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L'affiliation des fonctionnaires d'Etat à la CPS "pas à l'ordre du jour" pour Girardin



Tahiti, le 30 janvier 2020 - A la veille de sa visite d’une semaine en Polynésie française, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a répondu aux questions de Tahiti Infos pour faire le point sur certains dossiers en cours. La ministre annonce notamment que l’affiliation des fonctionnaires d’État exerçant en Polynésie française à la CPS pour la maladie n’est « pas à l’ordre du jour ».
 
Vous allez vous rendre une nouvelle fois dans plusieurs îles et un atoll de Polynésie française, quels sont les grands axes de votre visite officielle en Polynésie française ?
 
« Je serai en visite en Polynésie française pendant une semaine et je souhaite faire du terrain et aller au contact des Polynésiens. Je me rendrai notamment à Moorea, Bora Bora et Rangiroa ; trois îles dont je n’ai pas encore rencontré les habitants. Les grands thèmes de cette visite sont inscrits dans la trajectoire outre-mer 5.0 avec les défis auxquels sont confrontés les îles basses comme Rangiroa ou encore l’inauguration de la nouvelle unité d’osmose inverse d’Anau à Bora. J’aborderai également les problématiques rencontrées par la jeunesse de Bora Bora et plus globalement, les enjeux de sécurité publique en Polynésie française. Je suis une femme de terrain, je sais que les meilleures décisions se prennent de là ! »
 
Vous allez, entre autres, aborder des problématiques liées à la sécurité intérieure lors de votre visite. Alors que la consultation publique pour la rédaction du Livre blanc de la sécurité intérieure vient de s’achever en Polynésie française, les recommandations de ce livre blanc s’intéresseront-elles spécifiquement et individuellement aux collectivités ultramarines et notamment aux problématiques propres à la Polynésie française ?
 
« La consultation pour la rédaction du Livre Blanc s'inscrit dans la volonté ambitieuse du Gouvernement de bâtir la sécurité de demain. Parce que les sociétés évoluent rapidement, que nous devons nous adapter, que l'urgence climatique s'est intensifiée, il convient de questionner les dispositifs et les organisations actuelles, d'évaluer les besoins à l’échelle du territoire national, mais aussi au plus près des problématiques rencontrées quotidiennement par les français. Les préoccupations, les priorités, les besoins et les moyens ne sont pas uniformes d'un territoire à un autre, c'est le cas sur le territoire hexagonal, mais de façon probablement plus saillante dans les Outre-mer. C'est pour répondre à la diversité et aux réalités de chaque territoire que le gouvernement a pensé et conçu cette consultation : auprès des acteurs de la sécurité, mais également auprès de citoyens. Avec Laurent Nuñez, j’ai organisé lundi dernier une réunion sur ce thème à Paris, les parlementaires polynésiens étaient représentés et ont participés activement aux échanges, c’est une bonne chose, nous en tenons évidemment compte. »
 
La Polynésie française et le site de Teahupo’o ont été retenus par le comité organisateur des Jeux olympiques pour l’organisation des épreuves de surf lors des Jeux de Paris en 2024. C’est une satisfaction particulière pour la ministre des Outre-mer de voir un territoire ultramarin français associé à ce grand évènement sportif international ?
 
« Quel bonheur que cette sélection qui doit maintenant être approuvée par le comité olympique international ! Quel signal magnifique pour tous les Polynésiens de voir cette vague incroyable porter la plus belle compétition sportive au monde. Le monde entier verra Tahiti, cette France du Pacifique Sud ! Au-delà, cela montre que les jeux de Paris peuvent se passer ici, quel magnifique symbole. Tahiti n’est pas le bout du monde, mais le centre ! Je suis une fille de la mer et j’ai tout de suite compris que Teahupo’o est un site mythique. Cette vague inspire le respect. Je sais que l’âme polynésienne apparaitra au grand jour pendant ces jeux. C’est, je crois, un moment important pour nous tous ! »
 
Où en est le dossier de la rétrocession des aérodromes d’État de Raiatea, Bora Bora et Rangiroa à la Polynésie française ? L’échéance du 1er avril 2020 sera-t-elle tenue ?
 
