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L'ISPF, 40 ans de statistiques pour déchiffrer la société polynésienne


Tahiti, le 15 juin 2021 – Pour ses 40 ans, l'ISPF organise pour la première fois deux journées portes ouvertes mardi et mercredi. Stands animés et conférences sur les "enjeux de la statistique", "les outils de collecte" ou sur "l'économie" du fenua : le public est invité encore ce mercredi à venir à la rencontre de ses équipes pour comprendre les missions de l'institut.
 
Plus de 2 800 000 questionnaires réalisés, 240 000 touristes interrogés, plus de 115 publications par an, 100 000 relevés de prix, ou encore plus de 100 000 visites du site Ipsf.pf d'une durée de 6 minutes... À l'occasion de ses 40 ans, l'ISPF ouvre ses portes et aligne les chiffres. Une première sur deux journées (mardi 15 et mercredi 16 juin) avec l'ambition de faire connaître au grand public ses missions et "sa raison d'être". Soit "cultiver l’information et alimenter les idées", avec des valeurs de "curiosité", "d'écoute", "d'indépendance", "d'accessibilité" et de "rigueur".
 
Car si l'institut territorial de la statistique voit le jour un 9 juillet 1976, d'une délibération de l'assemblée territoriale de la Polynésie française, c'est en 1980, après le transfert de la compétence statistique et la définition de ses missions que l'institut débute ses activités. Il faudra attendre 1999 pour que cet "établissement public territorial à caractère administratif doté d'une personnalité morale et financière" devienne l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) tel qu'on le connaît aujourd'hui, placé sous la tutelle du ministre de l'Économie de la Polynésie.
 
Les bases de données n'ont pas réponse à tout
 
Quarante ans après sa naissance, l'ISPF est devenu un puissant outil de productions de données soumis à de nombreux enjeux. À l’instar du coût, en particulier pour un petit pays comme la Polynésie. "On collecte via des bases de données administratives qui ne sont pas forcément disponibles tout de suite, ou via des enquêtes, mais il y a des inconvénients", précise Nicolas Prudhomme, directeur de l'ISPF. "Il faut pouvoir déployer des enquêteurs en voiture, en avion, en bateau, avec une configuration de la population éclatée dans les îles". Soit 250 millions de Fcfp pour une enquête de recensement de la population. "C'est énorme, mais c'est une grosse source de données et ça nous fournit toutes les informations socio-démographiques", justifie le responsable. Aussi, avant de s'engager sur une enquête qui s'avère couteuse, il s'agit d'abord de regarder s'il y a des données administratives. "Mais les bases de données n'ont pas réponse à tout, il y a certaines questions qu'on ne peut pas appréhender", nuance le directeur.
 
À l'aire du Covid, l'ISPF s'inscrit aussi vers le "développement du numérique" ou de "l'open data" dans une logique de "culture partagée" des données, tout en respectant les objectifs du RGPD qui consiste à "informer les personnes concernées ou leurs responsables légaux avant la collecte" à "collecter uniquement les données nécessaires" à les "sécuriser" et ne pas les conserver "sans limite dans le temps".
 

Rédigé par Esther Cunéo le Mercredi 16 Juin 2021 à 09:36 | Lu 726 fois