Face à un risque cyclonique particulièrement élevé, Chloé Demeulenaere, directrice de cabinet du haut-commissaire, et le commandant David Baraglia, à la tête de la Direction de la protection civile, ont insisté sur la nécessité de se préparer dès maintenant. crédit photo SD
Tahiti, le 27 octobre 2026 – “Tous les feux sont rouges”. Avec un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle, qui devrait encore se renforcer jusqu'en novembre-décembre, les îles de la Société et les Tuamotu s'apprêtent à traverser une saison chaude à haut risque. Cyclones, pluies diluviennes, inondations et glissements de terrain : Météo-France et la protection civile ont dressé mardi un tableau préoccupant. Sans vouloir être alarmistes, les autorités appellent à une mobilisation générale pour retrouver les bons réflexes, seize ans après le passage du dernier cyclone, Oli.
“C’est un phénomène remarquable, quelque chose qu'on n'a jamais vu”. Victoire Laurent, directrice de Météo-France en Polynésie française, n'a pas mâché ses mots mardi matin pour décrire l'épisode El Niño qui s'installe dans le Pacifique. Et le phénomène n'a pas encore atteint son maximum : il devrait “continuer à s'intensifier pour atteindre son pic en novembre-décembre, et perdurer jusqu'en février”. De quoi placer la saison chaude 2026-2027 sous haute surveillance.
Car derrière ces prévisions, il y a un risque cyclonique particulièrement élevé. “Tous les feux sont rouges”, insiste Frédéric Troc, directeur adjoint de Météo-France. Les eaux océaniques, exceptionnellement chaudes, constituent un formidable réservoir d'énergie pour les cyclones. “Le carburant pour les cyclones est bien présent”, souligne-t-il.
Mais la chaleur de l'océan ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il que les conditions atmosphériques s'y prêtent, et c'est précisément sur ce point que subsistent des incertitudes. En clair, les cyclones ont de quoi se nourrir, et pourraient être particulièrement puissants. Reste à savoir si l'atmosphère leur donnera le coup de pouce nécessaire pour se former et, surtout, s'ils prendront la direction de nos îles.
Les Tuamotu et la Société particulièrement exposés
Selon les prévisions présentées mardi, au moins un phénomène tropical nommé pourrait concerner la Polynésie durant la saison chaude. Les zones les plus exposées sont les îles de la Société ainsi que les Tuamotu du nord et du centre. Le risque est jugé plus modéré aux Australes et plus faible dans le sud des Tuamotu. Aux Marquises et aux Gambier, il apparaît moins probable, sans être totalement écarté.
Et même sans cyclone, la saison pourrait laisser des traces. El Niño devrait accentuer les contrastes entre les archipels : davantage de chaleur et d'humidité à la Société et aux Marquises, où des pluies particulièrement abondantes sont également attendues. À l'inverse, les Australes pourraient connaître des conditions plus sèches.
Sans compter les vagues de chaleur marine. Mais pour la protection civile, ce sont surtout les conséquences des pluies intenses qui préoccupent. “On sait qu'il y a un risque élevé et que les dégâts seraient catastrophiques”, prévient Chloé Demeulenaere, directrice de cabinet du haut-commissaire. Inondations, crues, glissements de terrain : le danger ne viendra pas forcément du vent. “On se souvient avec beaucoup d'émotion du drame qui a touché Afahiti en novembre 2025 », rappelle-t-elle, soulignant que “même si on n'a pas de cyclone, on a un risque météorologique important qui arrive”.
Seize ans sans cyclone, et des réflexes oubliés
C'est aussi ce qui préoccupe la protection civile : depuis Oli, en 2010, une génération entière a grandi sans connaître de cyclone en Polynésie. Avec le temps, les réflexes se sont émoussés. “La pire des erreurs, le pire des dangers, c'est de se croire à l'abri”, insiste Chloé Demeulenaere. Un message partagé par Frédéric Troc, qui rappelle que, dans d'autres territoires régulièrement touchés, la préparation fait partie des habitudes. “Nous, on a perdu cette culture, parce que les plus jeunes d'entre nous n'ont jamais vu de cyclone”.
Pour tenter de réveiller cette vigilance, les services de l'État ont renforcé leur dispositif. Depuis août, les tavana sont sensibilisés et formés à la gestion de crise. Leur rôle sera essentiel pour identifier les habitants les plus vulnérables, organiser les secours et accompagner le retour à la normale.
