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Corruption : Le privé moins mal perçu que le public au fenua


Corruption : Le privé moins mal perçu que le public au fenua
Tahiti, le 18 novembre 2021 - L’enquête de l’ONG Transparency International, rendue publique lundi, s’est penchée sur la perception de la corruption au sein du secteur privé. Les chefs d’entreprise polynésiens souffrent à cet égard d’une moins mauvaise image que les élus. Sauf pour les banquiers.
 
Si l’enquête de l’ONG, dont les premiers résultats ont été révélés par Tahiti infos dans son édition de mardi, s’attarde longuement sur la perception de la corruption au sein des politiques, elle s’est également intéressée au secteur privé. Les chiffres relatifs à la Polynésie française témoignent d’un phénomène moins perceptible et plus limité chez les chefs d’entreprises que chez les élus. 
 
Transparency International avait notamment questionné les polynésiens sur la proportion d’élus et de chefs d’entreprise considérés comme impliqués dans la corruption. Une question qui a conduit à une différence de perception manifeste entre les représentants du public et ceux du privé. 44% des personnes interrogées perçoivent ainsi le Président et les membres de son cabinet, pour la plupart ou tous, comme corrompus. Un chiffre qui atteint 40% pour les représentant de l’APF et 34% pour les tāvana. Du côté des chefs d’entreprise, ce taux n’est que de 17%, soit en dessous de la moyenne régionale. 
 
Suspicion dans l’attribution des marchés publics
 
Si 56% polynésiens interrogés avaient considéré que la corruption au sein du gouvernement avait augmenté au cours des douze derniers mois, ils ne sont que 36% à avoir cette perception en ce qui concerne les acteurs du monde des affaires. Un chiffre là aussi très en dessous de la moyenne constatée dans le Pacifique Sud et qui s’établit à 45%. Mais la Polynésie française se caractérise surtout par la suspicion dans l’attribution des marchés publics avec 68% des personnes qui pensent que les actes de corruption des chefs d’entreprises concernent l’obtention de ce type de contrats. Les personnes interrogées sont deux fois moins nombreuses (32%) à penser que la corruption a pour objet pour les grandes entreprises de s’affranchir du paiement de certaines taxes et autres impôts. 
 
Les banquiers suspectés
 
Un manque de confiance qui touche surtout le monde de la banque avec un niveau de défiance record en Polynésie française pour cette catégorie. Les polynésiens interrogés ont en effet été 44% à indiquer ne pas avoir beaucoup confiance, voire pas du tout, envers les banquiers de la place, soit 10 points de plus qu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée et 11 de plus que chez nos voisins calédoniens.
 
Un chiffre qui conduit logiquement à ce que les Polynésiens perçoivent la profession comme fortement impliquée dans la corruption. Une personne interrogée sur cinq (21%) considère en effet que les banquiers sont, pour la plupart ou tous, impliqués dans des pratiques corruptives. Un chiffre qui place la Polynésie dans le tiercé de tête, à distance respectable de Kiribati (64%) mais légèrement supérieur à celui constaté en Nouvelle-Calédonie (20%). Des résultats qui donneraient presque raison à Raymond Poincaré. Il y a près d’un siècle, ce Président sous la IIIème république écrivait : “un banquier est toujours en liberté provisoire”.
 

Rédigé par Sébastien Petit le Jeudi 18 Novembre 2021 à 22:56 | Lu 989 fois