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En Guyane, Saint-Georges de L'Oyapock enfin déconfinée mais toujours enclavée



Saint Georges de l'Oyapock, France | AFP | mardi 22/09/2020 - Saint-Georges de L'Oyapock, commune guyanaise très touchée par le Covid-19, est enfin sortie du confinement après presque six mois sous cloche. Mais la frontière avec le Brésil reste fermée, ce qui perturbe la vie locale très dépendante des échanges avec le voisin sud-américain.

En ce mois de septembre, le calme règne, inhabituel, sur la rive française du fleuve-frontière Oyapock. D'habitude, l'embarcadère est envahi de pirogues qui assurent la liaison entre Saint-Georges et Oiapoque, du côté brésilien.

Saint-Georges et ses quelque 5.000 habitants étaient sous les feux des projecteurs il y a quatre mois lorsque le nombre de cas de Covid-19 a forcé les autorités à maintenir le confinement pour cette seule commune. Et à empêcher tout passage transfrontalier à partir du 25 juin, en raison de l'explosion de cas au Brésil.

Fin mai, l'ARS dénombrait 100 cas par semaine à Saint-Georges qui ne compte qu'une antenne de l'hôpital de Cayenne. Début septembre, le chiffre a baissé à 10, permettant enfin l'arrêt du confinement.

Mais si l'état d'urgence sanitaire est levé depuis le 16 septembre dans toute la Guyane, les traversées demeurent interdites, au grand désarroi des habitants. "Oiapoque et Saint-Georges, c'est presque la même commune", explique Rodney, qui réside du côté français. "Il y a des gens qui vivent ici mais qui ont une adresse en face".

Le petit marché hebdomadaire de Saint-Georges est alimenté en grande partie par des denrées brésiliennes. Depuis que les pirogues ne passent plus, il a lieu de façon aléatoire, avec moins de vendeurs. "Beaucoup de gens avec la culture brésilienne ont dû changer leur repas-type, poursuit Rodney, parce qu'il est plus difficile de trouver certains aliments."

Déjà pendant le confinement, des distributions de denrées ont été organisées par des associations pour aider les habitants qui n'avaient plus leurs canaux habituels d'approvisionnement. Le 30 mai, la commune a même partagé le produit d'une saisie effectuée par les autorités sur l'Oyapock: deux tonnes de poissons et de wassaï (baie issue d'un palmier).

La commune française a développé tout un réseau d'échanges avec sa grande sœur brésilienne de 30.000 âmes. Cayenne, la préfecture, est à trois heures en voiture. Aliments, vêtements, parfois alcools… Il ne faut que cinq minutes de pirogue pour importer cela d'en face.

Les poissons et la gendarmerie

"A Saint-Georges, il n'y a pas de boucherie, la viande vient du Brésil", déplore Eric, qui pêche sur l'embarcadère. Mais rien ne mord. "Les poissons brésiliens ont peur de la gendarmerie française" qui surveille le fleuve, ironise-t-il.

Les pirogues continuent cependant à passer mais moins nombreuses et en fraude. Alors que la préfecture a renforcé la surveillance, les piroguiers utilisent parfois un système de leurre, lançant une embarcation à grande vitesse pour distraire les forces de l'ordre, tandis qu'une autre passe, moteur au ralenti.

Les difficultés de ravitaillement ont fait grimper les prix côte guyanais, affirment Eric et Rodney, qui l'ont constaté dans les deux seules épiceries de Saint-Georges. Autre augmentation: avant la fermeture, une traversée de jour pour Oiapoque coûtait cinq euros par personne. Il faut désormais débourser 20 euros et se faire discret. 

Cependant, la préfecture semble désormais relâcher la pression. "Il n'a plus autant de courses-poursuites sur l'Oyapock qu'en mai et juin", témoigne Eric. Pour Frédéric Bouteille, sous-préfet chargé des communes de l'intérieur, "les forces qui surveillent la frontière sont très fatiguées, elles la tiennent depuis six mois et comme tout le monde, elles attendent la réouverture avec impatience".

Le maire de la commune, Georges Elfort, ne regrette pas cette fermeture. "La gravité de l'épidémie était au-dessus de l'économie", plaide-t-il. Plusieurs familles se sont retrouvées séparées avec des membres de chaque côté de la frontière. "Moi aussi, j'ai de la famille de l'autre côté, mais la santé passe avant tout", rétorque l'édile.

Malgré l'impatience, "la réouverture sera progressive", indique le sous-préfet Frédéric Bouteille. Les passages ne seront d'abord possibles que sur le pont, plus simple à contrôler. Les autorités des deux pays doivent discuter du protocole fin septembre.

le Mardi 22 Septembre 2020 à 05:38 | Lu 108 fois





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