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L’Océanie sous le charme indochinois



Le Premier ministre indien Narendra Modi entouré des dirigeants océaniens à l’occasion d’une rencontre au sommet à Suva
Le Premier ministre indien Narendra Modi entouré des dirigeants océaniens à l’occasion d’une rencontre au sommet à Suva
SUVA, jeudi 20 novembre 2014 (Flash d’Océanie) – Les États insulaires océaniens, et en particulier Fidji, sont cette semaine l’objet de toutes les attentions de la part de plusieurs chefs d’États et de gouvernement de première force, désireux de renforcer leur présence dans cette région Pacifique désormais reconnue comme incontournable sur l’échiquier géopolitique planétaire.

Profitant de leur présence dans la région à l’occasion de la tenue, le week-end dernier, du sommet du G20 à Brisbane (Australie), ce sont, tour à tour, le Premier ministre indien Narendra Modi, puis le Président chinois Xi Jinping, qui ont choisi cette semaine les îles Fidji pour dernière escale d’un périple océanien.

Objectif affiché de cette opération de charme : renforcer les relations non seulement avec cet archipel, dont la diplomatie est désormais décomplexée vis-à-vis des grands partenaires traditionnels riverains (Australie et Nouvelle-Zélande), mais aussi avec tous les petits États insulaires de la zone.
Le but ultime est aussi, pour des puissances comme l’Inde et la Chine, de pérenniser une présence dans une zone autrefois considérée comme le pré carré des voisins australiens et néo-zélandais.


Lors d’une visite de 24 heures à Fidji, mercredi, le Premier ministre Modi a non seulement multiplié les annonces en matière de coopération avec Fidji, mais aussi organisé un mini-sommet avec les dirigeants des États océaniens de la région, conviés à Suva spécialement pour l’occasion.
M. Modi s’est notamment exprimé au sein du Parlement fidjien récemment remis en fonction, après un hiatus de presque huit années post-putsch et pendant lesquelles cet archipel a été dirigé par l’auteur de ce coup d’État, Franck Bainimarama.
Désormais reconduit démocratiquement en tant que Premier ministre, après une large victoire aux législatives du 17 septembre 2014, M. Bainimarama a estimé logique que le chef du gouvernement de la plus grande démocratie de la planète, l’Inde, soit aussi le premier à être invité à s’exprimer au sein de l’hémicycle.

Dans la corbeille des retrouvailles entre Suva et New Delhi, M. Modi a placé quelque 70 millions de dollars US en facilités de financement, destinés à construire une centrale énergétique hybride et cinq autres millions pour venir en aide à un secteur sucrier aux abois.
Cinq autres millions de dollars US ont aussi été annoncés pour le développement de projets en milieu rural.
Au plan des accords signés entre Fidji et l’Inde, certains concernent des domaines sensibles comme la défense et la sécurité, y compris la formation de militaires, ou encore la formation en Inde de diplomates océaniens.

D’autres domaines concernent l’octroi automatique de visas à l’arrivée en Inde de ressortissants fidjiens, la construction d’une bibliothèque pour le Parlement et, dans le domaine de l’éducation, un doublement du volume des bourses pour les étudiants fidjiens désireux d’aller poursuivre leur cursus dans des universités indiennes.
Le dernier chef de gouvernement indien à s’être rendu à Fidji était Indira Gandhi en 1981.
Depuis, cet archipel a connu quatre coups d’État (deux en 1987, un en 2000 et le dernier en 2006), pour certains motivés par une revendication nationaliste et une rancœur des Fidjiens indigènes vis-à-vis de la population d’origine indienne, amenée à Fidji par la puissance coloniale de l’époque, le Royaume-Uni, à la fin du 19ème, pour lancer la culture de la canne à sucre.
Cette population d’origine indienne, qui s’est sensiblement réduite au cours des années post-putsch pour aller s’établir en Australie, Nouvelle-Zélande, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, représente toujours un peu moins de quarante pour cent des quelque 900.000 habitants de Fidji.
Évoquant les « liens historiques et culturels profonds et durables » entre les deux pays, le Premier ministre Modi, lors de ses multiples allocutions au cours de son passage à Suva, a voulu pour sa part saluer « un nouveau jour et un nouveau départ » pour les relations indo-fidjiennes appelées à se développer en un « partenariat fort ».
Au plan des dernières actions en matière de coopération, Fidji a récemment, début 2014, joué un rôle déterminant dans le suivi de la première mission spatiale indienne vers Mars en accueillant une station et des scientifiques indiens.
Au-delà, il a aussi souligné le rôle de point de passage forcé, de « hub », joué de fait par Fidji au plan régional, et sur lequel New Delhi compte aussi s’appuyer pour rayonner dans toute la région du Pacifique insulaire.
« Fidji, dont la voix est influente dans la région Pacifique et dans les pays en développement, est notre partenaire au sein des institutions multilatérales (régionales) », a notamment souligné le chef de l’exécutif indien.
Les enveloppes d’aide au développement et les octrois automatiques de visas à l’arrivée sont aussi valables pour les pays océaniens de la zone (îles Cook, Tonga, Tuvalu, Nauru, Kiribati, Vanuatu, îles Salomon, Samoa, Niue, Palau, États Fédérés de Micronésie, îles Marshall, Fidji et Papouasie-Nouvelle-Guinée), avec en prime un million de dollars US supplémentaire, dédié ai financement de mesures d’aide à l’adaptation des pays insulaires océaniens aux effets néfastes des changements climatiques.
M. Modi, pendant son escale fidjienne, a tenu table ronde avec une douzaine de chefs d’États et de gouvernements du Pacifique, venus spécialement pour l’occasion.
Il a aussi appelé de ses vœux la création d’un « Forum de Coopération Inde-Pacifique » qui, selon lui, devrait se réunir au sommet de manière régulière, avec une réunion inaugurale envisagée dès 2015 « dans une ville côtière » de l’Inde.


