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Jugé pour avoir fourni paka et alcool à des ados


Tahiti, le 11 juillet 2022 – L'ancien président de Tahiti Herb Culture, Narii Hatete, a été jugé en comparution immédiate lundi pour répondre d'avoir incité quatre mineures à consommer du paka, de l'alcool et du poppers au cours d'après-midi de beuveries à son domicile. L'homme était également poursuivi pour avoir menacé deux de ces mineures à l'aide d'un pistolet à billes. Au terme de débats agités, le tribunal correctionnel l'a condamné à deux ans de prison dont un avec sursis. 

“Provocation directe de mineure de plus et de moins de 15 ans à la consommation d'alcool et de stupéfiants”, “violence avec usage ou menace d'une arme”, “détention et usage illicite de stupéfiants” : C'est pour ce panel d'infractions que l'ancien président de l’association Tahiti Herb Culture, entre 2019 et 2020, Narii Hatete, a été jugé en comparution immédiate à délai différé lundi après-midi.

L'enquête avait démarré en mai dernier lorsqu'une mère de famille s'était rendue à la gendarmerie pour expliquer aux enquêteurs que sa fille lui avait avoué qu'elle se rendait souvent chez le prévenu où elle consommait de l'alcool, du paka et du poppers. En fouillant dans le téléphone de sa fille, la femme était tombée sur des vidéos où l'on voyait des mineures fumer du paka au domicile de Narii Hatete. Au cours des investigations, les enquêteurs avaient identifié trois autres mineures qui se rendaient chez l'intéressé, dont l'une ayant moins de quinze ans. Entendues, les adolescentes avaient affirmé que chez le prévenu, c'était “alcool et paka à volonté”, et poppers lorsqu'il était “bourré”.Deux mineures avaient également affirmé qu'un jour l'homme les avait menacées avec un pistolet à billes car elles voulaient quitter son domicile. Auditionné à son tour, Narii Hatete avait formellement nié les faits en reconnaissant juste qu'il consomme du paka. Interrogé sur la présence de quatre flacons de poppers dans sa maison, l'homme avait soutenu qu'il se servait de ce produit pour “nettoyer ses bottes”.

Alcool et psychotropes

“Toute cette histoire est rocambolesque” s'est agacé Narii Hatete à la barre lors de son procès lundi. Confronté aux photos et aux témoignages du dossier, l'homme a continué de nier en affirmant qu'il y avait toujours des “dizaines” de personnes qui passaient à son domicile et qu'il n'avait jamais vu les mineures fumer du paka. “Je ne connaissais même pas leur âge” a-t-il affirmé devant une présidente du tribunal passablement agacée, mais qui a “pris acte” de ces déclarations. Face à ces “dénégations”, l'avocat des mineures, Me Huguet, a ensuite sobrement rappelé qu'il était établi que Narii Hatete avait “bel et bien mis alcool et psychotropes” à disposition de ses clientes. Même constat pour le procureur de la République qui a requis trois ans de prison dont un an de sursis –assortis d'un mandat de dépôt– après avoir soutenu que “quand on a 46 ans, on ne peut pas décemment recevoir des mineures à son domicile en leur proposant de l'alcool et du paka”.

En préambule de sa plaidoirie pour la défense du prévenu, Me Fromaigeat a tenu à rappeler, pour “clarifier”, qu'il n'y avait jamais eu de “connotation sexuelle” dans cette affaire. L'avocat a ensuite expliqué que son client souffrait de très graves problèmes de santé relatifs à l'ablation d'un poumon il y a plusieurs années. Sur les faits reprochés à son client, Me Fromaigeat a dénoncé l'absence de confrontation entre Narii Hatete et les mineures alors que ces dernières avaient, “toutes sans exception” déjà consommé de l'alcool et du paka avant de se rendre chez lui : “Il n'a fait que leur permettre de continuer à faire ce qu'elles faisaient déjà avant lui. Il y a incitation et incitation. On peut juste lui reprocher d'avoir été imprudent.”

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné Narii Hatete à deux ans de prison dont un avec sursis. 

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 11 Juillet 2022 à 20:52 | Lu 4267 fois