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Jiu jitsu Brésilien - Loïc Tautu n°1 mondial à Las Vegas


Loïc Tautu remporte pour la deuxième année consécutive le titre mondial master +100 kg en ceinture bleue.
Loïc Tautu remporte pour la deuxième année consécutive le titre mondial master +100 kg en ceinture bleue.
Le week-end dernier, à Las Vegas, le ‘aito Loïc Tautu a réalisé l'exploit de décrocher pour la deuxième fois consécutive le titre mondial en jiu jitsu brésilien en catégorie Master des +100 kg. Bien connu des tatamis et des cages de MMA sur la scène locale, le colosse du club Seasiders revient pour Tahiti Infos sur son épopée. 
 
Félicitations Loïc pour ton titre. Champion du monde Master (+ de 31 ans) pour la deuxième année consécutive, chez les +100 kg en ceinture bleue… il y a de quoi être fier !
Merci beaucoup ! Je suis content car je m'étais bien préparé. La première fois, l'an passé, c'était un peu la découverte pour moi. Même si j'ai déjà un passé de combattant, chaque compétition est différente et demande une préparation particulière. Et cette fois, avec l'expérience, je savais exactement comment aborder la compétition.”
 
Qu'est ce qui a changé dans ton approche entre ton premier titre et celui de cette année ?
L'année dernière, je ne m'étais pas mis trop de pression. En jiu jitsu brésilien, soit on est en bas et on travaille sa garde et les contres, soit on est en haut et on met la pression sur l'adversaire. La dernière fois, j'étais beaucoup en bas et cela m'a demandé beaucoup d'efforts défensifs. Et pour cette année, la stratégie était clairement d'inverser les rôles et d'être en permanence à l'offensive. Je suis content car ça a payé.”
 
Raconte-nous cette expérience chez les poids lourds, de l'intérieur on le vit comment ?
“Au-delà du poids, ce que les gens ont du mal à imaginer sans y être aller, ce sont les qualités athlétiques des combattants étrangers. Là-bas, c'est un tout autre niveau. Ils ont un “mind set” différent : là-bas, durant le combat, ils veulent littéralement te tuer. Et dans ma catégorie des +100 kg, les gabarits sont énormes. En finale, mon adversaire faisait 2 mètres pour 160 kg : un monstre !”
 
Du coup, lors de tes combats, qu'est ce qui a fait la différence ?
“Chaque combat était difficile et il fallait répondre physiquement. Je n'ai jamais fui devant un challenge et il était hors de question de commencer là-bas. Dans ces catégories de poids, il faut assurer la position du dessus pour mettre la pression en permanence sur l'adversaire. Il vaut mieux attaquer que défendre. De plus, étant le premier au classement, grâce aux résultats de l'année dernière, j'étais clairement l'homme à abattre. Donc il fallait prendre les combats les uns après les autres, face à des adversaires déterminés à faire tomber le favori en quelques sortes. Heureusement, j'avais une bonne préparation physique et mentale. Là-bas, quelques heures avant le début des combats, je me mettais déjà dans ma bulle en mode compétition. Je n'avais rien d'autre en tête que la compétition.”
 
S'il y avait un moment à retenir, ce serait lequel ?
“Ma finale, sans aucun doute. Mon adversaire était particulièrement fort physiquement et difficile à contenir. Dès l'entame du combat, il m'a attrapé et j'ai tout de suite senti que ça ne serait pas une mince affaire. Pourtant, j'ai déjà moi-même un gabarit assez imposant je trouve, mais pour lui, j'étais une plume. Du coup, après quelques échanges, il a fallu vite reprendre l'ascendant psychologique : à un moment, l'arbitre a tenté de nous arrêter car nous étions en train de sortir de la zone de combat, mais j'ai continué à attaquer pour lui faire comprendre à qui il avait affaire. Et ça a marché, à partir de ce moment, j'ai pu m'imposer davantage et prendre le contrôle du combat.”
 
Tu bénéficies désormais d'une bonne expérience sur ce genre de compétition. Où se situe le niveau polynésien à l'heure actuelle à l'échelle mondiale ?
Je pense sincèrement que techniquement nous avons un très bon niveau par rapport au reste du monde. Nous ne sommes pas en reste et c'est important de le souligner. En revanche, je pense qu'ici en Polynésie on se repose très vite sur nos lauriers. On travaille dur, on parvient à acquérir un bon niveau, puis on stagne ou on lâche par excès de confiance ou paresse. Là bas, ils ont une autre culture, un autre état d'esprit. Si on ne s'entraîne pas correctement et de manière continue, nous serons très vite distancés. Mais pour le moment, le bilan est positif et c'est ce qu'il faut retenir. D'ailleurs, je félicite l'ensemble des combattants polynésiens qui étaient présent lors de cet événement. Qu'ils soient de mon club ou pas, qu'ils aient eu une médaille ou pas, ils sont venus et ils ont représenté le fenua, c'est l'essentiel. On gagne tous en expérience et c'est bénéfique pour tout le monde.”

Rédigé par Wendy Cowan le Mercredi 6 Septembre 2023 à 19:31 | Lu 3201 fois