Le haut-commissariat a lui aussi musclé sa préparation. Son poste de commandement peut désormais fonctionner en autonomie pendant sept jours, avec une quarantaine de personnes mobilisables. Un dispositif destiné à tenir même si les communications ou les approvisionnements sont perturbés.
Se préparer avant qu'il ne soit trop tard
Et inutile d'attendre de voir apparaître un cyclone sur les cartes pour agir. Météo-France surveille en permanence le bassin cyclonique et peut généralement identifier plusieurs jours à l'avance la formation d'un phénomène menaçant. Mais ce délai doit servir à appliquer les dernières consignes, pas à découvrir les gestes de préparation.
“On veut vraiment mobiliser la population, parce qu'on sait qu'un épisode météorologique de grande ampleur peut bouleverser le destin d'une île et de ses habitants”, prévient Chloé Demeulenaere.
Personne ne peut encore dire si un cyclone frappera le fenua cette saison. Mais Frédéric Troc préfère prévenir : “Le message, c'est préparons-nous, préparons nos maisons. Protégeons-nous, protégeons nos proches”. Car après seize ans sans cyclone, le pire serait de continuer à croire que ça n'arrive qu'aux autres.
“C’est un phénomène remarquable, quelque chose qu'on n'a jamais vu”. Victoire Laurent, directrice de Météo-France en Polynésie française, n'a pas mâché ses mots mardi matin pour décrire l'épisode El Niño qui s'installe dans le Pacifique. Et le phénomène n'a pas encore atteint son maximum : il devrait “continuer à s'intensifier pour atteindre son pic en novembre-décembre, et perdurer jusqu'en février”. De quoi placer la saison chaude 2026-2027 sous haute surveillance.
Car derrière ces prévisions, il y a un risque cyclonique particulièrement élevé. “Tous les feux sont rouges”, insiste Frédéric Troc, directeur adjoint de Météo-France. Les eaux océaniques, exceptionnellement chaudes, constituent un formidable réservoir d'énergie pour les cyclones. “Le carburant pour les cyclones est bien présent”, souligne-t-il.
Mais la chaleur de l'océan ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il que les conditions atmosphériques s'y prêtent, et c'est précisément sur ce point que subsistent des incertitudes. En clair, les cyclones ont de quoi se nourrir, et pourraient être particulièrement puissants. Reste à savoir si l'atmosphère leur donnera le coup de pouce nécessaire pour se former et, surtout, s'ils prendront la direction de nos îles.
Les Tuamotu et la Société particulièrement exposés
Selon les prévisions présentées mardi, au moins un phénomène tropical nommé pourrait concerner la Polynésie durant la saison chaude. Les zones les plus exposées sont les îles de la Société ainsi que les Tuamotu du nord et du centre. Le risque est jugé plus modéré aux Australes et plus faible dans le sud des Tuamotu. Aux Marquises et aux Gambier, il apparaît moins probable, sans être totalement écarté.
Et même sans cyclone, la saison pourrait laisser des traces. El Niño devrait accentuer les contrastes entre les archipels : davantage de chaleur et d'humidité à la Société et aux Marquises, où des pluies particulièrement abondantes sont également attendues. À l'inverse, les Australes pourraient connaître des conditions plus sèches.
Sans compter les vagues de chaleur marine. Mais pour la protection civile, ce sont surtout les conséquences des pluies intenses qui préoccupent. “On sait qu'il y a un risque élevé et que les dégâts seraient catastrophiques”, prévient Chloé Demeulenaere, directrice de cabinet du haut-commissaire. Inondations, crues, glissements de terrain : le danger ne viendra pas forcément du vent. “On se souvient avec beaucoup d'émotion du drame qui a touché Afahiti en novembre 2025 », rappelle-t-elle, soulignant que “même si on n'a pas de cyclone, on a un risque météorologique important qui arrive”.
Seize ans sans cyclone, et des réflexes oubliés
C'est aussi ce qui préoccupe la protection civile : depuis Oli, en 2010, une génération entière a grandi sans connaître de cyclone en Polynésie. Avec le temps, les réflexes se sont émoussés. “La pire des erreurs, le pire des dangers, c'est de se croire à l'abri”, insiste Chloé Demeulenaere. Un message partagé par Frédéric Troc, qui rappelle que, dans d'autres territoires régulièrement touchés, la préparation fait partie des habitudes. “Nous, on a perdu cette culture, parce que les plus jeunes d'entre nous n'ont jamais vu de cyclone”.
