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Chronique de la violence domestique



Tahiti, le 8 décembre 2020 - Le tribunal correctionnel de Papeete a condamné mardi un père de famille de 46 ans à cinq ans de prison dont deux avec sursis assortis d'un mandat de dépôt. En 2016 et alors qu'il avait l'interdiction d'approcher son épouse et mère de leurs quatre fils, le prévenu l'avait séquestrée et lui avait imposé un rapport sexuel non consenti.

Des faits particulièrement graves et sordides ont été examinés par le tribunal correctionnel de Papeete mardi matin. Un quadragénaire, père de quatre enfants, comparaissait en effet pour des violences commises sur sa femme il y a de cela quatre ans alors que le couple était en instance de divorce et que l'homme avait l'interdiction d'approcher son épouse. Courant 2016, et malgré l'ordonnance de protection alors délivrée par le juge aux affaires familiales, le prévenu avait réussi à entrer en contact avec sa femme. Il avait profité du fait qu'elle dépose un de leur fils pour s'engouffrer dans son véhicule et prendre le volant. Il avait ensuite décidé de lui imposer un tour de l'île et avait profité d'un arrêt sur la côte est pour lui imposer un rapport sexuel non consenti sous la menace d'une arme. Traumatisée et en proie à une crise d'angoisse, la victime avait perdu connaissance.

Entendu par les gendarmes qui avaient été appelés par les enfants du couple, le prévenu avait réfuté tout comportement violent, expliquant même que sa femme était tout à fait consentante lorsqu'il avait abusé d'elle dans son véhicule. Les investigations et les auditions des enfants du couple ainsi que celles de plusieurs témoins gravitant dans l'entourage familial avaient laissé apparaître le profil d'un homme très violent qui frappait ses enfants avec des bouts de bois, des ceintures ou à mains nues. Un homme qui maltraitait également son épouse avec laquelle il était marié depuis de nombreuses années.


Objet sexuel

Présenté devant le tribunal correctionnel mardi pour répondre de ces faits, le quadragénaire n'a eu de cesse de nier et d'esquiver les questions du président du tribunal. Reconnaissait-il avoir souvent frappé sa femme ? Il l'avait "giflée une fois", mais "pas méchamment". Avait-il l'habitude de frapper ses fils sans aucune raison particulière que celle de passer des nerfs ? Oui, il les "rossait" mais seulement quand les garçons se "bagarraient". A la barre, cet homme décrit par l'expert psychiatre comme s'étant "approprié" sa femme au point d'en faire un "objet sexuel" et de s'en croire propriétaire, a de nouveau nié l'avoir séquestrée et l'avoir violée, la traumatisant de manière si sévère qu'elle avait fait un malaise après s'être tapée la tête contre la vitre de son véhicule. Interrogé sur la volonté de sa femme d'obtenir le divorce, le mis en cause a indiqué qu'il lui "donnerait" si elle en exprimait la volonté de vive voix. Terme qui n'a pas manqué de faire réagir le président du tribunal : "Ce n'est pas à vous de donner le divorce monsieur, nous ne sommes plus au Moyen-âge !"

Et si les victimes de violences conjugales, sous emprise, ont parfois des difficultés à s'éloigner de ceux qui les maltraitent, la femme du prévenu s'est avancée à la barre du tribunal mardi comme si elle avait attendu ce moment depuis des années. Après avoir maintenu ses déclarations, cette mère de quatre enfants a implacablement exprimé la terreur que son époux avait instaurée au sein de leur foyer. "Nous avons passé 22 années ensemble et il a commencé à me frapper un mois après notre mariage. Tout ce que nous avons vécu, moi et mes enfants, on l'a gardé pour nous. Personne ne connaissait notre histoire mais lorsqu'il était présent, nous étions tétanisés".
 

Une vie de violences

Dans des sanglots étouffés, cette femme digne a ensuite souligné l'extrême solitude dans laquelle cette situation l'avait enfermée en déplorant tous ces dimanches où elle allait à la messe avec sa famille et qu'elle faisait "comme si de rien n'était". Elle a évoqué le climat familial depuis le départ de son mari et a, cette fois, semblé soulagée en évoquant ses enfants, beaucoup plus "épanouis". Elle a conclu son témoignage en réaffirmant qu'elle ne pouvait et ne pourrait "plus supporter" cette vie de violences et de menaces.

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a condamné le quadragénaire à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis probatoire pendant deux ans assortis d'un mandat de dépôt. Il devra indemniser la victime à hauteur de deux millions de Fcfp et a l'interdiction d'entrer en contact avec elle.





 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 8 Décembre 2020 à 18:34 | Lu 2163 fois





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