Les temps forts, en images, de la visite de M. Modi à Fidji, peuvent être visionnés aux adresses suivantes :

• Allocution au Parlement de Fidji
http://www.youtube.com/watch?v=V8FGZvdl7zA
http://www.youtube.com/watch?v=N6ApeJzanJU

• Allocution devant les dirigeants océaniens

http://www.youtube.com/watch?v=8DrOmdTsPoo
http://www.youtube.com/watch?v=BScNgFBw0HY

• Signature d’accords indo-fidjiens et conférence de presse conjointe avec le PM fidjien Franck Bainimarama
http://www.youtube.com/watch?v=6T4yl5Iqp1A
http://www.youtube.com/watch?v=f8Lcf6fQciA

• Bain de foule
http://www.youtube.com/watch?v=CVRIOREtUCc

Fidji reconnu comme leader régional

« Rien n’est plus symbolique du nouveau statut de notre nation au sein de la communauté mondiale que cette opportunité de recevoir à la fois le Premier ministre indien et le Président chinois », déclarait en début de semaine M. Bainimarama à ses ambassadeurs et chefs de missions, réunis en conférence.

« Il y a sans nul doute une dimension stratégique à ces visites : l’Inde et la Chine sont des puissances mondiales émergentes qui veulent aussi renforcer leur présence dans le Pacifique. Mais leurs dirigeants viennent aussi ici parce qu’ils considèrent Fidji comme un pays important (…) Ils nous reconnaissent en tant que leader dans la région, une nation insulaire de premier plan qui joue aussi un rôle grandissant sur la scène mondiale et qui a aussi accompli des réformes substantielles au plan constitutionnel, juridique et politique, qui ont été applaudies, saluées et acceptées internationalement », a-t-il ajouté face à ses compatriotes diplomates.


La Chine, puissance océanienne déjà bien établie

Pour la Chine, la visite officielle de trois jours à Fidji du Président Xi Jinping, à partir de vendredi, est aussi fébrilement attendue à Suva.
Là encore, il devrait s’agir pour Pékin de conforter des relations déjà florissantes avec Suva, en particulier au cours de la période post-putsch allant de décembre 2006 à septembre 2014.

Au bénéfice des sanctions imposées par le bloc occidental (avec en première ligne l’Australie et la Nouvelle-Zélande) après le coup d’État de décembre 2006, la présence chinoise à Fidji a connu un sensible développement.
S’exprimant sur ces avancées, l’ambassadeur chinois en poste à Suva, Huang Yong, évoquait en début de semaine « l’importance » de Fidji, mais aussi que ce pays ait été, en son temps, le premier de la zone Pacifique insulaire à établir des relations diplomatiques avec Pékin.
« Nos deux pays ont approfondi une coopération pragmatique dans les domaines politique, économique, commercial (…) ouvrant ainsi la voie à une nouvelle opportunité historique de développement de nos relations bilatérales », a-t-il commenté.
Ces dernières années, sur financement chinois, ce sont ainsi des hôpitaux, des logements, des centrales hydroélectriques, des routes, qui sont sortis de terre dans cet archipel.
L’Université régionale du Pacifique Sud, basée à Suva, accueille aussi sur son campus, depuis plusieurs années, un institut Confucius chargé de promouvoir la culture et la langue chinoises.
« La visite de M. Xi viendra faire la pleine démonstration de la haute importance que la Chine accorde au développement de ses relations avec les nations insulaires du Pacifique. Le but de ce voyage est de tracer ensemble l’avenir des liens entre la Chine et le Pacifique et de promouvoir une coopération pratique, ainsi que des échanges amicaux (…) C’est un événement majeur d’une importance stratégique significative dans l’histoire des relations bilatérales de la Chine avec les pays insulaires du Pacifique. Il va très certainement porter les relations bilatérales à un autre niveau », a-t-il ajouté concernant ce qui sera aussi le premier déplacement d’un Chef d’État chinois dans cette partie du monde.

Le Président chinois devrait lui aussi utiliser Fidji comme plateforme pour rencontrer à Nadi une grande parties des dirigeants océaniens, comme ceux des îles Cook, des États Fédérés de Micronésie, de Samoa, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Vanuatu, des îles Cook, de Tonga et de Niue.
Seule différence avec la rencontre Inde-Pacifique : les pays océaniens qui entretiennent des relations diplomatiques avec Taïwan (comme les îles Salomon, Kiribati, les îles Marshall, Nauru, Palau, et Tuvalu) et qui par conséquent ne respectent pas la politique de la « Chine unique » prônée par Pékin, n’ont pas été conviés.
Taiwan, début novembre 2014, a remis une enveloppe d’un million de dollars US au Forum des Îles du Pacifique (FIP), dont le siège se trouve à Suva.
Une moitié de cette aide financière sera consacrée à la mise en œuvre de projets régionaux (dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’aviation civile, des pêcheries, de l’énergie et de l’environnement), la seconde moitié à des programmes de bourses aux étudiants océaniens.

pad

Rédigé par PAD le Vendredi 21 Novembre 2014 à 05:24 | Lu 381 fois





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