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Heiva i Tahiti : deux concours pour les orchestres



PAPEETE, le 1er juillet 2018 - Dans le cadre du Heiva i Tahiti, les orchestres ont également l'occasion de démontrer leur potentiel, puisque deux concours sont mis à leurs dispositions. Il s'agit des concours imposé et création. Les 19 orchestres devront donc se surpasser pour tenter de décrocher le premier prix.

Ils seront jugés par l'ensemble du jury, et plus particulièrement par Poehei Temaiana. Expert dans le domaine, ce père de famille baigne dans le milieu depuis sa plus tendre enfance, grâce à ses parents.

Son talent lui a permis de faire partie des membres du jury. "J'étais jury en 2011, c'était une belle expérience parce que les années d'après où j'étais jury, je faisais plus attention au règlement. Avant, j'étais un peu rebelle on va dire, je voulais plutôt apporter des messages, taper sur des choses qui m'interpellais, et souvent c'était à l'encontre de la fiche de notation", explique Poehei Temaiana, jury pour les orchestres.

Aujourd'hui, Poehei Temaiana a bien l'intention de mettre son expérience au profit des 19 orchestres qui participeront au Heiva i Tahiti 2018. "On va noter bien sûr la dextérité des musiciens, qu'ils ne soient pas là, juste pour faire de la figuration. Il y a aussi tout ce qui est musical, c'est-à-dire les enchainements, la mélodie, le lien avec le thème, si l'ambiance de la musique fait parler le texte, parce qu'on compose toujours à partir d'un texte. Tout cela fera en sorte que tu puisses aller chercher le maximum de points. Mais, c'est vrai que souvent les sentiments peuvent augmenter la note. Le jury a ses frissons, chacun a sa façon de voir avec ses yeux et d'écouter avec ses oreilles. Par contre, on essaye de suivre la fiche de notation, tout en sachant qu'on va plus aimer tel ou tel style", confie-t-il.

DEUX CONCOURS POUR LES ORCHESTRES

Comme pour les chants et les danses, les orchestres peuvent repartir avec des prix. Pour cela, il faut remporter les faveurs du jury dans deux concours qui sont mis à leur disposition : le concours imposé et le concours création.

Pour le concours imposé, "on juge le nombre de musiciens, les musiques choisies qui ont été composées par nos ainés, et on demande de mettre tout cela en place sur un temps défini, donc 2 minutes. Ils ont cinq pehe imposés et ils essayent de nous montrer l'harmonie des cinq instruments. Les instruments qui sont autorisés sont les trois tō'ere (arata'i, tāmau et le tāhape). Après, en pahu, il y a le tari parau et le fa'atete. Les pehe qui ont été choisis cette année, sont le puarata, le tari'ari'a, le tiare tāporo, le ueue et le takoto. La différence entre ces cinq styles, c'est le rythme. Par exemple, le takoto, c'est un rythme à trois temps…", détaille Poehei Temaiana.

Parlez-nous des trois tō'ere Poehei ?

"Il y a tout d'abord, le "arata'i", c'est celui qui mène et qui va taper la musique comme elle a été composée. C'est vraiment la base du tō'ere, c'est le pehe (chant) sans fantaisie. Le second tō'ere, c'est le "tā'iri tāmau", c'est à peu près comme le arata'i, avec sa propre façon de taper. Enfin, on retrouve le "tāhape". Ce sont les contretemps. Il y a les contretemps avant, les contretemps après, donc, c'est le tāhape mua et le tāhape muri, c'est ce qui va amener des petites fantaisies à la musique."

"Ensuite, il y a le concours création qui dure trois minutes. Là, ils doivent nous fournir un thème qui sera illustré en percussions, et ce sont souvent des messages. Pour ce concours, on peut mettre le nombre d'instruments que l'on veut, mais il faut que ça reste dans notre patrimoine", poursuit-il.

PAS FACILE DE COMPOSER SON ORCHESTRE

L'orchestre est une base importante dans la constitution d'un groupe de danse. Et dans la plupart des cas, la tâche n'est pas facile pour les chefs de groupe de trouver chaussure à leurs pieds. "Parce que, non seulement, il y a les personnes à convaincre de commencer, de continuer, jusqu'à la fin et surtout d'accepter ce que les responsables veulent. Après c'est au responsable aussi à faire l'équilibre, parce qu'il ne pourra pas imposer. Il y a des chefs d'orchestre qui imposent, il y en a qui aiment quand on impose, c'est le style un peu militaire, on va dire."