« Depuis que j’ai annoncé le transfert de ces trois aéroports dits « secondaires », les échanges techniques ont été particulièrement nourris entre le Pays et l’État en vue d’aboutir à la rétrocession en avril. Les processus de validation de la convention de transfert sont actuellement en cours et l’ensemble des services sont mobilisés pour conduire cette procédure et ainsi répondre à la demande des élus du territoire. »
 
Sur le même dossier, le Pays souhaite faire évoluer les aérodromes de Rangiroa et de Nuku Hiva, respectivement en aéroport international de dégagement et en aéroport international à vocation régionale. L’État est-il favorable à ces deux projets ?
 
« Concernant la question d'un aéroport de dégagement, des études préalables devront évidemment intervenir avant toute prise de décision, notamment en ce qui concerne le coût pour les compagnies. En ce qui concerne le sujet de la création d'un aéroport international à vocation régionale, celle-ci doit également prendre en compte non seulement des paramètres de coût de transformation, mais également de fonctionnement (sécurité incendie, mesures de contrôle aux frontières) et répondre aux besoins exprimés des compagnies internationales. Nous devrons notamment, pour ce qui concerne l’État, évaluer précisément les implications sur les contrôles des flux de ces changements dont je mesure la portée stratégique pour la place de la Polynésie française dans le Pacifique Sud. »
 
Où en sont les discussions sur la convention État-Pays qui devait faire suite à la convention triennale de retour de l’État au financement du régime de solidarité de la Polynésie française et surtout aux conclusions de la mission d’appui de l’Igas-Iga-IGF rendues en avril dernier ?
 
« Les conclusions de la mission d’appui constituent un socle commun d’échange avec le Pays, afin de tirer un bilan des accords précédemment mis en œuvre : la mission a relevé qu’il convenait de passer à une nouvelle étape dans la relation contractuelle avec le Pays en matière sanitaire et sociale, en passant d’une logique à dominante gestionnaire à des ambitions communes pour la santé publique en Polynésie française. Sur cette base, des échanges ont été mis en œuvre et je souhaite, comme je l’ai déjà indiqué, dialoguer avec la collectivité au sujet de l’inclusion du soutien de l’État en matière de santé dans un contrat de convergence et de transformation. »
 
Dans l’hypothèse où les termes de cette convention ne seraient pas établis dans le courant de l’année, l’État versera-t-il une nouvelle dotation de 1,4 milliard de Fcfp au Pays ? Cette somme ayant déjà été inscrite et votée par l’assemblée de la Polynésie française au budget 2020 de la collectivité.
 
« Les discussions avec le Pays se poursuivent et s’appuient notamment sur les projets d’investissement de la collectivité jugés comme prioritaires dans le domaine de la santé : je peux à ce titre confirmer, comme je l’ai déjà souligné, que l’État sera bien présent sur ce sujet aux côtés de la Polynésie. »
 
L’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) en Polynésie française vous demande des précisions sur l’application locale de la réforme nationale des retraites. Parmi leurs craintes, les fonctionnaires d’État exerçant en Polynésie française vont-ils perdre en pouvoir d’achat avec une cotisation sur leur sur-rémunération ?
 
« Il y a des spécificités dans la rémunération et la conduite des carrières des fonctionnaires en outre-mer. Je suis ultramarine, fonctionnaire et ancienne ministre de la Fonction publique, je connais ces sujets ! Laurent Pietraszewski et moi-même avons transmis un courrier très clair à l’ensemble des parlementaires ultramarins qui répond, je crois, aux questions posées .Oui, une partie de la sur-rémunération sera soumise à cotisations, mais ce sera pour mieux accompagner la fin progressive de l'indemnité temporaire de retraite. C’est une avancée incontestable. Mais n’oublions pas qu’il y a de nombreux mécanismes qui assurent une transition soutenable pour les personnes. Vous le savez, je suis une femme de dialogue, je sais écouter, entendre et je crois que nous devons apporter des réponses claires aux questions posées. »
 
Autre sujet intéressant aujourd’hui, les fonctionnaires d’Etat en poste en Polynésie française : l’État est-il favorable à leur affiliation à la Caisse de prévoyance sociale (CPS) pour la maladie, comme préconisé par la mission d’appui Igas-Iga-IGF ?
 
« Je comprends les craintes, je comprends les incertitudes qui peuvent naitre d’une telle perspective. Il me semble que les conditions permettant de répondre à la question de l’affiliation ne sont pas réunies : nous n’avons aucune étude d’impact, et aucunement ce dossier n’a été évoqué avec les organismes et partenaires associés. Cette question n’est donc pas à l’ordre du jour. »

Rédigé par Antoine Samoyeau le Jeudi 30 Janvier 2020 à 18:42 | Lu 1938 fois





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