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Dialogue de sourd entre les syndicats et les autorités



Tahiti, le 12 août 2020 - Aucune des propositions listées par les partenaires sociaux n'a été retenue par l'Etat et le Pays. Si le président du fenua dit les avoir entendues, il assure ne pas pouvoir les appliquer. La rentrée ne sera pas reportée, le masque ne sera pas obligatoire partout, et il n'y aura pas de quatorzaine pour les nouveaux arrivants. 

Tension palpable à la table des discussions hier soir entre les partenaires sociaux et les autorités. La rencontre qui devait permettre d'étudier les propositions de la délégation syndicale (CSTP-FO, Snetaa-Fo, CSIP, O oe to oe rima, Otahi, syndicat de la Fonction publique territoriale, fédération de la Manutention Portuaire, syndicat des restaurants, CPME-PF) a tourné au vinaigre. Fermement décidés à imputer à l'État et au Pays le rebond épidémique de Covid-19 au fenua, les syndicats sont finalement sortis visiblement dépités.

Premier à claquer la porte, Cyril Le Gayic responsable CSIP qui n'a pas supporté de se faire "assommer" par les "belles paroles"des hauts responsables. "On a été les voir pour des points bien précis et là, on est en train de tourner en rond", s'impatiente le syndicaliste, fustigeant une "perte de temps" et la désagréable impression de passer pour "des couilles molles". D'autant qu'aucun des points n'a visiblement été reçu. Baisser le prix du masque ? "Ils disent qu'il est déjà très bas" relate Cyril. "Ils estiment que tout ce qu'ils ont fait, c'est super."  

Reporter la rentrée ? "C'est non. Je ne veux pas puisque 80% des enfants étaient présents et 80% des parents étaient d'accord", répond Édouard Fritch, président du Pays. Le port obligatoire du masque ? "Je ne peux pas obliger un gamin de trois ans à porter un masque, c'est criminel d'obliger tout le monde à porter le masque partout." La quatorzaine ? "Vous devez partir en France pour travailler, vous devez rester 14 jours à l'hôtel. Vous revenez et vous refaites la même chose à Tahiti. Qui est pour ? Là, y’a plus personne. Il faut être raisonnable, la durée de séjour des touristes varie entre 7 et 10 jours, vous allez leur coller une quatorzaine ? Il faut être sérieux, nos avions et nos hôtels se remplissent difficilement."

Rupture de confiance

Si le gouvernement estime avoir répondu aux interrogations des syndicats, ces derniers considèrent qu'il n'y a pas eu d'échange. "Le gouvernement reste sur ses positions, qu'est-ce que vous voulez faire, ils ne communiquent pas…", lâche le président de la CPME, Christophe Plée, avec amertume. La rupture de confiance semble belle et bien consommée, alors que les syndicats soupçonnent le Pays de minimiser le nombre de cas, ou tout du moins, de lisser les chiffres dans le temps. Ils sont ainsi nombreux à évoquer plus de 100 cas actuellement en Polynésie. "C'est qu'ils font de la politique ces gens-là, rétorque le président. Nous sommes transparents depuis le début, on communique les chiffres tous les jours, y a que les politiques qui peuvent se traiter de menteurs."

Les partenaires sociaux refusent surtout d'être tenus pour responsables de la situation actuelle. "On a l'impression que c'est de notre faute alors que le virus vient de l'extérieur" renchérit Jaros Otcenasek, du syndicat des pêcheurs professionnels de Polynésie. Il a lui aussi fini par s'éclipser avant la fin de la rencontre. "C'est un dialogue de sourds. On veut noyer le poisson, (…) nous accuser à tort et à travers."  

"Les grands patrons ont forcé le Pays à rouvrir les frontières"

Au banc des accusés, le syndicat des restaurants, bars et snacks, le rejoint sur ce point. "On n'a pas insisté sur le fait qu'il s'agissait de cas isolés [les clusters à Papeete]. C'est déplacé de stigmatiser toute une profession qui a beaucoup souffert et dont la grande majorité respecte les consignes" déplore Maxime Antoine Michard, président de ce syndicat professionnel. "On rejette la responsabilité sur les restaurateurs mais ce n'est pas de leur faute si le Covid est entré. Les grands patrons ont forcé le Pays à rouvrir les frontières" renchérit Patrick Galenon, président du CA de la CPS. "Faire débarquer des milliers de fonctionnaires d'un seul coup, ce n'était pas sérieux, on aurait pu le faire progressivement, par tranche de 300 personnes" commente l'administrateur. Et prendre le risque de compromettre la rentrée ? "Les écoles ont déjà commencé à fermer. Demain il y en a d'autres qui vont s'ajouter" s'exclame l'administrateur. 

Les propositions pourtant, le Pays assure les avoir entendues. Mais il rappelle aussi que c'est lui qui dirige le Pays. "Ils sont venus nous voir parce qu'ils avaient des propositions. J'ai répondu à leur questions, mais on peut ne pas être d'accord avec eux."

Rédigé par Esther Cunéo le Jeudi 13 Août 2020 à 07:43 | Lu 2873 fois





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