Dans les pays de la région disposant des plus larges réseaux d’Alliances française, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, cette semaine de la francophonie a notamment été le point d’orgue de manifestations organisées par et à l’Alliance française.
Dans la capitale australienne Canberra, l’Alliance de la capitale a joué le rôle de maître de cérémonies, mais aussi l’école franco-australienne de Telopea.
Jeudi 25 mars, une cérémonie très protocolaire est même prévue : un lever des couleurs de la francophonie, dont le drapeau sera hissé en présence des représentants de tous les pays membres des missions diplomatiques à Canberra des pays membres de l’OIF.
En d’autres points de l’Australie, et en particulier dans les grandes villes où se trouvent aussi des alliances françaises, des manifestations culturelles sont également prévues autour du thème de la francophonie.
En Nouvelle-Zélande, où se trouve aussi un réseau d’Alliances françaises, les manifestations ont aussi mis l’accent, ces dernières semaines, sur cet anniversaire de la francophonie.
Dès janvier, le programme culturel affichait non sans ironie une pièce de la Auckland Theatre Company (qui vient d’achever début mars une série de deux mois de représentations à l’Université d’Auckland).
« Le Sud », de l’auteur Dave Armstrong, met en scène, sur le mode satirique, une Nouvelle-Zélande où l’île du Sud de ce pays aurait été annexée par la France en 1838 et serait ainsi devenue le pays indépendant de la « Zélande du Sud ».
Jusqu’au jour où la nécessité force cette Zélande du Sud à accepter des contacts avec l’île du Nord, anglophone….
L’auteur joue alors sur le choc des cultures en représentant un Sud dirigé par un gouvernement socialisant (et un Premier ministre, François Duvauchelle, réputé coureur de jupons), avec une semaine de travail à trente heures, confronté à un Nord construit sur le modèle anglo-saxon.
Vanuatu, seul État indépendant océanien partiellement francophone
Au plan de la cohabitation entre la francophonie et l’anglophonie, dans la région océanienne insulaire, le seul pays répondant à ces critères est Vanuatu, ancien condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, devenu indépendant en 1980.
Du fait de son héritage colonial, le Français et l’Anglais sont, avec le pidgin mélanésien, le bichelamar, les trois langues officielles reconnues par la Constitution.
On estime généralement que plus de trente pour cent des ni-Vanuatu sont francophones, souvent en concomitance avec l’Anglais et le bichelamar.
Depuis la semaine dernière, les manifestations se sont aussi multiplié dans la capitale Port-Vila, mais aussi dans les autres antennes de l’Alliance française, dont celles de Santo (Nord) ou de Tanna (Sud), deux des îles les plus historiquement francophones.
À Santo, ces célébrations ont aussi pris la forme de « goûters francophones » organisés dans six écoles de Luganville et de ses environs pour environ deux mille cinq cent élèves du primaire et du secondaire.
À Port-Vila, le week-end dernier, une parade pour marquer l’événement a réuni un millier de personnes, selon les estimations de l’Alliance.
En tête de trouvaient des politiques du pays, à commencer par l’ancien Premier ministre francophone Serge Vohor (originaire de Santo), mais aussi le Premier ministre et très anglophone Edward Natapei.
Vendredi dernier, toujours à Port-Vila, un concert a été organisé et a été l’occasion pour des groupes locaux de se mesurer dans la discipline du slam ou sur le mode musical privilégié : le string band.
Rootsky, un groupe venu de l’île de Lifou (Nouvelle-Calédonie), avait aussi fait le déplacement, accompagné de responsables culturels de la Province des Îles de Nouvelle-Calédonie (dont Isabelle Bearune et Mickael Forrest, respectivement Présidente de la Commission culture et Directeur de la Culture de la Province des îles) qui envisagent désormais de lancer un programme d’échanges culturels entre l’Alliance de Vanuatu et la Province Îles.
Toujours à l’occasion de cette semaine de la francophonie, l’Alliance de Port-Vila a annoncé le coup d’envoi d’un nouveau programme de formation et d’enseignement, spécialement conçu pour les personnels et diplomate du tout jeune siège du Groupe Mélanésien Fer de Lance (GMFL, basé dans la capitale vanuatuane depuis l’an dernier.
Les cours sont offerts par l’Alliance française en partenariat avec l’Ambassade de France.
Une universitaire de Nouvelle-Calédonie, Christiane Terrier, docteur es histoire en lettres a par ailleurs donné le mercredi 17 mars une conférence autour du thème « Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis et Futuna ou plus de 200 ans d’histoire francophone commune en Océanie ».
À Fidji, où des échanges culturels et universitaires, notamment avec la Nouvelle-Calédonie, ont connu une apogée ces dix dernières années, avec récemment des semaines de la francophonie thématisées autour du goût et de la musique, et d’imposantes fêtes de la Musique, l’Alliance française de Suva a choisi cette semaine de célébrer la science et le cent vingtième anniversaire de l’Institut Pasteur.
Elle choisit néanmoins de consacrer un « Café francophone » vendredi au concours de mots lancé au plan mondial pour ce quarantième anniversaire.
La date du 20 mars 1970 correspond à un acte fondateur pour le mouvement francophone mondial : il s’agit de la signature à Niamey (Niger), du traité portant création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT, ancêtre de l’OIF), conçue à l’origine pour être une organisation intergouvernementale fondée autour du partage d’une langue commune, le français, chargée de promouvoir et de diffuser les cultures de ses membres et d’intensifier la coopération culturelle et technique.
L’OIF a véritablement pris corps il y a cinq ans, sous la Présidence de l’ancien président de la République du Sénégal Abdou Diouf.
Cette organisation, qui a depuis développé une thématique dépassant les seuls domaines linguistique et culturel, entend désormais partager aussi des valeurs fondamentales telles que la bonne gouvernance, le respect des droits humains ou encore le développement durable au sein des quelque cinquante cinq États totalement ou partiellement francophones, pour un nombre de locuteurs évalué à deux cent millions.





























