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El Niño et La Niña, ces courants qui soufflent le chaud et le froid


El Niño et La Niña, ces courants qui soufflent le chaud et le froid
Paris, France | AFP | vendredi 07/01/2021 - El Niño et son pendant La Niña sont des phénomènes climatiques récurrents ayant de multiples impacts sur la météo à travers le monde et dont l'ampleur est si importante qu'ils peuvent respectivement augmenter ou réduire la température mondiale.

Les deux phénomènes naturels sont liés aux fluctuations de la température dans le centre et l'est de l'océan Pacifique au niveau de l'Equateur, couplées à des modifications dans l'atmosphère, explique l'Organisation météo mondiale (OMM).

Le nom El Niño, qui peut faire référence en espagnol à l'enfant Jésus, a été d'abord utilisé au XIXe siècle par des pêcheurs péruviens et équatoriens pour qualifier l'arrivée inhabituelle sur leur côte d'un courant océanique chaud juste avant Noël. Il a ensuite été étendu pour décrire le phénomène de réchauffement des eaux de surface près des côtes d'Amérique du Sud.

A l'inverse, La Niña fait référence à un refroidissement accentué de la surface de l'océan dans cette même région.

Les deux phénomènes qui peuvent durer 9 à 12 mois, se produisent de façon irrégulière, tous les 2 à 7 ans, avec des périodes "neutres" pendant lesquelles où ni l'un ni l'autre ne sont présents. Ils ne succèdent pas nécessairement l'un à l'autre: deux épisodes de l'un ou l'autre peuvent se succéder.

De part leur ampleur, les deux phénomènes perturbent les cycles de précipitations tropicales et la circulation atmosphérique.

Ainsi, en général, un épisode El Niño entraîne moins de pluies que la normale en Australie orientale, en Indonésie, aux Philippines, en Inde, en Afrique australe, ou dans le nord du Brésil, mais plus de précipitations potentiellement problématiques sur l'ouest de l'Amérique du Sud, l'Afrique de l'Est équatoriale ou le sud des Etats-Unis.

Dans de nombreuses régions, La Niña provoque les impacts opposés.

Les deux phénomènes, dont l'intensité varie, peuvent également provoquer une modification substantielle de la température mondiale, à la hausse pour El Niño, à la baisse pour La Niña. 

Ainsi, l'épisode El Niño particulièrement intense de 2015-2016 a influencé la température de l'année 2016, la plus chaude jamais enregistrée, désormais à égalité avec 2020. Sans lui, 2020 pourrait ainsi avoir été toute seule sur la plus haute marche du podium, les experts estimant que la température de 2016 aurait pu gagner entre 0,1 et 0,2°C en raison de cet épisode.

D'autant plus que l'année 2020 a vu, à la fin de l'été, le début d'un épisode La Niña.

Il n'y a pas, à ce stade, de consensus scientifique concernant l'influence du changement climatique sur la fréquence des deux phénomènes.

En revanche, "il est probable que cela augmente leurs impacts, en particulier ceux d'El Niño, en terme de chaleur plus intense et de plus de précipitations", selon l'OMM. Une perspective plutôt inquiétante vu l'ampleur de ces impacts au niveau mondial.

Le système de prévisions de l'arrivée d'un épisode, désormais possible plusieurs mois à l'avance, pourrait toutefois permettre d'anticiper les risques en terme d'impacts sur l'agriculture ou la gestion de l'eau.

A l'inverse, sur une planète qui se réchauffe, "même l'effet de refroidissement relatif de La Niña ne sera probablement plus suffisante pour contenir le risque d'augmentation des températures liée aux gaz à effet de serre dans l'atmosphère", estime également l'OMM.

le Vendredi 8 Janvier 2021 à 05:02 | Lu 881 fois