Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes



PACIFIQUE, le 13 juillet 2017. Aux antipodes de la bourdonnante cité d'Auckland, la Nouvelle-Zélande se "termine" tout à fait au nord, par une avancée de rochers séparant le Pacifique de la mer de Tasman, le cap Reinga. C'est là que les âmes des Maoris s'élançaient vers la mythique Hawaiki originelle… Balade.

Le cap Reinga est un site naturel d'une rare majesté. La Nouvelle-Zélande termine ainsi en beauté son long cheminement géologique, entre la mer de Tasman et l’océan Pacifique. Dans un grand souffle d'air, les falaises des côte est et ouest semblent se souder avant d'effectuer un ultime plongeon entre les deux mers ; ces rochers battus par les rouleaux sont le trait d'union entre deux mondes, celui du froid, qui conduit à Hobart, puis à Sydney, et celui du chaud, qui ramène aux îles du Pacifique, dont la mythique Hawaiki.

De Hawaiki à Aotearoa

L'histoire n'a conservé aucune certitude sur l'origine précise des Maoris. Le premier d'entre eux, Kupe, arriva, dit la légende, de Hawaiki, comprenez Raiatea. On sait aussi, grâce à des fouilles, que les Maoris avaient également des contacts avec Huahine. Pour tout guerrier, une seule certitude, une seule ambition : mourir dignement, de manière à ce que son âme puisse s'envoler jusqu'au cap Reinga. Là, sur le dernier rocher de Aotearoa, un souffle divin permettait à l'esprit du défunt de regagner par la mer le paradis originel pour y reposer à jamais, paradis baptisé Hawaiki.

On comprend que le lieu a été sacralisé par les Maoris ; malgré l'intérêt touristique indéniable du site, les plages alentour ont été préservées de la "bétonite" et autre manifestation du "progrès". La Nature, vierge, splendide, a conservé ici toute sa force et sa beauté, même si, navigation moderne oblige, un phare a été construit en hauteur un peu à l'ouest du cap lui-même, alors qu'un parking et que des installations touristiques très sobres ont été aménagées sur les hauteurs du site. Pour le reste, l'ambiance est un mélange "Belle-Île et Cap Horn" qui ne laissera pas insensibles les amateurs de grand large.

Textes et photos : Daniel Pardon

Entre deux mers

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Te Rerenga Wairua (le cap Reinga) marque la séparation entre la mer de Tasman (à gauche de la photo) et le Pacifique sud. Pour les Maoris, ces eaux agitées étaient le lieu où la mer de sexe masculin Te Moana ta Pukapuka, rencontrait la mer femelle, Te Tai o Whitirela. Les vagues qui s'entrechoquent représentent les va-et-vient de l'homme et de la femme pour la création de la vie.

Le départ des âmes

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Côté Pacifique, à l'est du phare, se détache le cap Reinga lui-même, là où les esprits entraient dans le monde caché. Comme escaladant un rocher, on distingue, depuis le phare, un ancien arbre, un kahika, baptisé Te Aroha. Les âmes descendaient dans l'eau en suivant les marches formées par les racines de l'arbre. Elles continuaient ensuite leur voyage jusqu'à Hawaiki, le paradis spirituel… Sur notre cliché, on aperçoit cet arbre, toujours bien ancré au rocher.

Deux sources de vie

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Au cap Reinga, jaillissent deux sources. La première, "Te Waiora a Tane" (les eaux vives du dieu Tane) offre à l'esprit des morts la possibilité d'être purifié. L'eau utilisée dans toute la Nouvelle-Zélande pour les cérémonies funéraires est d'ailleurs appelée "Te Wairoa a Tane". L'autre source, "Te Wai Whero o Rata", est destinée à être bue par les âmes. Si elles le font avant d'entamer leur voyage vers Hawaiki, elles iront à bon port. Si elles ne le font pas, elles retourneront errer sur la « terre du grand nuage blanc ». Les touristes modernes, eux, viennent se "purifier" dans les nombreuses vasques qu'offrent les rochers des plages autour du cap.

Une ancienne presqu'île

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
La terre kiwie ne s'arrête pas au cap Reinga. Muri Motu (North Cape) est le point le plus au nord du pays. Depuis le cap Reinga, on peut en voir les falaises (Surville Cliffs), à environ 3 km au large. À l'origine, ce cap était une île formée par un volcan sous-marin ayant émergé et qui était relié à la grande île du nord par une gigantesque bande de sable formée par les courants marins venus du nord. L'érosion a fini par emporter ce sable, et Muri Motu est aujourd'hui une île en pleine mer (sur notre photo, la plage de Werahi et, au fond, le cap Maria van Diemen qui donne une idée de ce que furent Reinga et Muri Motu, avant d'être séparés par les flots).

