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Dissensions autour du nickel, coeur des enjeux de Nouvelle-Calédonie



Nouméa, France | AFP | jeudi 13/11/2014 -Les dirigeants calédoniens ne parviennent pas à s'entendre sur une stratégie minière concertée pour la première richesse de l'archipel, le nickel, à nouveau au coeur des enjeux politiques et économiques de ce territoire où se rend lundi François Hollande.

Le 17 novembre, à l'occasion d'un bref séjour sur le Caillou, le chef de l'Etat visitera l'usine métallurgique Koniambo, dans la province nord, détenue à hauteur de 51% par la SMSP, société minière de la collectivité provinciale, et à 49% par le Suisse Glencore, géant du négoce et des matières premières.

En phase de montée en production, cette unité de taille mondiale, considérée comme une pièce maîtresse du rééquilibrage et de la paix sociale, a nécessité plus de 7 milliards de dollars d’investissements et a généré localement d’importantes retombées économiques.

La Nouvelle-Calédonie, qui possède un quart des ressources mondiales de nickel, abrite deux autres unités de traitement: l’usine Doniambo de la Société Le Nickel, filiale du groupe français Eramet dans lequel l’Etat détient 26% par le biais de BPIFrance et l'usine du Grand sud, propriété à 85% du brésilien Vale.

Elément central du processus de décolonisation instauré par l'accord de Nouméa en 1998, la gestion du nickel est l’objet de vifs débats entre indépendantistes, partisans d’une maîtrise publique de cette richesse, et non-indépendantistes à la vision plus libérale.

Lors de son congrès le week-end dernier, l’Union calédonienne (UC, indépendantiste), a adopté une motion demandant l’arrêt total des exportations de minerais bruts non-générateurs de plus-values pour le pays.


- sécuriser ou nationaliser -

André Dang, le patron de la SMSP (Société minière du sud Pacifique) nommé en octobre à la tête de la STCPI, l’entité qui porte les 34% détenus par les trois provinces calédoniennes dans la SLN, prône une prise de participation majoritaire de la Nouvelle-Calédonie dans le capital de la SLN, sixième producteur mondial et détenteur de plus de la moitié du domaine minier.

"Il faut sécuriser notre ressource minière. Or, Eramet, cotée en bourse, peut être la cible d'une OPA", explique-t-il.

Conformément à un accord signé en 1999, les provinces possèdent en effet 4% d'Eramet, dont la contre-valeur en actions SLN permettrait d'atteindre 50,1% de son capital. Cette conversion est cependant strictement conditionnée, et Eramet y est vigoureusement opposé.

L'UMP locale et d'autres petites formations de droite sont vent debout contre "la nationalisation" du nickel, qui mettrait en péril les finances publiques.

"Nous avons de profondes divergences. M. Dang et ses alliés ont une vision collectiviste et marxiste, alors que nous avons une vision plus libérale", affirme Grégoire Bernut, secrétaire général du Rassemblement-UMP.

Ces partis non-indépendantistes craignent que le FLNKS "exige de la France la majorité dans la SLN pour mettre la main sur ses sites miniers, en vue d'alimenter ses usines asiatiques".

La SMSP détient en effet une participation majoritaire dans une usine construite en partenariat avec l’aciériste sud-coréen Posco et elle est en discussion avec le Chinois Jinchuan pour la construction d’une autre unité dans le sud de la Chine.

De son côté, le député UDI Philippe Gomes s’est à diverses reprises dit favorable "à la maîtrise d'une ressource stratégique". Sa désignation à la présidence déléguée de la STCPI a ravivé les antagonismes et les craintes.

Les discussions menées depuis octobre 2010, sous la houlette d’Anne Dutilheul, chargée par l’Etat d'élaborer avec les dirigeants calédoniens un Schéma stratégique industriel, n’ont toujours pas abouti, faute de convergence de vue entre les élus locaux.

"De ce fait, le pouvoir politique calédonien se retrouve impuissant face aux stratégies des multinationales. Nous vivons avec le nickel une situation post-coloniale", regrette un observateur.

Rédigé par () le Mercredi 12 Novembre 2014 à 23:49 | Lu 894 fois





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