Tahiti Infos

“J'ai la flamme de tabasser des gens”


Tahiti, le 27 novembre 2023 – Un homme de 22 ans a été jugé lundi en comparution immédiate pour répondre de violences conjugales commises sur sa très jeune compagne. Le prévenu, qui s'est montré agressif et provocateur lors de l'audience, a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis. 
 
Le tribunal correctionnel s'est penché jeudi sur le cas d'un ancien agent de sécurité âgé de 22 ans qui était poursuivi pour avoir commis des violences habituelles sur sa compagne. Le 22 novembre dernier, c'est cette dernière qui avait prévenu les gendarmes après avoir été frappée à coups de pied et de poing sur le visage et le corps. Constatant que la jeune femme avait une seconde carte SIM, le prévenu s'en était violemment pris à elle. La victime, qui saignait au niveau de l'oreille et de la bouche, avait bénéficié d'une incapacité totale de travail de cinq jours. 
 
À la barre du tribunal lundi, le jeune homme – déjà condamné à deux reprises – a montré un visage particulièrement inquiétant. Alternant les “je t'aime” à sa compagne et des emportements agressifs et provocateurs, il a notamment assuré qu'il avait la “flamme de tabasser des gens” mais qu'il envisageait aussi de se suicider en fonçant sur un mur avec sa moto. À plusieurs reprises, la présidente du tribunal lui a demandé s'il consommait de l'ice. Ce à quoi l'intéressé lui a répondu : “Oui, le jour de mon anniversaire. Il faut bien car c'est mon jour !” La victime, l'air visiblement apeurée, a refusé de s'exprimer en expliquant juste qu'elle ne souhaitait pas se constituer partie civile. 
 
“Trahison”
 
Bien que le prévenu ne soit pas poursuivi pour trafic de stupéfiants, le procureur de la République a rappelé lors de ses réquisitions qu'il ressortait du dossier que l'homme, qui n'a pas travail, menait un train de vie qui interroge. Affirmant que le jeune homme devait être suivi pour ses “addictions”, le représentant du ministère public a requis un an de prison dont six mois avec sursis. 
 
Pour l'avocate du prévenu, Me Betty Ayoun, c'est un “problème de communication” qui est à l'origine des scènes de violence dans le couple. Lors de sa plaidoirie, elle a par ailleurs affirmé qu'il lui semblait que son client est “dépressif” et qu'il éprouve un sentiment de “trahison” lorsque sa compagne voit d'autres hommes. Après en avoir délibéré, le tribunal a outrepassé les réquisitions du parquet en condamnant le mis en cause à deux ans de prison dont un avec sursis. 
 
Garance Colbert

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 27 Novembre 2023 à 19:06 | Lu 2786 fois