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En Australie, la sécheresse plombe les comptes des agriculteurs



Sydney, Australie | AFP | vendredi 20/12/2019 - Des récoltes et des revenus de l'élevage qui baissent au fur et à mesure que les températures montent: en Australie, dont une bonne partie du territoire est frappée depuis plusieurs années par la sécheresse, la marge des exploitants s'est considérablement réduite.

"Dans les années 50-60, quand mon père dirigeait la ferme, il employait de façon permanente trois gestionnaires et plusieurs employés. Moi, je n'en ai pas les moyens. Je me contente de recruter des saisonniers lors des pics d'activité" raconte à l'AFP Angus Emmott, à la tête d'une exploitation d'élevage de 52.000 hectares dans la région de Toowoomba (Est). 
Pour s'adapter à la chute des précipitations dans sa région, il a dû changer complètement son mode de fonctionnement. "Avant, nous élevions les bovins (de la naissance à l'abattage, NDR). Mais avec la multiplication et l'allongement des périodes de sécheresse, c'est devenu presque impossible et beaucoup trop cher. Maintenant, je les achète, je les engraisse, puis je les revends. Du coup la taille de mon cheptel peut varier de 0 à 3.000 têtes".
 

- Camping à la ferme -

 
Il a aussi diversifié ses activités en se lançant depuis deux ans dans le tourisme, avec un camping à la ferme qui représente aujourd'hui environ 20% de son chiffre d'affaires. "A la fois car l'activité touristique se développe très rapidement, mais aussi car les recettes que nous tirons de l'élevage ne cessent de diminuer".
Dans l'île-continent, il était plus facile de gagner sa vie en tant qu'agriculteur au XXe siècle qu'au XXIe, relève le dernier rapport de l'Australian Bureau of Agricultural Research Economics and Science (Abares) consacré à l'impact de la sécheresse sur le secteur agricole, alors que le pays connaît des records de chaleur en décembre et des incendies qui ont brûlé au moins trois millions d'hectares ces derniers mois.
"Les températures moyennes ont augmenté d'environ un degré depuis 1950, tandis qu'au cours des dernières décennies, les précipitations hivernales ont diminué, en particulier dans le sud-est et le sud-ouest", explique l'économiste de l'Abares Neil Hughes dans un communiqué.
"Nous estimons que ces changements ont réduit les bénéfices moyens des exploitations agricoles d'environ 22%" entre la période 1950-1999 et la période 2000-2019, calcule-t-il.
Ces effets sont "plus prononcés" dans le secteur des grandes cultures, où les bénéfices moyens "ont baissé de 35%, soit de 70.900 dollars australiens (43.800 euros) par an pour une exploitation agricole représentative". 
Sur le plan national, "cela représente une baisse moyenne de la production de 8%, soit d'environ 1,1 milliard de dollars australiens (680 millions d'euros) par an" selon l'Abares.
Les éleveurs souffrent un peu moins. Mais leurs bénéfices ont également reculé en moyenne de 5% avec de fortes disparités régionales. L'état du Queensland (nord-est du pays), où la sécheresse sévit depuis huit ans sans interruption, est le plus touché.
 

- "Inhabitables" -

 
Pour les agriculteurs australiens, l'avenir est plus incertain que jamais d'après l'Abares. "Bien que les tendances récentes en matière de précipitations ont été influencées au moins en partie par le changement climatique, les incertitudes quant aux précipitations sur le long terme sont significatives" précise Neil Hughes qui discerne "un vaste champ d'étude pour un travail plus approfondi".
Angus Emmott, par ailleurs membre de l'organisation Farmers for Climate Action, souhaite que le gouvernement "agisse plus résolument et plus rapidement pour lutter contre le changement climatique. Car si rien n'est fait aujourd'hui, d'immenses parties de l'Australie deviendront totalement inhabitables et aucune forme d'activité ne sera possible".
"Les gouvernements sont confrontés à un dilemme, car apporter de l'aide aux agricultures en période de sécheresse risque de ralentir la mise en place d'innovations et d'ajustements industriels sur le long terme", indique l'Abares, pour qui "ces changements et innovations sont fondamentaux pour améliorer la productivité agricole et soutenir la compétitivité de l'Australie sur les marchés internationaux".
D'après le Bureau of Meteorology, le printemps 2019 en Australie a été le plus sec des 120 dernières années. La journée du 18 décembre a été la plus chaude jamais constatée, avec une température maximale moyenne de 41,9 degrés à travers le pays. Jeudi, le record absolu de température en décembre a été battu, à 49,8 degrés dans une localité d'Australie occidentale.

le Vendredi 20 Décembre 2019 à 05:24 | Lu 719 fois




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