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Des vahine et des talents à Tarahoi


Des vahine et des talents à Tarahoi
TAHITI, le 19 mai 2022 - L’Uffo-Polynésie organise ce vendredi pour la 7e fois l’événement intitulé Vahine tu as des talents dans les jardins de Tarahoi. L’objectif ? Promouvoir l’autonomisation des femmes polynésiennes en les encourageant dans leurs initiatives économiques, sources d’indépendance financière et de réalisations personnelles.

L’événement est imaginé pour servir de tremplin aux femmes qui lancent leur activité. Cette année elles sont une cinquantaine réparties sur 45 stands à participer à la 7e édition de la journée Vahine tu as des talents, organisée à Papeete par l’Union des femmes francophones d’Océanie (Uffo-Polynésie) dans les jardins de Tarahoi, de 8 heures à 16 heures ce vendredi. Elles mettront à la vente des produits et services divers : bouquets, produits cosmétiques, peintures, produits agricoles, massages… L’accent est mis cette année sur le savoir-faire paumotu en matière d’artisanat et de cuisine.

Certaines artisanes sont des habituées des salons, d’autres vivront leur première expérience. Cette répartition se fait "dans un souci de mixité sociale", précise Armelle Merceron, la trésorière de l’association Uffo-Polynésie.

Empêchées pendant deux ans par le Covid, les activistes de l’Uffo-Polynésie n’ont pas mis un terme à leur initiative. Au contraire, l’enjeu reste inchangé, comme l’explique Armelle Merceron : "Nous cherchons à encourager, nous voulons montrer aux femmes que c’est possible, malgré les difficultés, qu’il faut s’accrocher et qu’elles peuvent toutes passer à la marche supérieure quel que soit leur niveau d’avancement."

Passer à la marche supérieure

Pour répondre à cet objectif d’encouragement, un des événements phares de la journée sera la remise des prix aux Poerava. Un comité interne à l’Uffo-Polynésie a en effet recensé en toute discrétion des candidates potentielles puis sélectionné huit d’entre elles pour recevoir cette distinction. Huit en référence à la date de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Les choix opérés pour cette sélection de Poerava visent, autant que possible, à présenter des femmes d’âges variés évoluant dans des domaines différents. L’idée est de refléter une diversité de parcours et mettre de la lumière sur des femmes qui se distinguent par leur engagement dans la société civile ou leurs actions. Cette année, il s’agit de : Michèle de Chazeaux (éducation, culture et patrimoine), Yvonne Katupa (culture et sauvegarde du patrimoine marquisien), Romanella Constant-Ehu (agricultrice), Yvette Lichtle (directrice d’école), Tvaite (artiste peintre), Marie-Noëlle Epetahui (engagée dans la protection des femmes victimes de violence), Monique Richeton (femme engagée dans son île de Rikitea) et Wilma Cibard-Tehihira (psychologue clinicienne). La distinction qui leur sera remise est faite de bois gravé, nacre et perles. Une réalisation de l’Atelier Prokop.

Interrogée sur l’impact des Poerava, Armelle Merceron reconnaît que le prix n’apporte pas de grands changements dans la vie des récipiendaires, mais il est à coup sûr "une reconnaissance qui fait du bien". Il apporte un bien-être intérieur à celles qui le reçoivent et de l’espoir à toutes celles qui les entourent. "Si d’autres réussissent, pourquoi pas moi ?" peuvent se dire les spectatrices.


Pratique

De 8 heures à 16 heures dans les jardins de l’Assemblée de la Polynésie française. Entrée libre.
Les distinctions dites "Poerava" seront remises à partir de 8 heures à huit femmes. La cérémonie sera suivie d’un chant a cappella interprété par Peterson Cowan, professeur au conservatoire en l’hommage aux femmes océaniennes.
L’école de musique Ninirei assurera l’animation toute la journée avec, entre 12 et 13 heures, une session "bringue".

Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 19 Mai 2022 à 19:38 | Lu 960 fois