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Des drones marins made in fenua



Tahiti, le 14 septembre 2021 – Cinq solutions polynésiennes figurent parmi les seize projets sélectionnés pour la finale du concours Tech4Islands 2021. C'est le cas de la startup Moana, qui projette de créer tout un secteur autour des drones marins au fenua. Dotés de systèmes embarqués, ces drones pourraient notamment prévenir des cyclones, recenser les ressources marines, ramasser des déchets ou encore apporter un soutien lors d'un incident en mer.

Nera est un prototype, un drone marin construit dans le but de valider toute une série de concepts imaginés par la startup Moana. Après un an de développement, sa première grande traversée inter-îles est prévue pour le 27 septembre prochain entre la pointe Vénus et Moorea. Le drone, équipé d'un système de navigation autonome et d'un dispositif de triple communication qui permet le contrôle à distance. “Lorsque l'on travaille à proximité du drone, on utilise le wifi. Lorsqu'il se trouve dans le lagon ou en sortie de passe, on travaille en 4G. Et lorsqu'il va s'éloigner, on va passer sur des liaisons haute fréquence (HF)”, explique Raitini Rey, pilote de ligne chez Air Tahiti et porteur de projet de Moana. L'homme de 39 ans est également le gérant de la société de drone Matarai fondée en 2012.
 
Validation des systèmes embarqués
 
Pour contrôler Nera lors de sa traversée, Moana a implanté des stations de liaison HF au sol. Une sur Tahiti, l'autre sur Moorea. “Ces stations nous permettent d'avoir un lien télémétrique avec le drone. On peut le contrôler et il peut nous envoyer de l'information en instantané comme son positionnement, sa vitesse”, précise Raitini Rey. L'autonomie, la navigabilité, le transfert de liaison d'une station à une autre… ce sont tous ces paramètres que Nera va devoir valider au gré des différentes navigations “test” qui l'attendent. Propulsé à l'aide d'un bimoteur électrique et dirigeable via un gouvernail, le prototype est élancé. “C'est un drone d'endurance. Si les systèmes embarqués seront similaires, les formes et les fonctionnalités des drones Moana seront adaptées à chaque besoin”, ajoute le porteur de projet. “Tout repose sur ces systèmes embarqués. Dès qu'on les aura finalisés et validés, tout sera alors possible”, et Moana pourra alors amorcer son développement.

Le drone est équipé de nombreux systèmes embarqués.
Le drone est équipé de nombreux systèmes embarqués.
Un potentiel infini
 
Raitini Rey affirme que le potentiel des drones marins est “quasi infini” et que ces derniers pourraient répondre à une multitude de besoins. “Il y a le transport de fret, mais il y a également la collecte de données. Le plus bel exemple, c'est la transmission de la température de l'eau via des capteurs. Cette température, c'est l'un des paramètres clés pour prévenir des trajectoires cycloniques. Les drones présents sur notre espace maritime pourraient impacter les modèles mathématiques de prédiction des cyclones”.

Le drone marin pourrait également se transformer en ramasseur de déchets. “Le drone mémorise l'emplacement où il a ramassé le plus de déchets, il le combine à la cartographie météorologique du moment et, en fonction des saisons, des vents ou des marées, de l'environnement météorologique, il pourra estimer où seront accumulés les déchets. La force du drone, c'est l'utilisation de la data pour améliorer son rendement. Il y a de beaux concepts à mettre en place”, assure Raitini Rey.

Les drones construits par Moana pourront aussi, via un microphone, capter le passage des baleines. Ces informations collectées permettront sur le long terme d'aider à déterminer la trajectoire des cétacés et à évaluer les populations. Aussi, chaque drone disposera d'un kit de survie composé d'un canot de sauvetage, d'un kit d'urgence et d'eau. Si une action de recherche en mer se déclare et qu'un drone est identifié non loin de la zone, il pourra alors se déployer et porter assistance.

Raitini Rey est à la fois gérant de la société Matarai et porteur de projet de la startup Moana.
Raitini Rey est à la fois gérant de la société Matarai et porteur de projet de la startup Moana.
La création d'un écosystème
 
C'est difficile à expliquer, mais on ne fabrique pas seulement des drones marins. On essaye de doter la Polynésie française de la technologie et de mettre en place tout l'écosystème qui permettra de fabriquer des drones localement”, indique Raitini Rey. Gérant de Matarai, le porteur de projet de Moana établit une analogie entre son entreprise et sa startup. “La société de drone fête ses onze ans. Onze années, c'est le délai qu'il a fallu pour pouvoir mettre en place un centre de formation. Développer une technologie à partir de rien jusqu'à maîtriser la technologie, ça prend du temps. Pour les drones marins, l'échelle de temps sera la même”. Le challenge pour Moana est donc de faire le premier pas le plus vite possible afin de se développer et de motiver d'autres entreprises polynésiennes à se lancer dans le secteur. “Ça serait intéressant que la Nouvelle-Calédonie ou la Réunion puissent aussi mettre en place des systèmes de développement de drones marins”.

Chez Moana, la majorité des pièces sont fabriquées à l'aide d'imprimantes 3D.
Chez Moana, la majorité des pièces sont fabriquées à l'aide d'imprimantes 3D.
L'anticipation de l'insularité
 
En amont du lancement opérationnel de l'activité, les équipes de Moana ont anticipé les particularités insulaires de la Polynésie, à savoir une ressource industrielle et un accès aux matières limités. “C'est pour ça que la grande majorité de nos pièces sont fabriquées en impression 3D”. Le souhait étant de mettre en place des micro-unités de maintenance dans les îles afin d'éviter que le drone revienne sur Tahiti pour être réparé. “Il n'y a plus besoin d'envoyer la pièce par avion, mais juste un fichier électronique”.

Chez Moana, ce n'est pas concevable qu'un drone finisse sa vie avec les déchets. “On veut que le maximum des composants du drone puissent être recyclésPar exemple, au lieu de commander des tubes carbones en Europe, nous fabriquons nos mâts en PVC et en fibre de verre. On obtient une solution qui peut être mise en place depuis les îles éloignées”. C'est dans cette démarche que Moana s'inscrit : une prise en compte du contexte insulaire couplée à la volonté d'impacter au minimum l'environnement.

Le concours Tech4Islands tombe à pic pour la startup Moana. “Ce qu'on recherche, c'est mettre à l'épreuve notre concept. Dans le jury du concours, il y a beaucoup d'experts et c'est très intéressant pour nous. Ça permet de nous réorienter, de nous réconforter parfois dans la voie que l'on prend. Ce feedback d'experts du monde des startups compte beaucoup”.


Rédigé par Etienne Dorin le Mardi 14 Septembre 2021 à 18:26 | Lu 1597 fois





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