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Coup d'envoi de "Bonjour!" sur TF1, qui entend bousculer les matinales


Crédit BERTRAND GUAY / AFP
Crédit BERTRAND GUAY / AFP
Paris, France | AFP | jeudi 03/01/2024 - De l'info, des directs en région et une ribambelle de chroniqueurs emmenés par Bruce Toussaint: "Bonjour!" démarre lundi sur TF1 avec l'ambition de rebattre les cartes des matinales. 

Cela fait trois mois seulement que la chaîne privée planche sur ce nouveau rendez-vous quotidien, de 7H00 à 9H30 sauf les week-ends. Elle a débauché comme chef d'orchestre Bruce Toussaint, qui animait encore fin novembre sur BFMTV le Live Toussaint en matinée.

"J'ai tout de suite compris l'ampleur du défi", disait-il à la presse en décembre, en soulignant les moyens déployés pour ce troisième carrefour de l'info de la journée sur la chaîne, avec le 13H00 et le 20H00.

"Cela fait 30-35 ans qu'il n'y avait plus de matinale sur TF1", depuis "Bonjour la France" dans les années 1990, et "il va falloir recréer cette habitude" chez le téléspectateur, reconnaît le directeur général adjoint de l'information du groupe, Thierry Thuillier, qui se laisse du temps pour gagner en audience.

Flambant neuf, le plateau de "Bonjour! La matinale TF1" est tel un appartement douillet, entre coin salon, couleurs chaudes, bois clair et caméras discrètes.  

Affichant bonne humeur et peps, l'émission sera rythmée par un JT toutes les 30 minutes par Garance Pardigon, une interview politique par Adrien Gindre, ainsi qu'une interview culturelle et des interventions multiples depuis les régions pour rebondir sur les sujets. Des chroniques sur le bien-être, la santé, la famille ou encore la gastronomie sont également au menu.

Les recrues maison Christophe Beaugrand, Karima Charni, Laurent Mariotte, Julie Tomeï et encore Ange Noiret pour la météo entoureront Bruce Toussaint. Stefan Etcheverry sera lui projeté aux quatre coins de l'Hexagone.

Maud Descamps et le médecin Vincent Valinducq ont eux décroché de Télématin sur France 2 pour rejoindre cette nouvelle matinale, en concurrence frontale. Benjamin Müller vient de "la Maison des maternelles", sur la même chaîne du service public.

TF1, propriété du groupe Bouygues, a embauché une cinquantaine de personnes au total, dont la moitié en région.

Les régions, "colonne vertébrale"

"Toutes les grandes chaînes mondiales ont un +morning show+, c'est une suite logique pour TF1 d'avoir un rendez-vous matinal d'info et de talk", relève Bruce Toussaint auprès de l'AFP. 

Rodé à l'exercice, le tout juste quinquagénaire estime qu'"il y a un territoire à conquérir", au vu des 3 millions de téléspectateurs actuels le matin toutes chaînes confondues, contre jusqu'à 20 millions le soir en "prime time" (début de soirée).

A TF1, "nous avons un public très ancré en région" et "nous pensons pouvoir aussi toucher un public plus urbain, qui peut être intéressé par cette offre" d'"émission d'accueil", complète Thierry Thuillier.

Il est allé précisément chercher Bruce Toussaint, "à la convergence de l'information à l'état pur et d'une forme de sourire et de décontraction". 

Le trio de tête des matinales est composé actuellement de France 2, loin devant, suivie de BFMTV et CNews. "On va se battre", a déjà affirmé Thomas Sotto, qui anime avec Marie Portolano Télématin, émission pilier de la chaîne publique. 

Le directeur de l'info de TF1 entend dans un premier temps conserver les "5% de part de marché" que représentent les programmes jeunesse jusqu'ici diffusés le matin. Ceux-ci occuperont encore la tranche de 6H00 à 7H00 et seront développés le week-end, pour respecter le cahier des charges conclu avec le régulateur des médias, l'Arcom.  

LCI, autre chaîne du groupe TF1 axée davantage sur l'international, propose elle de l'information continue, les deux matinales étant voulues "complémentaires".  

"Bonjour!" aura "pour colonne vertébrale les régions, c'est dans l'identité de TF1", appuie Antoine Guélaud, patron éditorial de la nouvelle tranche.

Cette accélération vers le local, observée dans nombre de médias, "c'est plutôt ancien sur TF1", rappelle Thierry Thuillier en citant la figure de Jean-Pierre Pernaut. "C'est aussi parce que le phénomène des gilets jaunes a fait prendre conscience de la diversité des problématiques dans ce pays. La France ne peut pas se résumer à Paris et aux centres urbains".

le Vendredi 5 Janvier 2024 à 04:57 | Lu 451 fois