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Des Jeux du Pacifique mémorables mais raisonnables


Tahiti, le 19 avril 2024 - Après avoir fait le tour des infrastructures locales, le Pacific Games Council se dit rassuré quant à l'avancement des différents travaux réalisés en vue des Jeux du Pacifique de 2027. Toutefois, ce dernier, et en accord avec le Pays, insiste sur la dimension raisonnable de l'événement. En effet, l'organisation travaille à garder ses Jeux accessibles, notamment pour les futurs pays organisateurs.
 
“Les choses avancent, et elles avancent bien”, déclare Noelline Parker, membre du Comité organisateur des Jeux (COJ), suite au passage du Pacific Games Council (PGC) au Fenua. Pour rappel, ce dernier était venu en septembre dernier afin de rencontrer le nouveau gouvernement en place et s'assurer de la bonne continuité des relations entre eux à seulement quatre ans des Jeux. Huit mois plus tard, Vidhya Lakhan, président du PGC, se dit rassuré : “Nous avons rencontré une nouvelle fois le gouvernement et nous sommes ravis de constater l'engagement de ce dernier dans l'organisation des Jeux. Nous sommes désormais sûrs que le Pays sait le rôle important qu'il a à jouer et est conscient des responsabilités qui lui sont dévolues. C'est important pour nous de les savoir avec nous, car sans eux, il n'y a pas de Jeux du Pacifique.”
 
Du côté du gouvernement, au-delà de l'engagement nécessaire à la réussite de ces Jeux, on met l'accent sur une vision commune de l'événement : “Ce que l'on retient de cette mission, c'est que nous sommes vraiment en phase avec le PGC”, déclare Pure Nena, conseiller technique au sein du ministère des Sports et de la Jeunesse. “On a choisi la réhabilitation des infrastructures plutôt que la construction de nouveaux outils qui allaient coûter beaucoup plus cher au Pays. Cette réhabilitation va permettre à nos infrastructures existantes de revenir à des standards internationaux. À l'exemple de Fautaua, où le terrain de basket se doit d'être en parquet : ça sera fait. Actuellement, la ministre des Sports est en métropole afin de s'assurer d'une participation de l'État à hauteur d'environ 4 ou 5 milliards et les négociations sont en bonne voie.”
 
Des Jeux victimes de leur succès
 
Si toute réussite suggère un essor, ou un développement certain, les Jeux du Pacifique semblent être les premiers à décliner les faveurs du succès. En effet, lors des dernières éditions, plus de 5 000 athlètes faisaient le déplacement afin de participer aux Jeux. Mais s'il s'agissait d'une réussite pour certains, cela représentait un défi à venir pour d'autres : “Les Jeux du Pacifique deviennent trop grands”, regrette presque le président du PGC. “Pour les plus petites nations, cela complique les choses. Certains sont venus nous voir pour nous dire qu'ils ne pensent pas pouvoir organiser les Jeux à l'avenir car l'événement a pris trop d'ampleur et rassemble trop de gens. Nous espérons pour les prochaines éditions descendre le nombre d'athlètes à 4 500.” Une tâche plus difficile à réaliser qu'il n'y paraît. En effet, afin de résoudre en partie cette problématique, les Jeux du Pacifique sont passés de 32 disciplines sportives représentées, à seulement 24. Une mesure qui n'a, hélas, pas eu l'effet escompté : le nombre d'athlètes attendus pour les Jeux de Tahiti étant toujours à 5 000.
 
Trois problématiques à résoudre
 
Car si le nombre d'athlètes est important, les problématiques qu'il génère le sont tout autant. En effet, malgré l'avancé des différents dossiers, le COPF est conscient des enjeux qui se présentent à lui : “Lorsque l'on organise les Jeux du Pacifique, il faut être capable de répondre à trois grandes problématiques : l'hébergement, la restauration et le transport. Au-delà de l'aspect sportif, ce sont les trois points sur lesquels nous devons être irréprochables.” Un travail colossal qui n'effraie en rien Noelline Parker : “Nous n'avons pas peur des défis. D'ailleurs, si depuis 2022, notre travail consistait essentiellement à travailler sur des feuilles de route, aujourd'hui, nous travaillons sur des choses plus concrètes. En témoignent nos équipes renforcées par l'arrivée de chefs de projet et notre directeur général, Steeve Raoulx. Pour rappel, ces chefs de projet ont été formés lors de la Coupe du monde de rugby, donc ils connaissent l'exigence de tels événements.”
 
Un autre défi qu'il serait opportun de relever selon le PGC, celui de réussir à livrer l'ensemble des infrastructures pour 2026 : “Nous espérons qu'elles seront prêtes au plus tard en 2026, afin que nous puissions faire des événements tests. Comme ça, si nous rencontrons des problèmes, il sera encore temps de les résoudre. Et puis, cela sera bénéfique également pour les athlètes locaux, qui pourront s'habituer aux différentes structures afin de ramener le plus de médailles possible lors des Jeux.”

Réaction – Louis Provost, président du COPF :
“Nous travaillons activement sur l'hébergement, la restauration et le transport”
 
“Nous travaillons activement sur les trois grosses problématiques des Jeux que sont l'hébergement, la restauration et le transport. Il faut savoir que lorsque les athlètes se rendent aux Jeux, il faut qu'ils dorment bien, qu'ils mangent bien et il faut qu'ils soient à l'heure à leur compétition pour ne pas être pénalisés, etc. Ce sont des facteurs qui jouent énormément sur la performance de ces athlètes, et donc, ce sont des points clés de l'organisation des Jeux. Concernant la restauration, c'est un programme interministériel que nous devrons mettre en place avec le ministère des Transports et celui de l'Agriculture. En effet, il est hors de question de leur donner des chevrettes tous les jours, il faut aussi des légumes, et cela veut dire qu'il faut un plan. Le jour J, il faut que tout soit en place afin d'assurer une alimentation adéquate et équilibrée. À propos des transports, nous allons demander la participation de l'État. Car, au final, tout ce qu'il faut faire, c'est faciliter le passage du bus. Et donc, qui peut le faire ? C'est l'État. Pour les hébergements, nous sommes en train de signer des conventions et voir quels sont les meilleurs endroits qui seront en mesure de proposer la meilleure restauration possible.”

Rédigé par Wendy Cowan le Vendredi 19 Avril 2024 à 19:00 | Lu 1521 fois