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Jugé neuf ans après avoir violé et tenté de tuer une femme


Jugé neuf ans après avoir violé et tenté de tuer une femme
Tahiti, le 18 mai 2024 – Un homme de 49 ans sera jugé mardi et mercredi par la cour d'assises pour répondre d'un viol et d'une tentative de meurtre commis en juin 2015 à Raiatea. Dans le cadre de cette affaire sordide, qui avait été résolue sept ans après la commission des faits, l'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 
 
La deuxième session de cour d'assises de l'année débutera mardi avec le procès d'un homme de 49 ans, père de deux enfants, jugé pour un viol et une tentative de meurtre commis sur une femme de 62 ans durant la nuit du 26 au 27 juin 2015 à Uturoa, Raiatea. Durant deux jours, l'accusé devra s'expliquer dans le cadre de cette affaire résolue sept ans après les faits grâce à l'ADN retrouvé sur un vêtement. 
 
Le 27 juin 2015 vers 1 heure du matin, un automobiliste avait prévenu les gendarmes après avoir recueilli une femme errant au bord de la route, le visage ensanglanté. Entendue après avoir reçu les premiers soins, la sexagénaire avait relaté une nuit d'horreur. Alors qu'elle dormait seule dans sa maison en l'absence de son mari, parti pour un déplacement professionnel, la victime avait été réveillée par des bruits. Après avoir fait un tour dans sa maison, elle s'était recouchée. C'est alors qu'un homme, le visage recouvert par un vêtement, s'était jeté sur elle et lui avait porté plusieurs coups de poing. L'individu l'avait ensuite violée, étouffé avec des draps avant de prendre la fuite, la laissant ainsi pour morte. 
 
Fractures faciales
 
Tel que le relate le magistrat instructeur dans son ordonnance de mise en accusation, la victime avait simulé l'inconscience afin que son agresseur pense qu'elle était décédée. Devant les enquêteurs, elle avait cependant expliqué qu'elle s'était vu mourir car elle n'arrivait plus à respirer. Après l'agression, son corps portait de nombreux stigmates dont une plaie profonde au visage ainsi que des fractures faciales certainement causées par le parpaing en béton retrouvé à côté de son lit. 
 
Après plusieurs errements de procédure durant l'enquête préliminaire – dossier “égaré” ; objets saisis mais pas mis sous scellés – les gendarmes de la section de recherches de Papeete avaient minutieusement repris l'enquête pour finir par obtenir un ADN masculin présent sur un tee-shirt. Une trace organique appartenant à homme habitant non loin de chez la victime. Et l’individu avait déjà été condamné aux côtés d'un complice pour s'être introduit au domicile d'une adolescente de 16 ans et l'avoir violée en octobre 1998. Cependant, malgré cette condamnation, l'identité du mis en cause n'apparaissait ni dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), ni dans le Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais). 
 
“Inhibition”
 
Placé en garde à vue le 16 août 2022, soit sept ans après les faits, l'homme avait tout d'abord fermement nié les faits. Confronté aux preuves, il avait fini par reconnaître avoir frappé la victime avec le parpaing, l'avoir violée et avoir tenté de l'étouffer en expliquant toutefois qu'il ne voulait pas la tuer et qu'il ignorait pourquoi il avait agi de la sorte. 
 
Lors de l'enquête de personnalité effectuée durant l'information judiciaire, il était apparu que cet individu, né en 1974 dans une fratrie de dix enfants, vivait seul dans la maison familiale de Raiatea en gagnant sa vie au moyen de petits travaux agricoles. Outre sa condamnation pour l'agression de l'adolescente commise en 1998, il était également connu de la justice pour des faits de vol en réunion. 
 
Expertises
 
Selon l'expert psychiatre qui s'était entretenu avec lui, l'individu ne souffre d'aucune “pathologie mentale majeure” et ne présente pas un “état dangereux au sens psychiatrique”. Pour l'expert psychologue, qui s'était montré plus prolixe, cet individu au “profil dysharmonique avec une certaine immaturité et une tendance à l'égocentrisme” présente une “inhibition sur le plan relationnel, en particulier avec les femmes”. Cette inhibition “limite ses partenaires sexuels potentiels et peut induire une frustration”.
 
Au terme de ce procès qui débute donc mardi pour deux jours de débats, les jurés de la cour d'assises devront notamment se pencher sur l'absence d'intention homicide qui sera certainement soulevée par la défense. L'accusé, placé en détention provisoire il y a un peu moins de deux ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

Acharnement mortel à Tiarei

Lors de cette session, les jurés de la cour d'assises devront également juger un individu de 34 poursuivi pour le meurtre d'un homme de 53 ans commis à Tiarei le 17 mai 2022. Ce jour-là, l'accusé avait littéralement massacré la victime avec laquelle il venait de s'alcooliser en bord de route. La scène ayant été filmée par une personne présente sur les lieux et diffusée sur les réseaux sociaux, les enquêteurs avaient pu reconstituer les quelques minutes d'extrême violence qui avaient mené au décès du quinquagénaire mort des suites, notamment, d'un traumatisme crânien. Lors de l'arrivée des policiers municipaux et alors même que la victime se trouvait déjà à terre dans un état critique, le trentenaire continuait d'ailleurs de vouloir la frapper. 
 
Lors de son audition par les enquêteurs, l'intéressé avait reconnu qu'il avait porté de nombreux coups à la victime et avait aussi tenté de la frapper avec une planche en bois de 80 cm. Il avait également émis des regrets en assurant qu'il n'avait pas voulu en arriver jusque-là et ce, alors qu'il avait consommé dix pipettes de paka et du komo durant la journée. 
 
Malgré la version apportée par l'accusé lors de ses différentes auditions, le magistrat instructeur en charge de l'affaire avait estimé que la “pluralité des coups” ainsi que le fait que l'accusé ait dit à la victime qu'elle allait “mourir” et “finir dans une caisse” témoignaient bien de ce que l'homme avait effectivement eu l'intention de “donner la mort”. Pour ce meurtre, l'accusé encourt lui aussi la perpétuité. 

Rédigé par Garance Colbert le Dimanche 19 Mai 2024 à 16:54 | Lu 3171 fois