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Harmonisation des notes : les lycéens lésés devront déposer un recours


Les élèves de première du lycée Samuel-Raapoto qui dénoncent une baisse de leur note dans deux matières pour le contrôle continu du baccalauréat et leurs parents se sont réunis devant le vice-rectorat, mardi matin, où une délégation a été reçue.
Les élèves de première du lycée Samuel-Raapoto qui dénoncent une baisse de leur note dans deux matières pour le contrôle continu du baccalauréat et leurs parents se sont réunis devant le vice-rectorat, mardi matin, où une délégation a été reçue.
Tahiti, le 12 juillet 2022 - Les élèves de première du lycée Samuel-Raapoto qui s'estiment lésés au niveau de leurs notes retenues pour le contrôle continu du baccalauréat ont été reçus au vice-rectorat, mardi matin. Il leur a été confirmé que leurs notes avaient fait l'objet d'une harmonisation, conformément aux textes en vigueur. Ils disposent de deux mois pour effectuer un recours pour demander le rétablissement de leurs notes initiales.
 
Ils étaient une trentaine, parents et lycéens, réunis devant le vice-rectorat à 9 heures, ce mardi. Des élèves de première du lycée Samuel-Raapoto d’Arue qui s'estiment lésés de deux points sur leur moyenne générale dans deux matières, par rapport à leur bulletin scolaire, sur les notes retenues par Cyclades –une application nationale qui gère les examens. Une situation que ces lycéens ont du mal à admettre. “On a une certaine colère. On travaille. On nous dit de faire le maximum pour, finalement, nous baisser nos notes, sachant que le contrôle continu compte pour 40% (de la note finale du baccalauréat, NDLR). C'est quand même assez conséquent, surtout pour les Parcoursup', pour les mentions à la fin sur le bac. Ça compte pour notre avenir”, confie Luc Dujarrier, venu représenter ses camarades. “On se tue à bosser toute l'année. On nous répète tous les jours qu'il faut bosser à fond parce que nous sommes en contrôle continu et on voit à la fin de l'année que l'Éducation nationale nous enlève des points. On ne comprend pas pourquoi”, ajoute sa camarade de classe Ambre Fejoz.
 
Lundi, les parents d'élèves avaient adressé un courrier au vice-rectorat, à la ministre de l'Éducation locale et au bureau des examens, demandant le rétablissement des notes et avaient appelé à se réunir devant le vice-rectorat ce mardi matin. En l'absence du vice-recteur, parti à la retraite, et dans l'attente de la nomination de son remplaçant, les deux lycéens accompagnés de trois parents d'élèves ont été reçus par le directeur des ressources humaines du vice-rectorat, Anthony Legendre, le directeur de cabinet de la ministre de l'Éducation, Thierry Delmas, et l'inspecteur du second degré Gaëtan Le Lu. Ils attendaient de cette rencontre une explication, ainsi qu'un rétablissement de leurs notes.
 
Il leur a été confirmé qu'il s'agissait bien d'une harmonisation des notes, conformément à ce que prévoit la réforme du bac 2021. Un processus qui se fait de manière anonyme pour garantir “l’égalité de traitement des élèves devant le baccalauréat”, indique un communiqué du vice-rectorat, qui ajoute que “la procédure d’harmonisation mise en place en Polynésie s’inscrit dans un cadre réglementaire fixé par le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse qui prévoit bien que les notes issues du contrôle continu puissent être harmonisées à la baisse comme à la hausse en cas de discordances manifestes constatées entre établissements pour l’évaluation d’un même enseignement”. “La note issue du contrôle continue est une note provisoire : à l'issue de leurs travaux, les commissions d’harmonisation communiquent les notes harmonisées au jury du baccalauréat, lequel arrête définitivement la note finale de chaque candidat.”

Recours individuels

Les quatre classes de première générale du lycée Samuel-Raapoto sont concernées par l'harmonisation des notes, essentiellement à la baisse. Les parents d'élèves insatisfaits devront effectuer un recours, de manière individuelle, auprès du vice-rectorat pour demander l'annulation de l'harmonisation et donc le rétablissement des notes initiales. Ils ont deux mois à partir du 2 juillet, date de l'arrêt des notes, pour engager cette procédure ; mais ne disposent d'aucune garantie sur le fait que leur demande aboutisse. Malgré les éléments de réponse obtenus au cours de l'entrevue, Ambre Fejoz s'est dit insatisfaite. “Il faut encore faire des recours, des courriers. Je ne serai satisfaite que quand les notes seront rétablies pour tout le monde."
 
Les dispositions réglementaires relatives au baccalauréat s'appuient sur le projet d'évaluation mis en place au sein de chaque établissement au cours du premier trimestre 2021-2022 et sur les commissions d'harmonisation mises en place depuis la session de juin 2022. Les élèves et leurs professeurs du lycée Samuel-Raapoto ont dit ne pas être au courant de l'existence de ces commissions. Le vice-rectorat déplore un manque de communication. L'affaire est remontée jusqu'au ministère de l'Éducation nationale à Paris.

Rédigé par Anne-Laure Guffroy le Mardi 12 Juillet 2022 à 17:15 | Lu 2506 fois