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L'IEOM anticipe une baisse des taux d'intérêt en juin


Paris, le 24 avril 2024 - Après une forte hausse des taux d'intérêt, afin de juguler une inflation à 8% il y a un an, l'Institut d'émission d’outre-mer (IEOM) prévoit maintenant une détente. La politique de cette banque centrale de l'outre-mer français dépend des autorités européennes.
 
La Polynésie a-t-elle échappé à une crise économique majeure ? Aux prises avec un pic d'inflation de 8% il y a un an, le Fenua peut se féliciter d'avoir “évité une spirale inflationniste” selon l'Institut d'émission d’outre-mer (IEOM), filiale de la Banque de France, responsable de la politique monétaire dans la zone Franc Pacifique.
 
Pour le P-dg de cette banque centrale, Yvan Odonnat, “à la fin de l'année dernière, il y a eu ce choc sur les prix de l'énergie et de l'alimentaire. Cette hausse s'est transmise de manière mécanique aux prix de consommation interne. Le but de notre politique monétaire est de contenir l'inflation : c'est ce que nous avons réussi à faire.” En 2023, selon les chiffres rendus publics par l'Institut à l'occasion de sa conférence de presse annuelle, l'inflation en Polynésie a ralenti en-deçà de 2%.
Le prochain sujet de la banque centrale est de relancer une économie polynésienne en fort déficit d'investissements. “Depuis déjà quelques mois déjà, nous avons stabilisé le niveau des taux d'intérêt”, poursuit Yvan Odonnat. “Même si je formule des propositions, je ne suis pas décisionnaire en la matière : un premier paramètre à considérer, c'est ce que la Banque centrale européenne (BCE) pourra décider en matière d'inflexion des taux d’intérêt. Les marchés anticipent une baisse de ces taux à l'horizon de juin 2024. Si c'est le cas, en fonction des éléments dont nous disposerons, nous prendrons une décision en ce qui concerne la zone Franc Pacifique.”


 
La situation du Caillou ne cesse de se détériorer
 
Cette décision devra être prise à l'échelle des trois territoires concernés : Wallis-et-Futuna, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française. Pas de quoi simplifier la tâche de l'Institut puisque la situation en Nouvelle-Calédonie ne cesse de se détériorer. Le “climat des affaires”, un indicateur de la perception des chefs d'entreprise de leur propre avenir, est en baisse constante, en dessous de la moyenne à long terme, du côté de Nouméa. “Les modalités de sortie de crise du secteur du nickel sont encore incertaines, les chefs d'entreprise s'attendent même à une baisse d'activité tous secteurs confondus”, écrit l'Ieom dans son rapport annuel.
 
Au niveau macro-économique, la banque centrale des outre-mer se refuse à tout voir en noir pour l'avenir économique du Fenua. “L'emploi salarié continue de progresser et la dynamique est très forte en Polynésie”, veut croire Stéphane Foucault, directeur de l'IEOM. “Il y a eu un véritable regain des investissements, notamment dans le secteur touristique.” La dépendance du Fenua à la mono-industrie touristique et aux flux de passagers est toutefois un modèle qui a déjà montré ses limites.

Rédigé par Julien Sartre le Mercredi 24 Avril 2024 à 19:20 | Lu 1692 fois