Tahiti, le 26 janvier 2026 - De retour à Tahiti pour une semaine, Hinaupoko Devèze revient sur ses premiers mois de règne, le rythme intense, la fatigue, la responsabilité liée à l’exposition médiatique et son besoin de se ressourcer au Fenua après son élection de Miss France.
La dernière fois qu’on s’était vues, tu m’avais raconté que tu t’étais blessée avant Miss Tahiti, puis aux Marquises avant Miss France. On dirait que le mana passe par là…
“Oui, j’avais parlé du processus potentiel de répétition qui pourrait me porter chance. Et effectivement, ça m’a porté chance pour que je revienne avec le titre Miss France.”
Tu viens juste de rentrer à Tahiti. Qu’est-ce qui t’a le plus manqué du Fenua ?
“La chaleur, l’humidité. Juste ressentir ça, ça me fait énormément de bien. Il y a aussi le mana qui émane de l’île, de l’endroit. C’est toute l’ambiance qu’il y a ici.”
À quoi ressemble ton quotidien en tant que Miss France ?
“C’est difficile à décrire. Réveil très tôt, préparation maquillage-coiffure, puis les événements s’enchaînent : séances de dédicaces, déplacements. On découvre parfois son planning semaine par semaine. Il faut s’adapter en permanence. Des fois, un train est annulé, il faut trouver une solution, changer, partir plus tôt. C’est le train de vie de Miss : s’adapter et vivre pleinement l’aventure. Ça ne dure qu’un an. Ça va très vite.”
Un moment t’a particulièrement marquée pendant ces deux premiers mois de règne ?
“Mon retour régional. Quand j’ai entendu les tambours et les chants marquisiens, ça m’a vraiment prise aux tripes. Je suis partie de Polynésie comme candidate et je suis revenue Miss France. J’étais prise d’émotion.”
Tu parlais avant ton départ d’une aventure collective… C’est toujours le cas ?
“Même si c’est moi qui porte le titre, je ne suis pas seule. La société Miss France encadre, protège, rassure. On n’est pas Miss France, on le devient. On apprend, on découvre au travers de l’expérience et du partage avec mes grandes sœurs (d’autres Miss France, NDLR). Si aujourd’hui, je suis élue, c’est grâce aux personnes qui ont voté pour moi, aux partenaires, à l’organisation. Je ne suis pas toute seule dans cette aventure.”
C’est également un rôle exigeant.
“On sait dans quoi on s’engage, on connaît le rôle qu'on va porter. Bien sûr, on ne peut pas réaliser facilement ce que cela implique, mais on te prépare à ça. On nous prévient dès le départ. Certaines filles réalisent que ce n’est pas pour elles, et c’est normal. Moi, je savais à quoi m’attendre. Pour cela, aujourd'hui, je le vis plutôt bien.”
Est-ce qu’il t’arrive de te sentir dépassée ?
“C’est la fatigue, le cumul des fatigues. Ça joue énormément sur les émotions. Quand on est fatigué, on peut râler. Ça m’arrive aussi. Mais je remets les choses en place. Le comité me rassure : c’est normal d’être fatiguée. Et c’est OK de ressentir ça. Ce que je vis n’est pas le commun de tout le monde. Mais c’est hyper enrichissant et ça dure un an. Il faut mémoriser cette année, profiter pleinement parce que ça passe hyper vite. Et tu verras qu'à la fin de l'année, tu seras fière de tout ce que tu as parcouru. Déjà au bout d’un mois et demi, deux mois, je suis fière de toutes les expériences que j'ai accumulées.”
Cette expérience t’a-t-elle changée ?
“En termes de maturité, oui. On prend conscience de la responsabilité. Avec les réseaux sociaux, tout est relayé partout. Si tu dis une bêtise, tu es diffusée partout. On fait plus attention à sa façon de parler. On en attend beaucoup de vous. On parle déjà de la suite. Est-ce que je vais faire Miss Monde ? Qu'est-ce que je vais faire par la suite ? Où vous voyez-vous dans cinq ans ? Je ne sais pas. Ça fait que deux mois que je suis là. Laissez-moi d’abord vivre mon expérience.”
Justement, après cette année Miss France, tu te vois revenir à Tahiti ?
“Oui, honnêtement. Je rentrerai un peu pour me ressourcer. Pendant un an, je serai éloignée de mon peuple, de ma culture, de mes habitudes. Puis, ici, le rythme est plus cool. Je pense que ça me fera du bien, après un an, de me reposer ici et de relâcher un peu. Je pense qu’il sera important, après une année Miss France, de prendre un peu du temps pour soi.”
Quel message aimerais-tu faire passer aux jeunes, surtout aux jeunes filles qui sont en manque de confiance en elles ?
“Je dirais à ces jeunes filles que la confiance en soi est un processus. Ce n'est pas quelque chose qui s'acquiert comme ça. Il faut savoir qu'aujourd'hui, l'assurance que je peux dégager part justement d'une évolution. Il y a un an de ça, j'étais incapable de parler devant du monde. Je doutais énormément et encore aujourd'hui, ça m'arrive de douter. Donc c'est normal de douter, de ne pas avoir confiance en soi. Quand on a un objectif, même si des fois ça nous fait peur, il faut se lancer. Et puis ce n'est pas grave, si une porte se ferme, une autre va s'ouvrir. Je dirais à chaque personne de rêver plus grand. Il y a des échecs, il y a des réussites. C'est comme ça qu'on prend confiance en soi.”
Si tu pouvais parler à la Hinaupoko d'il y a cinq ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?
“J’avais alors 18 ans. Il y a cinq ans, on m'a proposé de faire le concours de Miss Tahiti, mais je me disais qu'il fallait que je prenne confiance en moi et que j'acquière un peu plus d'expérience pour me lancer dans l'aventure. Je lui dirais tout simplement de ne pas relâcher ses efforts, qu’un jour elle réalisera ce dont elle a potentiellement toujours rêvé. C’est-à-dire se prouver qu'elle est capable de réaliser de grandes choses. Ne pas relâcher parce qu'elle va passer par des étapes compliquées qui vont la forger et qui vont l'amener là où je suis aujourd'hui.”
Une dernière question. Ta fleur est derrière ton oreille droite. Envoies-tu un message ?
“Ma fleur est à droite. Mon cœur appartient aux Français.”



























