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“J’ai regardé la maison brûler, j’étais carrément content”



PAPEETE, le 4 novembre 2019 - Un jeune psychotique de 31 ans a été présenté en comparution immédiate lundi pour répondre de trois infractions dont l’incendie d’une maison familiale à Tubuai. Egalement poursuivi pour avoir donné un coup de pied à un gendarme et avoir proféré des menaces de mort à l’encontre d’un gardien de Tatutu, le prévenu a été condamné à trois ans de prison ferme assortis d’un maintien en détention.

De quels moyens la justice dispose-t-elle pour juger des individus atteints de pathologies psychiatriques ? Telle est la question sur laquelle le tribunal correctionnel de Papeete a, une nouvelle fois, dû se pencher lundi en comparution immédiate face à un prévenu souffrant de schizophrénie à tendance psychopathique.

Le 5 octobre dernier à Tubuai, le prévenu avait mis le feu à la maison familiale à l’aide d’une couverture enflammée après avoir cassé tout le mobilier en utilisant une barre de fer. L’homme s’était ensuite caché dans des buissons afin d’assister à l’embrasement et à la destruction totale de l’habitation. Interpellé par les gendarmes peu de temps après les faits, le trentenaire avait été transféré au dispensaire de l’île où il avait donné un coup de pied à l’un des militaires qui essayait de le maîtriser. Il avait ensuite été amené à Tahiti afin d’être placé en hôpital psychiatrique.



"Périodes de crise"

Entendue le jour des faits, sa tante qui l’avait recueilli à Tubuai et qui l’avait aidé à construire la maison, avait expliqué que son neveu avait toujours souffert de problèmes mentaux qui se manifestaient par des “périodes de crise” où il “cassait tout”. Elle avait cependant raconté son enfance ballottée entre des foyers et des familles d’accueil suite au suicide de sa mère qui avait ingéré du désherbant lorsqu’il avait huit ans.

Auditionné à son tour, le prévenu avait tenu des propos inquiétants en expliquant son geste par les critiques incessantes de sa famille et de son entourage qui souhaitaient le “dégager” de l’île. “Quand j’ai regardé la maison brûler, j’étais carrément content”, avait-il ainsi déclaré devant les enquêteurs.

Paranoïa

Présenté en comparution immédiate lundi pour répondre de ces faits, le mis en cause était également jugé pour avoir proféré des menaces à l’encontre d’un gardien de la prison de Tatutu lorsqu’il y était détenu en juillet dernier. A l’époque, le prévenu avait menacé le surveillant pénitentiaire de lui “couper la tête” en mimant un égorgement.

A la barre, le trentenaire s’est dit victime du harcèlement des autres, de celui des gardiens de Tatutu, de sa famille et du gendarme qui voulait le “pincer”. “Ils sont jaloux” a-t-il répondu lorsque le président du tribunal lui demandait pourquoi tout le monde lui en voudrait. Interrogé sur les menaces de mort proférées à l’encontre du surveillant pénitentiaire, le prévenu s’est montré hautement paranoïaque : “J’avais l’intention de montrer au gardien que je savais qu’il voulait me couper la tête mais maintenant, j’ai compris que je n’aurais pas dû rentrer dans son jeu”.

Les "risques du métier"

Le procureur de la République a requis trois ans de prison ferme en évoquant le casier judiciaire du prévenu, “émaillé de condamnations”. Il a également affirmé que la détention avait deux vertus : “assurer la sécurité de nos contemporains” et permettre au prévenu d’être soigné.

Pour la défense du trentenaire, Me Aureille a affirmé qu’il était principalement “victime de lui-même” et qu’il devait bénéficier d’une prise en charge psychiatrique. L’avocat a ensuite malmené le personnel du centre pénitentiaire : “Les gardiens ont suivi un an de formation mais l’on se demande ce qu’ils ont appris !” Quant au coup de pied dont un gendarme avait été victime au dispensaire de Tubuai, Me Aureille a affirmé qu’il s’agissait là des “risques du métier”.

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du parquet en condamnant le prévenu à trois ans de prison ferme assortis du maintien en détention. L’homme a été condamné pour la destruction des biens mais pas pour celle de la maison puisque sa tante n’a pas réussi à prouver qu’elle en était propriétaire.

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 4 Novembre 2019 à 19:11 | Lu 2709 fois





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