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Kuala Lumpur, entre Chine et Islam...



Les célèbres Petronas Towers, les deux tours jumelles les plus hautes du monde, que l’on peut visiter bien entendu.
Les célèbres Petronas Towers, les deux tours jumelles les plus hautes du monde, que l’on peut visiter bien entendu.
Papeete, le 10 octobre 2019 - S’il fallait comparer Kuala Lumpur à une autre ville du Sud-Est asiatique, on pourrait facilement affirmer que cette agglomération tentaculaire est l’anti-Singapour. Autant, côté Singapour, tout est maîtrisé, propre, organisé, autant à Kuala Lumpur, l’improvisation, la saleté, la désorganisation règnent sur une ville qui étouffe dans un ensemble confus d’embouteillages et de béton. Avec deux dominantes : un Islam de plus en plus orthodoxe et un déferlement de capitaux chinois...

 
Sous la coupe d’un Islam plu- tôt rigoriste, même si l’on est encore loin des excès de l’Arabie Saoudite, noyé dans une marée de béton financé par le Chine, la population de Kuala Lumpur étouffe. La qualité de vie dans la grande métropole malaise est mauvaise, le stress permanent, la sensation d’op- pression constante. Rien que les chiffres de la démographie donnent le vertige. Pour les uns, officiellement moins de deux mil- lions de personnes s’entassent dans les 243 km2 de la cité, alors que pour d’autres, ils sont plus de sept millions, probablement huit aujourd’hui dans les limites de la ville et hors de celles-ci qui ont éclaté depuis belle lurette. Le flou démographique est donc extrême. . .
UN DIABLE AUX ALLURES DE DRAGON
Bien entendu, la corruption est omniprésente et citée à longueur de conversations par tous, les habitants étant bien conscients que ceux qui les dirigent ont depuis longtemps vendu leur âme à un diable qui a pris depuis une ou deux décennies des allures de dragon. La Chine communiste en effet lorgne sur les richesses du sous-sol –et du sol– de la Malaisie et à ce titre, le grand voisin chinois a investi et conti- nue d’investir massivement ; sur les plus de cent tours d’au moins deux cents mètres de hauteur actuellement en construction dans cette ville chantier, plus des trois-quarts, pour ne pas écrire la totalité, sont le fait de finan- cements chinois souvent assez opaques.
De jour, mais aussi de nuit sou- vent, des centaines de grues s’ac- tivent sur tous les anciens pâtés de vieilles bicoques sur lesquels des promoteurs chinois “bien intentionnés” ont pu mettre la main pour couler du béton.
La déprime du grand public est générale, mais “on ne peut rien dire” est à peu près la seule phrase qui revient quand le problème est abordé, la résignation de tous étant apparemment totale.
 
AU DÉPART, UN GISEMENT D’ÉTAIN
 
Tout aurait pourtant pu bien com- mencer il n’y a pas si longtemps à Kuala Lumpur ; vers le milieu du XIXe siècle, de l’étain avait été trouvé en abondance dans les deux cours d’eau se rejoignant sur ce site à peu près vierge de toute habitation, sinon quelques villages d’agriculteurs. Entre les inondations, les incendies, la malaria, on ne se bousculait pas pour venir planter sa case en bambou dans ce coin perdu de la jungle. . . Mais l’étain allait tout changer et dès 1897, cette ville nouvelle prit le titre de capi- tale des Etats malais fédérés, qui deviendront, après la Seconde Guerre mondiale, la Malaisie. Evidemment, la place ne man- quait pas ; la nature était qua- siment vierge, tous les espoirs étaient permis pour qu’une agglo- mération s’organise de manière rationnelle. Las, les mineurs ne sont pas des bâtisseurs et très vite, la loi de la “jungle humaine” l’emporta sur toute autre consi- dération. On ne venait pas à Kuala Lumpur pour la beauté du site, mais pour faire de l’argent, le plus possible, le plus rapide- ment possible. Et d’ailleurs, très vite, l’anarchie se développa entre mineurs au point que ceux-ci formèrent des bandes rivales se livrant de féroces combats pour prendre le contrôle des sites les plus riches en minerai.
 