Une idée de Kupe

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Kupe est le premier immigrant maohi venu de la mythique Hawaiki, à l'est ; il découvrit le cap Reinga qu'il baptisa "Te Rerenga Wairua" et déclara que c'est de ce point que son peuple retournerait à sa terre natale, après la mort. Beaucoup de lieux chargés de symbolisme portent des noms liés au premier voyage de découverte de Kupe dans toute la Nouvelle-Zélande. Sur notre cliché, la seule construction du cap, l'entrée du site, à demi enterrée. Pas de "bling bling" à Reinga…

La colline des esprits

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
En 1928, le prophète et prêcheur T. W. Ratana vint au cap Reinga pour s'imprégner de la magie du lieu. Il entendit, sur la colline voisine, le "atua peruperu", le murmure des esprits de la mort quand ils passaient par Te Ara Wairua (le passage spirituel entre le monde des vivants et celui des défunts). Depuis ce temps, la colline a été baptisée Atua Peruperu. Le message de Ratana, demandant l'unité du peuple et la justice sociale fit des milliers d'adeptes et aujourd'hui encore, l'église qu'il a fondée a une forte influence dans beaucoup de communautés maories. En photo, les plages de Tapotupotu Bay où un camping est offert aux randonneurs.

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Le phare de Reinga, que certains visiteurs confondent avec le cap lui-même, situé plus l'est et en contrebas.

Carnet de voyage - Reinga : le cap des âmes maories défuntes
Incontournable dans tous les sites géographiques, le traditionnel panneau de signalisation.

Le cap Reinga pratique

Pour y aller
Vols en connexion Papeete-Auckland sur Air Tahiti Nui (ou Air New Zealand) et vols intérieurs Auckland-Kerikeri (45’) sur la compagnie Air New Zealand.

Résider "Bay of Islands"
La région est superbe, c'est la petite Côte d'Azur kiwie. Russel, Paihia, Kerikeri offrent une multitude d'hébergements. Tahiti Infos a choisi Coco Zen Lodge, non loin de Kerikeri, en pleine nature, avec ses trois chalets magnifiques, sa cuisine de qualité et sa vue sur la forêt, l'océan et les îles Cavalli.

Pour circuler
Location d'une voiture indispensable, car la région est vaste et les centres d'attractions multiples. Golf, équitation, pêche, plage (l'eau est plus fraîche que chez nous)…

Le conseil Tahiti Infos

Deux façons de visiter le cap Reinga :

- Partez avec un circuit organisé en bus d’une journée. Vous verrez tout, y compris la Ninety Miles Beach, une immense plage de sable sur laquelle vous roulerez à fond (ce qui est interdit aux voitures de location). Vous pourrez même faire du sandboard (surf sur des dunes de sable). Le bus est pratique, mais les temps de visites sont courts.

- Louez une voiture et allez au cap Reinga pour une journée entière (mais c’est assez fatigant). Les amateurs de randonnée doivent savoir qu'ils peuvent camper sur place et qu'une douzaine de sentiers de découvertes, de deux heures à une journée de marche, sont parfaitement balisés. On peut passer une semaine sur cette presqu'île sans jamais s'ennuyer (deux campings sur la côte Pacifique).

Votre hébergement : Coco Zen

Sur une partie isolée et sauvage de la commune de Kerikeri, une demi-douzaine de chalets en bois, très confortables, sont nichés dans un domaine forestier de dix hectares dominant la baie de Takou. Au premier plan, jusqu’à la mer, une vallée couverte de forêts ; au loin, les îles Cavalli.

Trois de ces chalets sont réservés à l’hébergement : le chalet Motueka (65m2 + terrasse, 1 chambre avec un lit king size, une chambre avec deux lits) et les chalets Panaki et Wakapuki, 42m2 (une chambre avec lit king size). Les trois chalets disposent d’un parking privé, d’une cuisine équipée, d’un accès internet, d’un large living room, d’une salle de bain (+ télévision, DVD, musique). Le client est choyé à Coco Zen Lodge and Spa et n’est pas noyé dans une masse de touristes (14 personnes au maximum). Piscine, spa, massages complètent l’offre de services incluant petits déjeuners délicieux (miel à gogo !) et repas du soir dignes des meilleures tables (Carole étant véritablement un fin cordon bleu).

Très honnêtement, la région autour de Kerikeri mérite une bonne semaine pour être visitée et pour se reposer et se détendre dans une ambiance gourmande. Tarifs à la demande, (site : http://www.cocozen.co.nz). Cocozen travaille beaucoup avec Air New Zealand (forfaits), mais le trajet via Air Tahiti Nui (PPT-Auckland-Kerikeri) est très agréable, compte tenu des horaires.

Rédigé par Daniel PARDON le Jeudi 13 Juillet 2017 à 09:50 | Lu 2028 fois




Culture et Patrimoine | carnets de voyage | Journal des enfants | Les recettes | People | Actualité Santé | Environnement | Technologies