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“Ce n’est pas l’affaire du siècle”


Tahiti, le 23 janvier 2025 - Un père de famille était jugé ce jeudi matin pour violence sur un mineur de moins de 15 ans. Il a donné des gifles a un enfant, 12 ans à l’époque des faits, qu’il soupçonnait d’avoir volé un portefeuille et une enceinte. “Il a fait justice lui-même”, a dénoncé le procureur.
 
D’abord, il n’a pas souhaité porter plainte. Mais, poussé à dénoncer les faits, un enfant de 12 ans a fini par parler après avoir reçu des coups d’un homme en février 2024. L’homme qui soupçonnait l’enfant de l’avoir volé était jugé ce jeudi matin au tribunal. Et il n’a pas nié. “À ma connaissance, il est responsable de deux vols”, a-t-il justifié.
 
Roulant avec sa femme et ses enfants, le mis en cause a invité la victime à monter pour lui demander de s’expliquer. De retour chez lui, il a fait sortir femme et enfants et a repris son interrogatoire. En colère il a fini par lui donner “deux gifles, peut-être trois”. “Je voyais dans ses yeux qu’il me mentait. S’il avait avoué dès le début je ne l’aurais pas frappé.”
 
“Et maintenant ?”, a interrogé le juge. “Je vois que ce n’est pas bien, c’est un jeune et la violence n’est pas tolérable.” L’avocate pour l’Association polyvalente d’actions judiciaires (Apaj) a détaillé le contexte de l’histoire. L’enfant, “un gamin chétif”, placé en famille d’accueil depuis sa naissance ou presque, puis en foyer, a un “parcours de vie compliqué”. Il a grandi dans un milieu violent. “Il n’a peut-être donné que des gifles, mais quand on voit les hématomes, on se dit que ce devait être de sacrées gifles !” “Le prévenu aurait-il aimé que l’on fasse cela à son fils ?” a-t-elle ajouté. Le vol n’était qu’une manière de “manifester son mal-être”. Voilà un “épisode supplémentaire de violence dans sa vie”. Il a demandé 150 000 francs pour le préjudice.
 
Pour le procureur, le prévenu a voulu se “faire justice lui-même”. Il a requis 8 à 10 mois de prison avec sursis et un stage de citoyenneté. L’avocat du mis en cause a joué sur les termes pour défendre son client : “C’était uniquement des claques” et depuis, “il s’est excusé”. “Ce n’est pas l’affaire du siècle”, a-t-il conclu.
 
“Je tiens à m’excuser, cela ne se reproduira plus”, a dit l’homme qui a été condamné à 5 mois de prison avec sursis simple, 100 000 francs au titre du préjudice moral. Il devra suivre un stage de citoyenneté.
 
 

Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 23 Janvier 2025 à 21:48 | Lu 1932 fois