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Collectif 3 : le Tavini affine ses arbitrages


Tahiti, le 21 août 2026 – Le Tavini votera bien un troisième collectif budgétaire, mais entend encore en faire bouger les lignes. Ce vendredi, alors que son examen touche à sa fin en commission, le groupe travaille encore sur ses amendements et partage, avec le Tapura et Ahip, un gros point de blocage : le prêt de 8,5 milliards de francs à Air Tahiti Nui. Heinui Le Caill envisage d’ailleurs, si le calendrier le permet, de réunir à nouveau la direction de la compagnie devant l'ensemble des élus avant la séance plénière : les explications apportées en commission “n'ont pas suffi” et il attend désormais des réponses “plus précises”.
 
“Pour le groupe Tavini, on va voter un collectif 3.” Heinui Le Caill l'affirme d'emblée vendredi matin, dans son bureau de l'assemblée. Mais pas question de donner un blanc-seing au gouvernement. Après avoir travaillé plus d'une semaine sur la première mouture de juin, le groupe a dû reprendre ses propositions de modification avec l'arrivée de la nouvelle copie. “On revoit encore nos futurs amendements”, explique le président de la commission de l'Économie, déterminé à “poser vraiment les questions les plus pointilleuses possibles” avant d'arrêter la position du groupe.
 
Un dossier domine les interrogations : les 8,5 milliards que le Pays veut prêter à Air Tahiti Nui pour réaménager les cabines de ses quatre Boeing 787-9. “Sincèrement, ce n'est pas encore tranché.” L'audition du directeur général d'ATN n'a en tout cas pas suffi à lever les doutes: “Certains sont restés sur leur faim. Est-ce qu'il y a vraiment une urgence de 8,5 milliards ? Ou est-ce qu'on ne peut pas, à la rigueur, la moitié ?” Le Tavini entend soutenir la compagnie, “mais à quel niveau ? Jusqu'où ? Pas à n'importe quel prix”.
 
Heinui Le Caill envisage donc, “lundi ou mardi” si le calendrier le permet, une nouvelle réunion d'information avec la direction d'ATN, ouverte à tous les élus. “Il faut vraiment qu'elle arrive à nous convaincre.” La commission doit achever vendredi l'examen du volet investissement, avant la convocation d'une session extraordinaire.
 
“Fléchons-les ailleurs”
 
Le Tavini veut aussi réorienter des crédits en faveur de la lutte contre la vie chère. Sur les sommes retirées de la continuité internationale des PPN, Heinui Le Caill propose : “Étendons la liste des PPN, baissons le prix des PPN.” Il veut également agir sur le fret dans les îles, où “le coût de la vie est tellement élevé”. Quant aux 500 millions retirés aux aides à l'emploi : “Fléchons-les ailleurs.”
 
Des amendements sont également préparés pour certaines associations œuvrant dans le logement social ou la lutte contre les addictions. Heinui Le Caill soulève le cas du pôle de santé mentale : “Il a été inauguré, mais il n'y a pas de personnel. Il faut un budget de 140 millions.” Et d'insister : “Si c'est une priorité, il faut mettre les moyens.”
 
Maurea Maamaatuaiahutapu évoque de son côté les “deux ambulances” dont aurait besoin l'hôpital de Taravao et réclame davantage de moyens pour les contrôles à la Depam (Direction polynésienne des affaires maritimes), à la DGAE (Direction générale des affaires économiques) ou à la DSFE (Direction des solidarités, de la famille et de l'égalité). Dans la même veine, Heinui Le Caill veut mesurer l'efficacité des dispositifs déjà votés : “On va exiger une évaluation”, assure-t-il. “On réfléchit à poser un amendement à ce sujet-là aussi.”
 
Le Tavini doit désormais arrêter ses arbitrages après la commission, avant de mettre ses amendements en commun avec ceux du Tapura et d'Ahip. Une harmonisation qui devrait être facilitée par les débats de ces derniers jours : “On a à peu près les mêmes préoccupations”, conclut Heinui Le Caill.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Vendredi 21 Août 2026 à 14:41 | Lu 350 fois