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"Food defense": Vigipirate au fond de l'assiette



PARIS, 5 mai 2014 (AFP) - Du mégot dans le boudin à l'aiguille à coudre dans le sandwich, l'industrie agroalimentaire peut se retrouver en tête des pages faits divers si elle néglige de se protéger contre le sabotage et la malveillance.

Tout droit venue des Etats-Unis au début des années 2000, la "Food defense", ensemble de parades mises en place contre ces risques, fait progressivement école dans les entreprises du vieux continent.

Mais si les poids lourds du secteur sont généralement bien formés et informés, c'est encore rarement le cas des PME installées en pleine campagne, note Olivier Boutou, ingénieur spécialisé dans la sécurité sanitaire des aliments au sein de l'Afnor (Association française de normalisation).

Simple vengeance d'un salarié éconduit, ou action criminelle, voire terroriste délibérée, l'éventail des menaces est pris très au sérieux par les pouvoirs publics: dans une mise à jour de son Guide des recommandations pour la protection de la chaîne alimentaire, la Direction générale de l'alimentation (DGAL, service du ministère de l'Agriculture chargé de la sécurité des aliments) cite de nombreux exemples de "contamination criminelle" restés dans l'histoire.

Des agrumes perfusés au mercure en Israël en 1977, des raisins chiliens au cyanure importés aux Etats-Unis en 1989, du venin de serpent dans plusieurs aliments en Allemagne en 1996 : derrière chaque cas se cache un intérêt politique ou une simple extorsion de fonds. Mais certaines affaires douloureuses ne sont jamais élucidées, comme le benzène dans des bouteilles de Perrier, qui a coûté au groupe le rappel de ses produits et 35% de son chiffre d'affaire en 1991.

Un importateur de fruits secs cite aussi le cas de "clous dans des raisins secs importés d'Iran et de plombs de chasse dans des cubes de figues sèches de Turquie, qu'on a retrouvés dans des pains spéciaux". Mais "grâce aux lasers et détecteurs de métaux, ces incidents sont rarissimes", jure-t-il.

-Détecter les points de vulnérabilité -

Aux Etats-Unis, après les crises de la vache folle et du poulet à la dioxine et en l'absence de certification internationale agréée par tous, les géants de la distribution ont pris les choses en mains: ils ont d'eux-mêmes établi une grille d'analyse de leurs partenaires, la Global Food Safety Initiative (Initiative mondiale de la sécurité alimentaire) adoptée en mai 2000. Il est devenu indispensable d'y satisfaire pour accéder au marché international.

Si la liste de la DGAL est "volontairement limitée" aux cas parus dans la presse, précise-t-elle, la menace est bien présente. Surtout à l'heure de Vigipirate et de la vigilance contre le terrorisme "qui ne se limite pas à l'usage d'arme à feu ou d'engins explosifs".

Quand il réalise un audit ou dispense une formation, Olivier Boutou réunit les cadres chargés de la production, le responsable des services généraux (eau, air, énergie) mais "la démarche doit rester confidentielle pour être efficace". Cependant il prend soin d'associer aussi la direction des ressources humaines, "parce que le climat social dans une entreprise est un facteur important; il est souvent plus difficile de se prémunir en interne d'une vengeance" note-t-il.

Après l'analyse du périmètre extérieur et des contrôles avant de pénétrer dans l'entreprise (badges, caméras), il s'intéresse aux zones de stockages des matières premières et des produits chimiques. "On mesure les points de vulnérabilité qui peuvent entraîner une possibilité d'opérer sans être vu et de pouvoir arrêter les chaînes: j'ai réalisé des tests d'intrusion où j'ai pu me promener pendant 50 minutes avant d'être arrêté!" se souvient l'expert.

"Seules deux personnes étaient prévenues dont le directeur. J'étais en costume avec un appareil photo, j'ai pu m'approcher des machines, les toucher, personne ne s'est soucié de moi." Il précise même avoir répondu "en russe" à la première interpellation sans déclencher de réaction. "Les toutes petites boites, surtout, n'ont pas cette culture. Or, c'est toute la chaine alimentaire qui est considérée comme une zone sensible par Vigipirate", rappelle-t-il.

Rédigé par () le Lundi 5 Mai 2014 à 06:18 | Lu 843 fois






1.Posté par Tehei le 05/05/2014 20:13 | Alerter
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le petit agriculteur du coin , les fruits et légumes locaux de saison , éventuellement un petit bout de jardin , il en faut de peu pour échapper à la " bouse industrielle " §

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