ANARCHIE URBAINE
 
Le premier chargement d’étain aurait été expédié de Kuala Lum- pur en 1859. La main-d’œuvre était essentiellement chinoise, aussi fut-il décidé, pour rame- ner un peu d’ordre, de nommer un “kapitan cina” en charge de régler les problèmes de violence au sein de cette communauté.Yap Ah Loy, troisième kapitan (nommé en 1868) fut le plus célèbre.Autre chef local,le dato datang gérait les conflits entre commerçants et enfin un musulman arbitrait la communauté venue de Sumatra. De ce vaste no man’s land ne surgira une ville, classée comme telle (un bandar en malais), qu’en 1897, année qui mit –sur le papier– fin à l’ambiance Far West de cette communauté humaine très agitée.
Depuis cette époque, force est de reconnaître que l’agglomération a conservé dans ses gènes un sens remarquable de la désor- ganisation puisque, par exemple, les transports en commun sont embryonnaires (comparés à Sin- gapour) et la circulation quasiment impossible aux heures de pointe. Comptez souvent qua- rante minutes pour faire à peine plus de cinq cents mètres ; autant aller à pied nous direz-vous ! Mais encore faut-il qu’il y ait des trot- toirs, ce qui est loin d’être une évidence, les piétons ne jouissant apparemment pas d’une grande considération auprès des urba- nistes locaux.
Bref, à l’ambiance des mineurs du XIXe siècle a succédé aujourd’hui une anarchie urbaine où tout semble à peu près permis à ceux qui ont les moyens d’acheter des passe-droits. L’urbanisme, si bien géré à Singapour, est ici une friche sauvage, la priorité abso- lue étant donnée aux Chinois –à moins que ce ne soit ceux-ci qui se donnent la priorité absolue, ayant depuis beau temps mis dans leur poche des autorités locales déliquescentes.
 
UN TOURISME LOW COST
 
Après un tel portrait, vous en conclurez que Kuala Lumpur est vide de touristes. C’est en réalité faux, car les prix, en Malaisie, sont très bas, et de ce fait une nuit dans un hôtel cinq étoiles coûte quatre-vingt dollars quand elle coûte quatre cents dollars ou plus à Singapour.
Du coup, une multitude de tou- ristes occidentaux et chinois en quête de cocotiers et de plages bon marché transitent par KL comme on appelle la ville pour se rendre sur l’île de Penang ou dans l’archipel de Langkawi, deux spots situés au nord du pays où les hôtels en bord de mer se suivent et se ressemblent. Prix évidemment imbattables par rapport aux autres destinations “plages-cocotiers”.
Si vous êtes amenés à séjour- ner en Malaisie, ne “shuntez” pas KL, mais en revanche, n’en faites pas non plus le centre d’intérêt majeur de votre voyage...

Que voir à Kuala Lumpur ?

L’entrée des Batu Caves, avec la statue de Murugan (42,7 m de hauteur), dieu de la guerre et frère de Ganesh (pour certains exégètes, il n’est que le demi-frère de Ganesh)...
L’entrée des Batu Caves, avec la statue de Murugan (42,7 m de hauteur), dieu de la guerre et frère de Ganesh (pour certains exégètes, il n’est que le demi-frère de Ganesh)...
Les grottes de Batu
L’entrée des Batu Caves, avec la statue de Murugan (42,7 m de hauteur), dieu de la guerre et frère de Ganesh (pour certains exégètes, il n’est que le demi-frère de Ganesh)...
Indubitablement, le haut lieu touristique le plus coloré – et pas le moins fréquenté– de Kuala Lumpur. L’entrée des grottes est marquée par la présence d’une statue géante de Murugan (42,7 m de hauteur), dieu de la guerre et frère de Ganesh...
 
Les tours Petronas
Les deux tours jumelles sont les plus hautes du monde, culminant à 452 m. Elles ont été inaugurées le 1er août 1999 et sont dues à un architecte argentin naturalisé amé- ricain, César Pelli, mort le 19 juillet dernier.
 
La tour Menara KL
La tour Menara KL vue depuis la piscine de l’hôtel The Face, au centre de la capitale malaise.
Encore une tour de télécommunications ronde, avec restau- rant panoramique tournant au sommet ; celle-ci culmine à 421m de hauteur (la Sky Tower d’Auckland mesure 328m).
 
