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Danielson combatif dans le déni, Alfonsi fait profil bas



 
Tahiti, le 6 octobre 2020 - Les auditions des 25 prévenus de l’affaire Sarah Nui se sont achevées mardi avec les interrogatoires des deux têtes du réseau qui ont conservé leurs lignes de défense initiales. À la barre, Tamatoa Alfonsi a minimisé les faits en reconnaissant seulement l’importation d'un peu plus de trois kilos d’ice. De son côté, Maitai Danielson s’est obstiné dans le déni. Le procureur de la République prendra ses réquisitions mercredi matin.
 
Après les mules, les collecteurs d’argent et les hommes de main, le tribunal correctionnel de Papeete a entendu mardi les deux têtes désignées du réseau de l’affaire Sarah Nui. En ce septième et dernier jour de débats, l’ancien rameur natif de Huahine, Maitai Danielson, et le trafiquant de longue date, Tamatoa Alfonsi, ont donc successivement dû faire face à leurs contradictions.
 
Danielson en défense
 
Premier des deux à être entendu –choix stratégique du tribunal– Maitai Danielson s’est montré combatif dans le déni malgré des charges accablantes à son encontre. Plus volubile et vindicatif que Tamatoa Alfonsi, l’ancien sportif a tenté d’apporter des explications souvent farfelues face aux faits avérés lors de l’instruction de ce dossier. Son installation en 2017 aux États-Unis ? Une envie de "changer de vie" et d’écumer les spots de surf de la région. Confronté à ses premières déclarations devant le juge d’instruction, au cours desquelles il avait concédé trois passages à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, Maitai Danielson s’est vu rappeler à la barre qu’il avait en réalité passé cette frontière à une cinquantaine de reprises. "Ça fait une moyenne d’une fois par semaine, ce n’est pas énorme. J’y allais pour la fête. Quoi ? On n’a pas le droit de s’amuser ?", a rétorqué le solide prévenu en soutenant qu’il avait toujours été contre le trafic d’ice. Le président du tribunal, Nicolas Léger, est ensuite revenu sur les preuves accablantes du dossier à l’encontre de l’ancien rameur. À savoir les écoutes, les témoignages, mais aussi son passage de la frontière avec une mule d’Alfonsi qui transportait de l’ice. De quoi faire réagir le président du tribunal : "Vous êtes un opposant farouche à l’importation d’ice mais vous prenez la même voiture qu’une mule d’Alfonsi pour passer la frontière ? Pourquoi ne pas prendre un autre véhicule ?". Réponse de Maitai Danieslon : "C’était moins cher à deux".
 
Lors de son incarcération, l’ancien rameur, déjà condamné pour trafic de stupéfiants par le passé, avait été retrouvé en possession d’une note écrite qui comportait un tracking number correspondant au suivi d’un colis contenant 800 grammes d’ice… Lequel colis avait été intercepté par les forces de l’ordre. Là encore, à la barre, Maitai Danielson se défend : il pensait en réalité que ce colis contenait le passeport de Tamatoa Alfonsi. Et le président du tribunal de renchérir : "Mais quand on lit toutes les déclarations des témoins et des prévenus, tous disent que vous étiez associé avec Tamatoa Alfonsi". Des "affabulations" et ces "suppositions" sont à mettre sur le compte de l’ice qui fait dire "n’importe quoi aux gens", pour l'intéressé.
 
Alfonsi effacé
 
Entendu à la suite de Maitai Danielson, Tamatoa Alfonsi a tout d’abord invoqué son "addiction" à la méthamphétamine pour justifier de son casier judiciaire ainsi que de son implication dans cette affaire. "Vous n’avez pas un casier de drogué mais celui d’un trafiquant qui ne s’arrête jamais", lui a opposé le juge. De ses publications sur les réseaux sociaux, arme à la main, ou bien des photos envoyées à ses proches sur lesquelles il s’immortalisait avec plusieurs kilos d’ice, Tamatoa Alfonsi n’a rien eu à dire. À la barre, d’une voix difficilement audible, il a uniquement expliqué qu’il avait fait le "malin". Et de ses lettres saisies alors qu’il était incarcéré à Villepinte –dans lesquelles il se rêvait en "baron du Pacifique"– le multirécidiviste s’est légèrement défendu en expliquant qu’il s’agissait d’écrits effectués dans un sentiment de "solitude" carcérale.
 
Qui est le boss ?
 
Déjà condamné à 18 ans de prison pour trafic de stupéfiants, Tamatoa Alfonsi a donc visiblement choisi d'endosser le gros du trafic à l’audience. Le président du tribunal l'a d'ailleurs mentionné lors de ces auditions, il appartiendra à sa juridiction de déterminer pourquoi Tamatoa Alfonsi avait fait parvenir des instructions à de nombreuses personnes impliquées dans le dossier afin qu’elles taisent l’implication de Maitai Danielson, et qu’elles ne compromettent pas ainsi tout ce qu’il avait fait pour le "faire sortir"
 
Le procureur de la République prendra ses réquisitions mercredi matin. Les prévenus encourent jusqu'à 10 ans de prison ferme, voire 20 ans pour tous ceux jugés en état de récidive légale.
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 6 Octobre 2020 à 22:29 | Lu 4248 fois





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