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Des "ina’a" roses et mauves à Makemo



Des "ina’a" roses et mauves à Makemo
MAKEMO, le 08/12/2017 - Ces petits alevins dont les Polynésiens raffolent étaient au rendez-vous jeudi à Makemo. Mais la spécificité de cet atoll des Tuamotu, est que leurs "ina’a" sont roses voire mauves, et les habitants les pêchent non pas dans la rivière, mais dans la mer.

Ils étaient présents durant quatre jours, cette semaine, à Makemo. Ces petits alevins dont tous les Polynésiens raffolent, ont fait le bonheur des habitants de l’atoll.

Mais la particularité des "ina’a" de Makemo, est qu’ils sont roses voire mauves, et on les pêche non pas dans la rivière, comme à Tahiti, mais dans la mer. "Nos "ina’a" sont propres aussi. J’ai vu ceux de Tahiti, il y a du sable dedans, pas chez nous. Nos "ina’a" sont roses", raconte Michel, un pêcheur de 50 ans.

Aujourd’hui, le quinquagénaire a arrêté la pêche "parce que je me suis fait opérer du pied, et je ne peux plus aller dans la mer. Ça me fait drôle, surtout quand je vois les gens dans la mer, ça me donne envie de mouiller mon pied."

Pour lui, la mer est le principal garde à manger des habitants de l’atoll. "On utilise des moustiquaires pour faire nos épuisettes, ensuite, nous allons à la digue au Nord pour ramasser les "ina’a". Et pour savoir qu’il y en a, on regarde s’il y a les poissons, et c’est à ce moment-là que les habitants se rendent sur le récif." Un passe-temps pour l’ensemble des habitants. "Tout le monde pêche le "ina’a", même les enfants, c’est un jeu pour eux."

Michel, plus connu sous le nom de papa’u, regarde avec tristesse l’évolution de la pêche aux "ina’a". "À l’époque, les « ina’a » étaient là au mois de mars, mai et novembre, trois fois par an. Mais aujourd’hui, c’est une fois par an. C’est dû au changement climatique, et à la surpêche également."

Une surpêche qui est destinée à la vente. Et sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes en vendent. "On ne vend pas les "ina’a" ici, on distribue pour la famille et pour celles et ceux qui n’en ont pas", explique Michel. "À l’époque, quand il y avait les "ina’a", les gens se tenaient au courant. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi. Premier arrivé, premier servi. Ce n’est pas juste, le fait d’aller vendre nos "ina’a" à Tahiti, parce que c’est le Bon Dieu qui nous a donné cette ressource pour nous nourrir. Il ne faut pas comparer Tahiti à Makemo. Ils vont détruire la ressource s’ils continuent ainsi", conclut-il.


Contrairement à Tahiti, les "ina'a" de Makemo se pêchent dans la mer. Ici, les jeunes de l'atoll s'en donnent à coeur joie.
Contrairement à Tahiti, les "ina'a" de Makemo se pêchent dans la mer. Ici, les jeunes de l'atoll s'en donnent à coeur joie.

"On ne vend pas les "ina’a" ici, on distribue pour la famille et pour celles et ceux qui n’en ont pas", explique Michel, un pêcheur de 50 ans.
"On ne vend pas les "ina’a" ici, on distribue pour la famille et pour celles et ceux qui n’en ont pas", explique Michel, un pêcheur de 50 ans.

Rédigé par Corinne Tehetia le Vendredi 8 Décembre 2017 à 14:51 | Lu 4084 fois

Tags : MAKEMO





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