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Déchets perlicoles : nettoyage des lagons en perspective



Tahiti, le 23 décembre 2020 - Le séminaire de la perliculture a permis d'évoquer la question sensible de la santé des lagons. "On vous accompagnera et on vous soutiendra pour organiser la filière de rapatriement de ces déchets. Mais nous ne plongerons pas. C'est à vous de le faire" a tranché le Pays, renvoyant les perliculteurs devant leurs responsabilités.

"C'est eux qui gagnent de l'argent avec la perle, c'est eux qui sont responsables de leur lagon". Pas question pour le Pays d'endosser toute la responsabilité de la pollution issue des déchets perlicoles accumulés depuis plus de 40 ans. Tearii Alpha, ministre de l'Économie bleue, l'a fermement rappelé à plusieurs reprises mardi soir, à l'issue de deux jours de séminaire dédiés à l'or noir de Tahiti. "Ne demandez pas au Pays d'assumer plus que vous. Vous avez votre responsabilité sur la qualité des lagons" assène le ministre à l'attention des perliculteurs.

Aux professionnels donc de plonger et de ramasser le "maximum" de débris en polystyrène qu'ils peuvent. Mais alors que plusieurs milliers de tonnes de ces déchets tapissent le fond des lagons –dont celui de Takaroa, particulièrement contaminé en microplastique– la tâche s'annonce titanesque. Pour autant, le Pays se montre rassurant. "On vous accompagnera et on vous soutiendra pour organiser la filière de rapatriement de ces déchets. Mais nous ne plongerons pas. C'est à vous de le faire. En sauvant le lagon, on sauvera le développement de l'île".
 
De plus en plus à l'ordre du jour, la question de la santé des lagons portée récemment par la recherche –dont la thèse de Tony Gardon sur l'impact de la contamination des microplastiques sur l'huître perlière– est devenue un enjeu de durabilité de l'industrie. "Ce sera le travail des comités de gestion, ils ont été créés pour ça, pour remonter les informations de leur lagon perlicole, donc cela devrait faire avancer les choses" abonde Aline Baldassari, du Syndicat professionnel des producteurs de perles.

Aux comités de gestion donc d'organiser les plannings de plongée. "En relation avec chaque maire, nous organiserons la logistique, nous soutiendrons la chaîne de rapatriement, par les bateaux privés ou administratifs. Il faut ramasser le maximum. Les perliculteurs ont tous des plongeurs, on les aidera avec l'équipement adéquat, mais c'est à eux de faire le premier pas" précise Tearii Alpha.
 
L'urgence est à la transparence

Mais le Pays comme les perliculteurs le savent. Ils ne pourront pas tout ramasser. D'où l'intérêt de la recherche pour trouver des solutions durables. "On est dans le court terme, dans l'urgence, mais évidemment, si un jour on peut remplacer les lignes de cordage par de la fibre de coco on le fera, ou si on peut valoriser le plastique localement on le fera" assure le vice-président. Pas de doute, pour lui l'urgence est à la transparence.

"C'est ça le mal de la filière qui doit rentrer dans les standards de l’employabilité de l'entreprise. Il y a un problème de valeur qu'il faut absolument traiter tout de suite. (…) La perle, c'est un joyau et pas un simple produit, c'est une activité privée que nous souhaitons accompagner dans un cercle vertueux : plus de qualité, plus de transparence, amélioration des prix. Tout le monde va jouer le jeu de la qualité".
 

Un quota de 2 500 perles à l'hectare

"Reprendre les fondamentaux de qualité, de transparence et de compétitivité" pour "définir les nouvelles règles du jeu" : à l'issue de deux jours d'échanges, le séminaire sur la perle s'est clôturé mardi sur cinq prises de décision. Des choix déterminés sur la base de propositions faites par les perliculteurs eux-mêmes. "On a changé notre approche, on a d'abord souhaité les écouter" a souligné le ministre de l'Économie bleue, Tearii Alpha.

Outre le gel des concessions en attendant une accalmie sanitaire et économique, un quota de commercialisation a été fixé à 2 500 perles l'hectare afin d'éviter une surproduction. "On ne mettra plus sur le marché toutes les perles produites, ce qui devrait amener une amélioration de la qualité des lots" précise le ministre. Les ventes aux enchères seront également privilégiées, bien que rien n'empêche un Groupement d'intérêt économique (GIE) ou un producteur de vendre ses productions à l'extérieur du pays. Enfin, il s'agit également de rendre la filière plus vertueuse en matière d'emploi dans les îles. "Pour chaque greffeur, il faut qu'il y ait en face un minimum de trois salariés" ajoute le ministre, qui ne cache pas les espoirs du Pays sur ce secteur "qui permet de fixer les familles aux Tuamotu-Gambier".

Ces éléments devraient permettre au Pays d'accélérer la réflexion sur les textes qui viendront en appui d'une réforme. "Il faut rendre toutes ces décisions réglementaires, nous allons finaliser les textes et les soumettre au prochain conseil de la perliculture", conclut le vice-président. Prochain rendez-vous ? Le 4 février.
 

Rédigé par Esther Cunéo le Mercredi 23 Décembre 2020 à 18:58 | Lu 1515 fois





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