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Heurts à Paris et protestations de Pékin après la mort d'un Chinois par un tir policier



Paris, France | AFP | mardi 28/03/2017 - La mort d'un Chinois de 56 ans, victime dimanche à Paris du tir d'un policier, a provoqué des heurts et l'indignation de la communauté chinoise de la capitale, ainsi qu'une vive protestation de Pékin.

La Chine a demandé mardi à la France de garantir "la sécurité et les droits" de ses ressortissants et "exigé" que Paris fasse "toute la lumière sur cette affaire". La sécurité des ressortissants chinois est "une priorité des autorités françaises", a répondu le ministère français des Affaires étrangères.
De son côté, le préfet de police Michel Cadot a proposé de recevoir des membres de la communauté chinoise à 17H30, a-t-on appris de source policière. Mardi, à la mi journée, une vingtaine de personnes de cette communauté étaient rassemblées devant le commissariat du 19e arrondissement, près du quartier où l'homme a été tué.
La veille au soir, environ 150 personnes s'étaient déjà réunies au même endroit pour protester.
Des projectiles ont visé les forces de l'ordre, une voiture de police et trois autres véhicules ont été incendiées, et trois policiers ont été légèrement blessés.
Trente-cinq personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris.
Ces incidents sont survenus 24H après la mort d'un père de famille chinois atteint par le tir de riposte d'un policier alors qu'un de ses collègues était agressé avec des ciseaux par la victime, chez elle, selon la police. Une version contestée par la famille du défunt.
Pour l'avocat de celle-ci, Me Calvin Job, "les conditions d'une bavure policière sont réunies". "Au regard des éléments objectifs du dossier, nous envisageons de porter plainte", a-t-il déclaré à l'AFP, se posant notamment "la question de la proportionnalité" du tir policier effectué selon lui "sans sommation".
Selon une source proche de l'enquête, "un voisin avait appelé la police pour signaler la présence d'un homme se déplaçant dans les parties communes avec un couteau à la main". Quand les policiers "sont arrivés en bas de la résidence, ils ont vu la future victime sur le balcon qui les invectivait", a ajouté cette source.
Selon le récit des policiers, "une fois devant la porte, ils ont eu une inquiétude car ils entendaient des cris et des pleurs d'enfants dans l'appartement", a-t-elle précisé.
 

- Versions divergentes -

 
"Dès l'ouverture de la porte", un homme s'est précipité pour agresser l'un des fonctionnaires, a expliqué à l'AFP une source policière, évoquant "un différend familial". L'homme "a planté les ciseaux dans le thorax du policier, les ciseaux ont ripé sur son gilet de protection et le fonctionnaire a été blessé à l'aisselle", a précisé une autre source policière.
L'un de ses collègues a alors ouvert le feu, pour le protéger, blessant mortellement le père de famille.
Mais pour la famille du défunt, le quinquagénaire "n'a blessé personne", a déclaré à l'AFP Me Calvin Job.
Ce soir-là, "un voisin a appelé la police en disant qu'il y avait des cris", mais il n'y a eu "aucun différend familial", a-t-il ajouté. L'homme, qui se trouvait avec ses enfants était "en train de tailler des poissons avec des ciseaux", selon lui.
Les "enfants étaient dans l'appartement, mais aucun n'a été témoin des faits", a souligné une source proche de l'enquête.
"Les policiers ont ouvert de force la porte de l'appartement, ce qui l'a propulsé vers l'arrière", selon l'avocat. Le père de famille n'a "porté aucun coup" et "ne s'est pas précipité" sur les policiers, a-t-il affirmé.
Selon lui, ce père de 5 enfants "parlait très peu le français". Il avait séjourné à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P) en février 2012 après un précédent appel des voisins pour trouble de voisinage, mais "il n'avait pas d'antécédents psychiatriques majeurs".
Les voisins avaient alors appelé parce que l'homme jetait du matériel informatique par la fenêtre, selon une source proche du dossier.
La famille de la victime devait être entendue mardi après-midi par l'inspection générale de la police nationale (IGPN).
Le 2e district de police judiciaire et l'IGPN ont été saisis des enquêtes.

le Mardi 28 Mars 2017 à 05:09 | Lu 402 fois




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