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Grève : ​Le plaidoyer de la Cosac à Taiarapu-Est


Tahiti, le 4 octobre 2021 - Dans un courrier adressé en fin de semaine dernière aux élus de la commune de Taiarapu-Est, la Confédération syndicale des agents communaux de Polynésie défend le bien-fondé du mouvement de grève initié le 11 août dernier dans les écoles de la commune et toujours en cours.
 
Un courrier adressé jeudi dernier à l’ensemble des élus de la commune de Taiarapu-Est par la Confédération syndicale des agents communaux de Polynésie (Cosac Polynésie) plaide en faveur d’une revalorisation du temps de travail des agents de surveillance, d’entretien et des cantiniers exerçant à temps non-complet dans les écoles. Ce courrier intervient alors qu’un mouvement de grève mobilise depuis la mi-août une trentaine d’agents de Faaone, Afaahiti, Pueu et Tautira pour soutenir cette demande.
Au fil de 15 pages d’annexe, cette lettre aux élus de Taiarapu-Est tente de démontrer le bien-fondé de cette exigence dont l’impact financier a été évalué à 36,6 millions de Fcfp annuellement sur les charges de personnel communales. La Cosac décline d’ailleurs les pistes de financement qui s’offrent à la commune. “Ce courrier traduit notre volonté de collaborer avec vous dans la concrétisation de ces propositions”, que la Cosac dit avoir “mûrement réfléchi” et qu’elle défend comme étant en phase avec les “préconisations émises par la Chambre territoriale des comptes” et à même de bénéficier au personnel communal, au personnel enseignant des écoles et aux élèves scolarisés dans la commune. Le syndicat organise d’ailleurs une conférence de presse, ce jeudi matin à la mairie de Afaahiti pour défendre ses mêmes positions.
Débuté le 11 août et suspendu le 24 août pour la durée du confinement, le mouvement de grève d’une partie des agents communaux de Taiarapu-Est a repris le 22 septembre et se poursuit encore lundi, faute d’accord sur l’augmentation du temps de travail des 52 agents de surveillance, d’entretien ou cantiniers employés à Taiarapu-Est.
 
36,6 millions à l’année
 
Pour revaloriser l’emploi des agents de surveillance des élèves –ils sont 32–, le syndicat propose de les requalifier en “agents d’accompagnement et de surveillance des élèves” et de faire passer leur temps de travail mensuel de 40 heures à 85 heures. La création de 16 postes est également demandée. Une question de mise en conformité avec la règlementation, défend la Cosac Polynésie.
Concernant les 14 cantiniers, le syndicat demande à augmenter de 114 à 130 heures leur charge mensuelle de travail. Une augmentation comparable est demandée en faveur des six agents d’entretien employés dans les écoles de la commune, avec une augmentation mensuelle de 20 heures de leur temps de travail pour le porter à 130 heures. “L’augmentation du temps de travail contribuera à renforcer l’entretien des locaux et espaces verts des écoles”, défend la Cosac Polynésie.
En comparaison avec la situation actuelle, ces aménagements provoqueraient une augmentation annuelle des charges de personnel de Taiarapu-Est de 36,6 millions de Fcfp. Le syndicat propose de compenser cette charge nouvelle en réévaluant à 500 Fcfp le prix de base du ticket repas en cantine scolaire, à l’horizon 2024. Une réévaluation progressive jusqu’en 2025 des centimes additionnels est également suggérée via une augmentation à 10% du taux de la taxe sur la valeur locative des locaux professionnels. Le syndicat propose aussi l’instauration d’une taxe de séjour dans les établissements d’hébergement touristiques de la commune. Pour l’heure, le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet, propose de renvoyer la problématique en commission technique paritaire, et y oppose en attendant une fin de non-recevoir.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 4 Octobre 2021 à 19:31 | Lu 930 fois