Pour tenter de réveiller cette vigilance, les services de l'État ont renforcé leur dispositif. Depuis août, les tavana sont sensibilisés et formés à la gestion de crise. Leur rôle sera essentiel pour identifier les habitants les plus vulnérables, organiser les secours et accompagner le retour à la normale.
Le haut-commissariat a lui aussi musclé sa préparation. Son poste de commandement peut désormais fonctionner en autonomie pendant sept jours, avec une quarantaine de personnes mobilisables. Un dispositif destiné à tenir même si les communications ou les approvisionnements sont perturbés.
Se préparer avant qu'il ne soit trop tard
Et inutile d'attendre de voir apparaître un cyclone sur les cartes pour agir. Météo-France surveille en permanence le bassin cyclonique et peut généralement identifier plusieurs jours à l'avance la formation d'un phénomène menaçant. Mais ce délai doit servir à appliquer les dernières consignes, pas à découvrir les gestes de préparation.
“On veut vraiment mobiliser la population, parce qu'on sait qu'un épisode météorologique de grande ampleur peut bouleverser le destin d'une île et de ses habitants”, prévient Chloé Demeulenaere.
Personne ne peut encore dire si un cyclone frappera le fenua cette saison. Mais Frédéric Troc préfère prévenir : “Le message, c'est préparons-nous, préparons nos maisons. Protégeons-nous, protégeons nos proches”. Car après seize ans sans cyclone, le pire serait de continuer à croire que ça n'arrive qu'aux autres.
Cyclone, que faire avant, pendant et après ?
Avant la saison. Vérifier l'état de sa toiture, nettoyer les gouttières, élaguer les arbres menaçants et mettre à l'abri les objets susceptibles de s'envoler. Prévoir également des réserves d'eau potable, des aliments non périssables, une trousse de premiers secours, des médicaments, une lampe et une radio à piles. Les documents importants doivent être protégés de l'eau.
Quand une alerte est annoncée. Suivre les consignes officielles et anticiper les déplacements nécessaires. Les niveaux d'alerte cyclonique permettent d'adapter progressivement les mesures de protection, jusqu'au confinement lorsque le danger devient imminent. Il ne faut pas attendre le dernier moment pour sécuriser son habitation.
Pendant le phénomène. Rester à l'abri, loin des fenêtres, et ne pas sortir, même en cas d'accalmie : le passage de l'œil d'un cyclone peut donner une impression trompeuse de sécurité. Ne jamais tenter de traverser une route inondée ou un cours d'eau en crue.
Après le passage. Attendre les consignes des autorités avant de sortir ou de reprendre la route. Se méfier des câbles électriques tombés, des arbres fragilisés et des zones inondées.
Comment être informé ? Les autorités pourront diffuser des alertes par SMS. En cas de confinement, la radio restera le moyen privilégié pour recevoir les messages officiels. Les habitants sont également invités à consulter les bulletins de Météo-France et les communications du haut-commissariat.
Quand une alerte est annoncée. Suivre les consignes officielles et anticiper les déplacements nécessaires. Les niveaux d'alerte cyclonique permettent d'adapter progressivement les mesures de protection, jusqu'au confinement lorsque le danger devient imminent. Il ne faut pas attendre le dernier moment pour sécuriser son habitation.
Pendant le phénomène. Rester à l'abri, loin des fenêtres, et ne pas sortir, même en cas d'accalmie : le passage de l'œil d'un cyclone peut donner une impression trompeuse de sécurité. Ne jamais tenter de traverser une route inondée ou un cours d'eau en crue.
Après le passage. Attendre les consignes des autorités avant de sortir ou de reprendre la route. Se méfier des câbles électriques tombés, des arbres fragilisés et des zones inondées.
Comment être informé ? Les autorités pourront diffuser des alertes par SMS. En cas de confinement, la radio restera le moyen privilégié pour recevoir les messages officiels. Les habitants sont également invités à consulter les bulletins de Météo-France et les communications du haut-commissariat.

































