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Débrayage contre les violences aux affaires sociales



Les assistants sociaux de Papeete ont débrayé une heure mardi matin pour protester contre l'agression de leur collègue.
Les assistants sociaux de Papeete ont débrayé une heure mardi matin pour protester contre l'agression de leur collègue.
Tahiti, le 11 novembre 2020 - Alors que les assistants sociaux de Papeete ont débrayé une heure mardi matin pour protester contre l'agression de leur collègue la semaine précédente, cette dernière a accepté de témoigner pour Tahiti Infos en gardant l'anonymat, afin d'exprimer son ressenti sur les insultes, menaces et parfois les coups reçus dans l'exercice de sa profession.

Est-ce que les situations violentes font partie de votre quotidien professionnel ?

"Même si on travaille avec des familles qui connaissent des situations difficiles, qui souffrent beaucoup, on a envie de les aider. Même si on applique un cadre judiciaire pour pouvoir les accompagner dans leurs démarches et souffrances, on n'est pas préparé à recevoir des coups. On reçoit des insultes, il y a beaucoup de familles qui sont en colère aussi et qui nous menacent, des fois physiquement. Le ton de voix qui s'élève et tu sens que cela va bientôt dégénérer. Donc là on essaie de les calmer, de les rassurer, de leur dire qu'on est à leur écoute et qu'on comprend leur souffrance. Parfois ça passe et parfois, comme la semaine dernière, ça ne passe pas".

Comment avez-vous réagi face à cette agression ?

"Le premier coup, je l'ai reçu au buste alors que j'avais un bébé de cinq mois dans mes bras. Cela m'a beaucoup choquée, car déjà c'est une agression personnelle et cela aurait pu mettre le bébé en danger. Et je lui ai fait remarquer ça et elle m'a juste dit "quoi alors?". Du coup ma réaction, ça a été de la mettre en sécurité avec une personne du Fare Tama Hau, ensuite je lui ai demandé de se calmer à plusieurs reprises. De se calmer, de partir souffler et de laisser les enfants. Elle ne le voulait pas. Puis le deuxième coup est arrivé. Et au troisième coup, je lui ai demandé de partir. Elle ne voulait pas partir. J'ai commencé à m'énerver et là elle est partie. Il ne fallait surtout pas répondre. On est professionnel aussi, mais après on ne peut pas non plus accepter ce genre d'attitude et d'agression."

Cela vous a choquée que votre agresseur ne remette pas en question ses actes devant le tribunal ? 

"Au début j'étais choquée. Et plus on l'écoutait, plus on avait pitié de cette personne-là. Il y a des soins médicaux à faire. C'est une maman qui a un historique de consommation d'ice. Est-ce qu'elle était sous ice cette journée-là ? Je ne sais pas. Il y a un suivi psychologique aussi à faire. Expliquer pourquoi est-ce qu'on est arrivé à lui enlever ses enfants. Pourquoi est-ce que nous sommes intervenus. Comment faire pour récupérer ses enfants. Un suivi psychologique pour pouvoir dire : tu as des difficultés mais tu as aussi des forces donc concentre-toi sur ces forces-là, mais ton état psychologique fait en sorte que tu ne peux pas les récupérer et donc il faut travailler sur ça. Au fur et à mesure qu'elle parlait, c'était désolant en fait. Et c'est là que tu vois, même si on veut aider les personnes, si elles ne décident pas de s'aider et de faire le travail qu'il faut, nous on a des limites qu'on ne peut pas franchir. Et c'est la responsabilité de la personne de le faire".

Dans quel état étiez-vous après cette agression ?

"Un peu choquée et tremblante. J'ai pleuré bien évidemment car cela fait partir la douleur et le stress. Mais le fait d'en parler et d'aller porter plainte aussi. De le dire à des collègues, cela permet de mieux gérer la douleur. Tu acceptes mieux en fait. On se dit que c'est arrivé et il faut faire autrement et il faut avancer et trouver des moyens pour que cela se ne reproduise plus".

Rédigé par Propos recueillis par Vaite Urarii Pambrun le Jeudi 12 Novembre 2020 à 10:22 | Lu 619 fois





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