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Ecoles fermées : les 12 propositions du collectif "parents - profs"



Tahiti, 20 août 2020 - Port de la visière en maternelle, classe en demi-groupe, plateforme numérique et modification du calendrier scolaire : fatigués d'attendre des réponses, le collectif Parents – Personnel composé de toutes les centrales syndicales de l'éducation, propose 12 pistes au Pays pour "briser la chaîne de transmission" au sein des écoles.
 
D'abord un, puis deux, puis quatre jours. La lenteur des diagnostics de l'ILM et l'allongement des délais d'attente font craindre aux syndicats de l'éducation une diffusion à bas bruit du Covid-19. "La fermeture de quelques établissements scolaires (…) au lendemain de la rentrée, a suscité de vives inquiétudes" écrit le collectif "Parents et personnels de l'éducation" dans un courrier au Vice-recteur, ainsi qu'aux ministres de l'Éducation et de la Santé. Pour "briser la chaîne de transmission" du Covid au sein des écoles, le collectif (Fapeep, Snetaa FO, Unsa, FSU, fédération des parents d'élèves adventistes et fédérations des parents d'élèves protestants) liste douze propositions.

"Pas de fermeture généralisée", démarre le texte, "mais sectorisée" "en cas de contamination amplifiée" avec une "réorganisation" du suivi pédagogique. "Il faut que les parents inquiets puissent avoir le choix de ne pas emmener leurs enfants" commente Tepuanui Snow,  président de la Fédération des parents d'élèves du public.

La distanciation physique et les classes en demi-groupe reviennent encore sur le tapis, "surtout dans le primaire, où le port du masque n'est pas obligatoire". Au quatrième point, la "modification du calendrier scolaire" entend soulager l'ILM avec quinze jours de répit. Il s'agit d'échanger les deux semaines de vacances prévues fin octobre - début novembre, avec celle du 14 au 20 septembre. "Si les enfants restent chez eux, le bureau de veille sanitaire peut mener plus sereinement ces enquêtes" commente  John Mau, du SNUiPP FSU.

"Des réponses graduées qu'on ne comprend pas"

Les syndicats évoquent également la mise en place d'une plateforme numérique "opérationnelle au plus tard à la rentrée d'octobre," la diffusion de vadémécums, ou le port de la visière pour les maternelles à la place du masque. À ce stade, ils n'écartent même plus le port du masque dans le premier degré. Si il n'est pas obligatoire en primaire, "il n'est pas non plus interdit" a laissé entendre la DGEE lors d'une réunion organisée mercredi par la ministre de l'Éducation.

De cette rencontre, les centrales syndicales retiennent que ce sont finalement les acteurs de la santé qui ont le dernier mot, reprochant à la ministre de l'Éducation de "botter en touche". "On ne nous donne pas de réponses satisfaisantes, au final la ministre attend les consignes du bureau de veille sanitaire" observe John Mau. La prochaine rencontre ne se fera donc pas sans le ministère de la Santé, "puisque c'est eux qui décident". "Il prend des décisions qui sont peut-être cohérentes, mais il faut qu'il nous les explique" poursuit le syndicaliste. "Il y a des réponses graduées qu'on ne comprend pas, comme celui de fermer une classe alors qu'un cas Covid, confirmé ou suspect, s'est baladé dans tout l'établissement" renchérit Tepuanui Snow.  

Des brèches dans le protocole sanitaire ?

Les "consignes contradictoires" entre le bureau de veille sanitaire d'un côté, et les directions des établissements de l'autre ajoutent à la "confusion" ambiante. "L'autre jour on m'a appelé pour me dire qu'un cas suspect dans une école avait fait la bise à tout le monde : qu'est-ce qu'on fait ? On ferme la classe ? L'école ? A qui faut-il s'adresser ?" interroge John Mau. Des questions-pièges de ce type, les centrales syndicales en recensent tous les jours depuis le début de la rentrée. "Souvent les situations qu'on rencontrent ne trouvent pas de réponses" reprend le syndicaliste.

À l'épreuve du terrain en niveau d'alerte 1, le protocole sanitaire laisse ainsi apparaître quelques brèches. Pour les acteurs de l'éducation, il manque surtout de "précisions" et de "lisibilité". "On a compris qu'il y avait trois couleurs, mais les mesures ne sont pas assez détaillées. Quelles sont les comportements à adopter ? Au final chacun fait un peu comme il veut, il manque un cadre" reconnaît Thierry Barrère, de l'Unsa éducation. "On nous dit que la gestion se fait au cas par cas d'accord, mais concrètement comment ça se décline ? interroge Tepuanui Snow. Les parents justement commencent à extrapoler."
 

"Il n’y a pas d’absentéisme massif"

Loin du discours tourmenté des centrales syndicales, Édouard Fritch salue la "grande sagesse et la grande maturité" des familles. Un "thermomètre social" qu'il mesure à grand renfort de taux de présence : 81,2 % des élèves et 92,7 % des enseignants du primaire et du secondaire publiques, 79% pour l’enseignement catholique, et 70 % à l’IIME. "Ces indicateurs sont un bon thermomètre social car toutes les familles de Polynésie ont des enfants scolarisés" félicite le président.

Des chiffres qui confortent également la réponse de Christelle Lehartel à Richard Tuheiava sur la question de la fermeture générale des établissements. "Aujourd’hui, plus de 95% des structures scolaires sont en situation verte et les élèves suivent leur scolarité" assène la ministre, "93% des personnels sont présents (…) Décider de reporter la rentrée scolaire partout et pour tout le monde aurait été une catastrophe pédagogique, éducative et sociale." La responsable politique revient encore sur la décision de fermeture générale prise en avril dernier "parce qu’elle était nécessaire, parce que le confinement était général, parce que nous savions que c’était la seule solution pour endiguer la pandémie."

Christelle Lehartel reconnaît cependant que la fermeture de 4 écoles et de plusieurs classes dans les 1er et 2nd degrés affecte environ 1 250 élèves de l’enseignement public cette semaine. "C’est déjà trop, mais c’est aussi la possibilité pour près des 50 000 autres d’être scolarisés. Notez que les deux écoles fermées lors de la semaine de rentrée ont rouvert au bout d’une semaine ce lundi." Elle rappelle pour finir que si les effectifs sont moins élevés que d'ordinaire, "il n’y a pas d’absentéisme massif, il y a même un retour de plus de 2 800 élèves entre lundi et mercredi dans les établissements scolaires."

Rédigé par Esther Cunéo le Jeudi 20 Août 2020 à 19:57 | Lu 10083 fois






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