Mais un autre souci se pose, et celui-là n'est pas des moindres : "Ce sont les instruments. Ils deviennent de plus en plus imposants, de plus en plus coûteux, les moyens de locomotion ne correspondent plus trop. À l'époque, on pouvait mettre les musiciens dans la benne, alors qu'aujourd'hui, on ne met que les instruments, et c'est un peu plus difficile. Certains groupes ont les instruments pour les musiciens. Mais là aussi, si tu emmènes les instruments pour tout le monde et qu'il y a des absents, eh bien, ça gronde beaucoup. Alors que si chacun emmène son instrument, eh bien, il n'y a pas ce souci. Je comprends aussi les musiciens qui ne veulent pas user ou casser leurs instruments parce que ça coûte cher. Il faudrait peut-être que les groupes, lorsqu'ils auront leurs subventions, mettent une part dans l'achat, le prêt ou la location d'instruments et de voitures pour aller sur le lieu de répétition. Je pense que c'est ce qui se fera demain, pour que les musiciens soient là. Il faut qu'il y ait un transport pour les musiciens et un autre pour les instruments", raconte le jury pour les orchestres.

QUELS SONT LES CRITÈRES ?

Pour participer au Heiva i Tahiti, l'orchestre doit être composé d'au moins 12 personnes, musiciens-choristes, avec un maximum de 40 personnes. "Ce sont les musiciens, percussionnistes et les choristes. Ensuite, pour les instruments, j'ai demandé à ce que ce soit de notre patrimoine culturel, fait ici, tō'ere, fa'atete, tari parau, pahu tūpa'i rima... Il y a déjà la guitare qui n'est pas faite ici, mais qu'on accepte. On utilise notre environnement naturel, tout ce qui est cailloux, coquillages et grâce à notre sonorisation sensible, on peut faire parler des petites graines. Du coup, il y a tout cela que l'on peut mettre en place."

Mais il y a quelques exceptions : "C'est vrai qu'il y a certains instruments qui sont fabriqués avec des matières qui ne sont pas traditionnelles, comme certain pahu tūpa'i. Aujourd'hui, il y en a qui sont faits avec des PVC, c'est-à-dire avec du plastique. La peau de chèvre est souvent remplacée par de la toile… Mais tout cela est une question de budget et de pratique. C'est vrai que la peau de chèvre, c'est bien. Mais, il faut en avoir déjà, parce qu'on ne va pas aller tuer toutes les chèvres, et surtout, il y a aussi le fait qu'il faut tendre la peau pour avoir le son qu'on veut, et la peau naturelle change selon suivant l'humidité de l'air. Tant que ça reste un instrument fait ici et qui a une origine de chez nous, eh bien, ce n'est pas pénalisé", précise Poehei Temaiana.

L'an dernier, la troupe de Toahiva a remporté le 1er prix du meilleur orchestre imposé. Alors que Pupu Tamarii Papara Oire est reparti avec le 1er prix du meilleur orchestre création.

Qui seront les lauréats cette année ? Réponse le 18 juillet.


Poehei Temaiana
Jury orchestre

"C'est quelque chose que je recherche"


"Mes parents avait le groupe Feti'a dans les années 70 et j'ai vécu les tiurai de l'époque jusqu'en 1982. Ensuite, je me suis consacré à mes études. Ensuite, je suis donc parti en France pour faire mon service militaire. Sur place, je suis tombé sur des étudiants qui avaient un groupe de danse. Ils m'ont donc intégré au sein de leur troupe. Et grâce à cette expérience, j'ai pu apprendre quelques techniques. À mon retour, mon père a été sollicité par Boris Léontieff en 1991-1992. La troupe Ahoturu Nui s'est donc montée par la suite. Il y avait Philip Schyle et d'autres personnes de Arue comme Hinano Tiaoao, Teariki pour les légendes. Ahutoru Nui m'a donc formé pendant 12 ans, durant les Tiurai, puis le Heiva. On a gagné en 1995, en amateur, ensuite en 2001 et 2004, en professionnel. Ensuite avec Kehaulani Chanquy, qui était aussi avec Ahutoru, a formé son groupe, Hitireva. Je l'ai suivie et pendant six ans, on a fait les Tapairu et les Heiva, et j'étais chef d'orchestre. Ensuite, j'ai lâché Hitireva et j'ai décidé d'aller aider ceux qui avaient besoin d'un orchestre ou juste d'un chef d'orchestre, comme Hanatika avec Hirohiti durant deux années, ou bien l'année dernière avec Toahiva. Ça a été de belles expériences. À chaque fois, j'ai dû embarquer toute ma famille avec moi. Ça fait 22 ans que je suis avec ma femme et elle me demande souvent quand je me reposerai. Je lui réponds que si je ne le fais pas, eh bien, je me sens un peu banal. Du coup, c'est quelque chose que je recherche. J'ai un fils qui est dedans. Donc, il y a une certaine transmission aussi de mon père à moi, et moi, aujourd'hui, je vois que mon fils ainé vit des moments de bonheur avec Makau, Hitireva. Il va voler de ses propres ailes bientôt."



Rédigé par Corinne Tehetia le Dimanche 1 Juillet 2018 à 19:41 | Lu 791 fois






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