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Ebola: des vaccins et traitements expérimentaux en phase d'essai



PARIS, 2 octobre 2014 (AFP) - Plusieurs médicaments antiviraux et deux candidats vaccins prometteurs sont sur les rangs pour tenter de répondre à l'épidémie d'Ebola sans précédent qui frappe l'Afrique de l'Ouest, avec des tests qui s'accélèrent chez l'homme.

DEUX VACCINS "PROMETTEURS"

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié deux candidats vaccins "prometteurs":

- Le vaccin (cAd3-ZEBOV), développé par la firme britannique GSK (GlaxoSmithKline) : il utilise comme vecteur un adénovirus de chimpanzé dans lequel a été inséré un gène du virus Ebola.

Les premiers tests sur l'humain ont débuté le mois dernier aux Etats-Unis (sur 20 adultes sains) et au Royaume-Uni (60 volontaires sains). Ils consistent à étudier l'innocuité du vaccin. Des phases expérimentales sont également prévues au Mali et en Gambie (40 volontaires par pays), selon l'association britannique caritative Wellcome Trust.

Selon l'OMS, GSK devrait avoir 10.000 doses de ce vaccin disponibles début 2015.

- Le vaccin (rVSV-ZEBOV), développé par l'agence de santé publique du Canada à Winnipeg, dont la licence de commercialisation est détenue par la société américaine NewLink Genetics. Un essai clinique de phase 1 (portant sur des volontaires sains) doit débuter en octobre aux Etats-Unis, selon l'OMS.

Le gouvernement canadien a déjà fait don à l'OMS de 800 doses et pourrait porter ce nombre à 1.500 voire 2.000 doses après les premiers tests sur les dosages.

L'OMS espère que les premiers résultats des essais sur ces deux vaccins seront disponibles en novembre-décembre et que des essais de phase 2 (permettant d'évaluer l'efficacité du vaccin) débuteront dans les pays touchés dès janvier-février.

TRAITEMENTS EXPERIMENTAUX

Début septembre, l'OMS a proposé que huit traitements expérimentaux soient développés au plus vite. Les trois les plus cités sont:

- Le ZMapp: il s'agit d'un cocktail de trois anticorps "monoclonaux", développé par Mapp Bio (Biopharmaceutical) et sa filiale LeafBio, toutes deux basées à San Diego (Californie), de Defyrus Inc., un laboratoire canadien de Toronto, ainsi que des gouvernements américain et canadien.

Il n'a pas fait l'objet d'essais cliniques mais a été administré à titre compassionnel à plusieurs personnes infectées par le virus Ebola. Selon le fabricant, l'approvisionnement très limité pour ce médicament expérimental est désormais épuisé mais "quelques centaines de doses" devraient être disponibles d'ici la fin de l'année.

- L'Avigan (le favipiravir ou "T-705"), antiviral homologué pour la grippe, de Toyama Chemical (filiale du groupe FujiFilm) pourrait également être efficace contre Ebola. Un essai pour évaluer son efficacité, géré par la France, sur des malades d'Ebola doit démarrer en novembre en Guinée.

C'est le seul traitement potentiel en mesure d'être rapidement produit et pour lequel le groupe assure disposer de "réserves suffisantes pour plus de 20.000 personnes".

Autre avantage: il s'agit de comprimés plus faciles à utiliser dans des zones aux infrastructures médicales limitées.

- Le TKM-Ebola de la société canadienne Tekmira, est un traitement expérimental qui a fait l'objet pour son développement d'un contrat de 140 millions de dollars du département américain de la Défense. 900 traitements pourraient être produits d'ici début 2015, d'après un document de l'OMS.

D'autres traitements expérimentaux existent, comme l'AVI-7537 de Sarepta Therapeutics, développé par contrat avec le Pentagone en 2010 et qui s'est montré efficace sur des singes présentant des symptômes d'Ebola (taux de guérison de 60 à 80%), selon la firme américaine. Le produit a été bien toléré lors d'un essai clinique de phase 1 sur un petit nombre d'humains non infectés, première étape du processus de test avant commercialisation. Une centaine de traitements pourraient être produit d'ici début 2015, selon un document de l'OMS.

Une molécule (BCX4430) susceptible d'agir sur un large éventail de virus est également évoquée.

L'OMS a par ailleurs autorisé en septembre l'utilisation de thérapies à base de sang, comme les sérums de convalescents, dans les pays affectés. "La transfusion de sang a démarré, à petite échelle", a récemment indiqué Marie-Paule Kieny, sous-directeur général de l'OMS, précisant le nombre de transfusions pratiquées sur des malades d'Ebola devrait augmenter "au début de l'année prochaine".

Rédigé par () le Jeudi 2 Octobre 2014 à 05:58 | Lu 505 fois




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