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Journées de fête pour les personnes extraordinaires


© Anne-Laure Guffroy
© Anne-Laure Guffroy
Tahiti, le 25 avril 2023 – Les 6es journées polynésiennes du handicap se déroulent depuis mardi et jusqu'à vendredi au parc Aorai Tini Hau. Quatre jours de fête pour les personnes en situation de handicap, mais aussi de rencontres entre les professionnels et de sensibilisation pour le grand public.
 
Les 6es journées polynésiennes du handicap se sont ouvertes ce mardi matin, au parc Aorai Tini Hau, à Pirae. Une trentaine d'associations ont fait le déplacement, venues de Tahiti en grande majorité, mais aussi des îles comme Moorea, Raiatea ou encore Tubuai. Une délégation de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna était également présente pour représenter le comité francophone du handicap du Pacifique. La cérémonie d'ouverture a débuté par le défilé de l'ensemble des associations, dont certaines avaient préparé un petit spectacle de chants ou de danses, suivi du discours des officiels, traduit en langue des signes, puis tous ont partagé un gâteau d'anniversaire pour célébrer les 30 ans de la fédération Te Niu o te Huma, présidée par Henriette Kamia.
 
Ces journées, qui se tiennent jusqu'à vendredi, sont l'occasion pour les personnes en situation de handicap de se retrouver et de faire la fête, mais aussi pour le personnel encadrant de se rencontrer et d'échanger. Ces journées participent également à faire évoluer le regard que la société porte sur les personnes handicapées. “Le handicap est de plus en plus visible et je pense que beaucoup de personnes ont de moins en moins peur du handicap. Les choses évoluent dans le bon sens et ces journées servent à ça”, confie Sandra Bordes, la directrice générale Frat. Les journées du handicap permettent aussi de mesurer les progressions faites dans tous les domaines, qu'il s'agisse de l'accessibilité, de l'éducation, de l'inclusion socio-professionnelle, de la réglementation, de la santé, de la société ou du transport. Henriette Kamia, la présidente de la fédération Te Niu o te Hima, se félicite d'ailleurs de nombreuses avancées depuis la mise en place du schéma directeur de lutte contre le handicap en 2016. Elle cite notamment la revalorisation de l'allocation de base pour adultes handicapés, le cumul de l'allocation de base et du salaire, l'augmentation du nombre d'auxiliaires de vie scolaire ou encore la réglementation relative à l'accès prioritaire des personnes handicapées dans les établissements recevant du public.

Inclusion professionnelle

Malgré ces nombreuses avancées, l'inclusion des personnes en situation de handicap reste un enjeu majeur. “Je pense qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire”, explique par exemple Thierry Leclère, le directeur des établissements de l'association Taatira Huma no Moorea-Maiao. “La réglementation doit encore évoluer pour faciliter l'inclusion dans le milieu professionnel, même s'il existe déjà des dispositifs, mais je pense qu'il faut que le regard des entreprises change. Il faut également que les associations aient plus de moyens pour travailler avec les entreprises pour permettre l'insertion et mettre en place une réelle formation. Parce que l'insertion professionnelle, ce n'est pas simplement des postes que l'on réserve à des gens qualifiés. La majorité des jeunes handicapés sont en situation de déficience intellectuelle et il faut pouvoir réserver des emplois qui sont facilement accessibles pour eux.”
 
Ce travail avec les entreprises, la fédération Te Niu o te Huma le mène activement, que ce soit auprès des employeurs ou des employés. Pour cela, elle s'est dotée depuis 2019 d'une cellule inclusion professionnelle avec deux salariés. “Notre travail est d'aller sur le terrain, d'aller sensibiliser les employeurs et les salariés des entreprises. Parce que des fois, ils ne veulent pas de personnes handicapées avec eux. Donc c'est tout ce travail de terrain et de sensibilisation que l'on mène. Et quand on les place, on a des relations avec le patron ou le référent. Et s'il y a un problème, on se déplace et on trouve des solutions pour que les choses se passent dans de bonnes conditions”, explique Henriette Kamia. “Cette année, on a fait quinze CCD et cinq ou six CDI”, se réjouit-elle. “Si on accueille une personne en situation de handicap dans une entreprise, si on sait bien le faire, ça peut apporter un plus”, ajoute pour sa part Thierry Leclère.
 
Et pour continuer de faire évoluer les choses, en parallèle de ces journées, les Assises d'insertion socio-professionnelle des travailleurs handicapés se tiendront ce mercredi au centre hospitalier de Taaone. Employeurs du public et du privé et les associations vont se retrouver pour faire le point et trouver de nouvelles stratégies pour améliorer l'embauche des handicapés. Ces assises seront suivies, jeudi, de celles sur le transport terrestre pour les personnes handicapées et dépendantes. Les 6es journées polynésiennes du handicap, elles, se poursuivent jusqu'à vendredi. Le public est invité à venir visiter le village des associations avec des stands d'information et d'expo-vente. De nombreuses animations sont prévues durant les quatre jours. La journée de vendredi se clora par une course des mobilités, au cours de laquelle le public sera invité à concourir avec une personne handicapée ou bien de participer en fauteuil roulant ou les yeux bandés afin de se rendre compte des difficultés que vivent les personnes handicapées au quotidien.
© Anne-Laure Guffroy
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Rédigé par Anne-Laure Guffroy le Mardi 25 Avril 2023 à 18:34 | Lu 916 fois