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Haute-Corse: une maison en construction visée par une explosion, tags FLNC présents


Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Ajaccio, France | AFP | vendredi 09/02/2024 - Une maison en construction à Santa-Lucia-di-Moriani (Haute-Corse) a été endommagée par une explosion et des tags FLNC (Front de libération nationale corse) ont été découverts sur sa façade, a-t-on appris vendredi auprès du procureur de Bastia.

L'explosion s'est produite vers 01H00 du matin dans la nuit de jeudi à vendredi et n'a pas fait de blessé, ont précisé les secours.

"Une enquête pour dégradation par moyen dangereux a été ouverte et confiée à la section de recherche de la gendarmerie", a indiqué à l'AFP Jean-Philippe Navarre, le procureur de la République de Bastia qui a précisé que le parquet national antiterroriste (Pnat) s'était saisi de l'enquête.

"Je vous confirme que nous avons ouvert une enquête de flagrance des chefs de tentative de destruction par un moyen dangereux pour les personnes et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme", a précisé à l'AFP le Pnat.

Les investigations ont été confiées à la "Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la direction centrale de la police judiciaire en tant que service coordonnateur, en co-saisine avec la direction interdépartementale de la police nationale ainsi que la section de recherche de la gendarmerie de Corse", a ajouté le parquet antiterroriste. 

Ce n'est pas la première fois que ce village de la plaine orientale, situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Bastia, est touché par des explosions revendiquées par l'organisation clandestine du FLNC. 

Lors de la "nuit bleue" d'octobre 2023 plusieurs dizaines de maisons dont beaucoup de résidences secondaires avaient été endommagées par des explosions revendiquées par le FLNC. A Santa-Lucia-di-Moriani, c'était un lotissement en construction qui avait alors été visé.

La Corse connaît depuis plus de deux ans une recrudescence d'incendies criminels et d'explosions visant principalement des résidences secondaires, le plus souvent assortis de tags nationalistes. Ces explosions ont été revendiquées, certaines par le Front de libération nationale corse (FLNC), d'autres par le mouvement GCC (Ghjuventù Clandestina Corsa), un mouvement clandestin de jeunesse corse.

"La situation du terrorisme nationaliste en Corse a abouti en 2023 à l'ouverture de plus de 70 procédures", avait déclaré le 23 janvier le procureur antiterroriste Jean-François Ricard.

Il y en avait eu 22 en 2022, trois en 2021 et quatre en 2020, selon une source judiciaire.

Le FLNC, apparu pour la première fois en 1976, avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d'une première "nuit bleue", est depuis devenu une nébuleuse opaque, résultat de scissions, luttes fratricides et recompositions.

le Vendredi 9 Février 2024 à 04:53 | Lu 573 fois