La place de l’indépendance
Place de l’indépendance, le Sultan Abdul Samad Building, mêlant architecture coloniale britannique et éléments orientaux dignes d’un palais de maharadja.
Appelée Merdeka Square localement, elle fait face au Sul- tan Abdul Samad Building à l’architecture très XIXe. Cet es- pace en plein centre-ville servait de terrain de cricket au Se- langor Club Padang.Un mât de cent mètres de haut porte le drapeau de la Malaisie qui a été hissé ici pour la première fois le 31 août 1957.
 
La mosquée nationale
Elle date de 1967 et se veut un hymne à l’indépendance de la Malaisie. Elle peut accueillir quinze mille personnes et son minaret culmine à soixante-treize mètres de hauteur. A côté de la mosquée se trouve le Makam Pahlawan, mau- solée en hommage aux héros musulmans du pays.

Islam et islamisation

Officiellement, l’Islam est évidem- ment la religion dominante en Ma- laisie et si le port de la burka n’est absolument pas obligatoire, il n’em- pêche que de plus en plus de jeunes (hommes) la font porter à leurs épouses ; de l’avis des habitants de Kuala Lumpur, le gouvernement joue à fond la carte de l’Islam radi- cal pour officiellement se démarquer de l’Occident... Les femmes musul- manes doivent porter le foulard et ne peuvent participer à des concours de beauté. Renoncer à l’Islam est stricte- ment interdit et très sévèrement puni, une loi précisant que l’apostasie est illégale.
Même si de plus en plus de Malai- siens quittent secrètement cette re- ligion pour se convertir au christia- nisme (environ 300 000 depuis une trentaine d’années, chiffre très offi- cieux), l’Etat favorise les conversions vers l’Islam et va jusqu’à les rémuné- rer. Commentaire de la militante fé- ministe Shafiqah Othman Hamzah : “ce que nous vivons en Malaisie n'est presque pas différent de l'apartheid. Alors que la ségrégation était raciale en Afrique du Sud, dans notre pays, nous vivons dans la ségrégation religieuse.” L’ancien Premier ministre malaisien Mahathir ibn Mohamad avait défini, enjuin2002,laMalaisiecommeétant un État “fondamentaliste, et non un État islamique modéré”. Les tribunaux locaux appliquent par ailleurs la charia et une police religieuse surveille les femmes hors de chez elles. . . Quant aux étrangers, il leur est interdit de prononcer le mot “Allah” (à l’écrit ou à l’oral) sous peine de procès. Enfin les LGBT sont évidemment châtiés comme le prévoit la charia... Résumé de l’intolérance religieuse dans le pays par la voix du Premier ministre Najib Razak en 2014 : “Nous ne tolérerons jamais aucune demande de droit à l'apostasie par les musulmans, et nous refusons que les musulmans puissent avoir le droit d'être jugés par des tribunaux autre que ceux de la cha- ria, et nous ne permettrons pas aux mu- sulmans de participer à des activités LGBT”.Toutestdit!

Le Chow Kit Market

Un étal du Chow Kit Market, le site le plus coloré et le plus parfumé de Kuala Lumpur.
Un étal du Chow Kit Market, le site le plus coloré et le plus parfumé de Kuala Lumpur.
Décrit comme “the most infamous place of Kuala Lumpur” par cer- tains guides touristiques, ce marché (alimentaire) est le plus coloré de la ville ; fruits,légumes,viandes,poissons,tout est proposé par des commerçants souriants, ravis de voir de temps en temps quelques touristes se hasarder entre leurs étals. Couleurs et senteurs garan- ties ; qui plus est, le lieu est “safe”.

Si l’Islam est la religion d’Etat, encouragée et protégée, l’hindouisme et le bouddhisme sont tolérés comme le montre le temple bouddhiste de Thean Hou.
Si l’Islam est la religion d’Etat, encouragée et protégée, l’hindouisme et le bouddhisme sont tolérés comme le montre le temple bouddhiste de Thean Hou.

Si l’Islam est la religion d’Etat, encouragée et protégée, l’hindouisme et le bouddhisme sont tolérés comme le montre le temple bouddhiste de Thean Hou.
Si l’Islam est la religion d’Etat, encouragée et protégée, l’hindouisme et le bouddhisme sont tolérés comme le montre le temple bouddhiste de Thean Hou.

Rédigé par Daniel Pardon le Jeudi 10 Octobre 2019 à 12:48 | Lu 1494 fois





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