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Déconfinement : L'église protestante exprime son "mécontentement"



Tahiti, le 2 juin 2020 – Le président de l'Eglise protestante maohi (EPM), François Pihaatae, a adressé un courrier au président Edouard Fritch et au haut-commissaire Dominique Sorain dans lequel il exprime ses "préoccupations" quant à certaines décisions "inadéquates" prises à l'occasion du déconfinement.
 
Dans un courrier adressé la semaine dernière au président Edouard Fritch et au haut-commissaire Dominique Sorain, l'Eglise protestante maohi (EPM) a fait part de ses "préoccupations" à l'égard de certaines mesures qu'elle estime "inadéquates dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19".
 
La lettre, signée du président de l'EPM, François Pihaatae, commence pourtant par remercier le ministre de la Santé et les personnels soignants pour avoir su préserver la Polynésie française d'une épidémie de coronavirus. "Il serait juste que la prime salariale octroyée en France pour les médecins et les aides-soignants métropolitains soit étendue en Polynésie française", suggère même le président de l'EPM. Pour autant, l'église estime que nous ne sommes pas aujourd'hui "à l'abri" d'une réintroduction du virus et exprime son "mécontentement" et sa "désapprobation" envers la décision de déconfinement total décidée par les autorités du Pays et de l'Etat. L'église se dit également "préoccupée" par la décision d'ouvrir le ciel polynésien au trafic aérien international : "Le Pays est dans une situation financière difficile mais la vie n'est elle pas plus importante que l'argent ?"
 
L'EPM demande d'ailleurs dans sa missive la suspension "pendant un an" de l'affectation en Polynésie française des fonctionnaires en provenance de métropole. Ceci pour éviter l'importation de nouveaux cas de coronavirus. Même si sur ce point, une rencontre a eu lieu jeudi dernier avec Dominique Sorain qui a fermé la porte à une telle éventualité. "Le haut-commissaire nous a expliqué qu'ils seraient confinés, mis en quatorzaine stricte et que tout serait mis en place pour qu'ils respectent cette quatorzaine", explique François Pihaatae.
 
"Notre avis n'est plus requis ni écouté"
 
Parmi les autres points de crispation soulevés par l'église protestante, François Pihaatae regrette le manque de consultation des confessions religieuses lors de la sortie du confinement. Ceci alors que ces mêmes confessions avaient été sollicitées et mises à contribution au début de la crise. "Nous constatons que notre avis n'est plus requis ni écouté", regrette le président de l'EPM.
 
Et enfin, plus subtil, l'église dit ressentir certaines saisines du tribunal administratif, pour obtenir par exemple la fin de la quatorzaine en centre dédiés ou l'arrêt du couvre-feu, comme des sortes de passe-droits accordés seulement à une certaine catégorie de la population. L'église protestante juge que "ces initiatives juridictionnelles ont semé la discorde dans le service public polynésien". Et elle estime que la situation qui en a résulté a été "ressentie comme injuste par les Polynésiens qui ont passé un mois à respecter les réglementations et par ceux qui ont accepté la quatorzaine parce qu'ils savent que l'intérêt général passe avant leur intérêt égoïste". A méditer, donc.

François Pihaatae, président de l'Eglise protestante maohi : "On relance l'économie, mais que fait-on de la santé ?"

Vous avez écrit au président du Pays et au haut-commissaire votre "mécontentement" contre la décision d'un déconfinement total en Polynésie ?
 
"Les premières informations que l'on avait reçu, c'est que le déconfinement total devait intervenir le 23 juin. En fait, ils viennent de déconfiner totalement la Polynésie dans le but de relancer l'économie. Alors que ce que disent les autorités sanitaires, c'est que le virus est toujours actif bien qu'il ne circule pas. Le président du Pays lui-même a expliqué que le virus pouvait être présent pour encore six mois ou un an. C'est la raison pour laquelle on s'inquiète : On relance l'économie, mais que fait-on de la santé de la population ?"
 
Vous craignez surtout une ré-introduction du virus par l'arrivée des fonctionnaires en provenance de métropole ?
 
"La métropole, comme les Etats-Unis et l'Europe, c'est là que le virus est aujourd'hui concentré. (…) Le problème, c'est que lorsque ce virus est arrivé chez nous, il a été importé. Or il y a 1 500 fonctionnaires qui vont arriver. Le haut-commissaire, que nous avons rencontré jeudi dernier, nous a expliqué qu'ils seraient confinés, mis en quatorzaine stricte et que tout serait mis en place pour qu'ils respectent cette quatorzaine. Mais on a vu le scénario qui s'est produit il y a quelques semaines. Des personnes confinées ont saisi le tribunal et tout ce qui avait été mis en place est tombé à l'eau…"
 
Vous dites assimiler ces décisions du tribunal administratif à des sortes de passe-droits. Pourquoi ?
 
"C'est tout le problème. Les deux personnes qui ont fait des recours contre la quatorzaine en centre dédié sont sorties, mais les Polynésiens qui étaient arrivés en même temps, eux, sont restés. Pourquoi n'a-t-on pas laissé tout le monde faire sa quatorzaine à la maison ? C'est ce qu'on ne comprend pas. La loi ne s'applique qu'à quelques personnes ou elle s'applique à tout le monde ? Pour moi, la loi doit être la même pour tout le monde quel que soit le titre ou la situation dans la société."

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 2 Juin 2020 à 21:48 | Lu 9531 fois





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