentiel de développement dans le contexte d’embellie touristique que connait le fenua.

Des freins sociétaux et fiscaux

Le grand frein à cette économie est le changement des mentalités. Bien que cette mouvance soit internationale, les habitudes ont la dent dure en Polynésie. Min Gnouk Montay, gérante de Ride my boat, s’occupe de la mise en relation entre propriétaires de bateau et potentiels locataires. Selon elle, « les propriétaires ont du mal à être réactifs et à entrer dans le mode d’utilisation de la plateforme Ride my boat, à répondre aux demandes. Quant aux locataires, ils ne comprennent pas forcément le rôle d’intermédiaire que je joue et ils pensent que c’est moi qui possède les bateaux qu’ils souhaitent louer… Il faut vraiment éduquer les consciences des membres de la société. »
 
Un autre aspect important de ce modèle économique émergent est sa fiscalité. En effet, il faut encadrer ces nouvelles professions. Le ministre Teva Rohfritsch estime qu’il s’agit d’un « mouvement mondial qu’il est nécessaire d’intégrer ». Mais il reconnaît qu’il « n'existe pas de cadre fiscal spécifique à ce genre d'activité ». Alexandre Woog donne des pistes de réflexion : « En France, l'économie de partage a commencé à exploser à partir de 2012, mais cela fait un an et demi seulement qu'il y a un vrai cadre à cette économie. Aujourd'hui, en France, on doit déclarer ses revenus à partir d'un certain seuil, on a une imposition à partir d'un certain seuil. Et puis à partir d'un autre seuil, tu deviens un professionnel et tu n'es plus un particulier qui fait du collaboratif… »
 
Selon le professionnel, ce n'est qu'à partir du moment où "le business deviendra vraiment important que les politiques s'y intéresseront". "C'est là qu'il faudra de l'intelligence politicienne, car il ne faudra pas tuer la dynamique dans l'œuf."

Teva Rohfritsch, ministre de l’Économie : « Je suis pour l’évolution »

L’économie du partage est un modèle qui tend à se développer en Polynésie. Comment l’encadrer ?
"L’économie du partage est effectivement un mouvement mondial qu’il est nécessaire d’intégrer aujourd’hui en Polynésie. Je pense que cela sera facile, puisque le partage, je le crois, est une valeur profondément polynésienne. Aujourd’hui, des activités sont créées en cohérence avec ce modèle, comme Airbnb, pour ne citer que celui-là. Le problème, c’est que par exemple, les pensions de familles et les hôtels permettent la création d’emplois pour la gestion et l’accompagnement des touristes. En revanche, lorsqu'un particulier met son ou ses biens en location saisonnière, il n’y a que peu voire pas de création d’emploi. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut freiner cette activité pour autant. En Polynésie, comme en Métropole, les hôtels et les pensions de familles doivent s’adapter à ce nouveau modèle. Donc je ne veux pas essayer de freiner les modèles s'ils sont adaptés à la Polynésie."
 
Même si ces nouveaux modèles deviennent de sérieux concurrents aux acteurs économiques actuels ?
"C’est l’évolution du monde… Moi, je suis pour l’évolution. Toute évolution fait un peu de casse, mais l’important, c’est ce qui est créé de nouveau derrière. Après, si les activités de l’économie de partage comme Airbnb continuent à se développer de la sorte, il faut qu’il y ait de la création d’emploi, qu’il y ait une fiscalité adaptée car quand on contribue à la création de richesse en Polynésie, ça ne peut pas être en dehors du système fiscal."

Rédigé par Ariitaimai Amary le Jeudi 23 Janvier 2020 à 17:25 | Lu 1571 fois





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