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Carnet de voyage: Manihi, ou le temple (oublié) de la perle



C’est à Manihi, il y a 50 ans exactement, qu’est née la première ferme perlière privée, sous l’impulsion de joailliers parisiens, les frères Rosenthal. © Daniel Pardon
C’est à Manihi, il y a 50 ans exactement, qu’est née la première ferme perlière privée, sous l’impulsion de joailliers parisiens, les frères Rosenthal. © Daniel Pardon
Le petit atoll de Manihi connut ses heures de gloire avec plus de 70 fermes perlières dans les années 80 et 90 ; mais la crise de la perliculture, avec un effondrement des prix, est passée par là. Aujourd’hui, il reste moins de dix fermes encore en activité sur la couronne récifale, des fermes qui s’accrochent comme elles le peuvent pour survivre plutôt que vivre.

L’aventure officielle de la perliculture en Polynésie française démarra en août 1961 dans les eaux de l’atoll de Hikueru. Le gouvernement d’alors avait investi, dès 1956, environ dix millions de Fcfp (de l’époque, belle somme !) pour parvenir à tirer de la nacre Pinctada margaritifera, des perles présentables (après divers essais infructueux dans le passé).


276 perles récoltées fin 1963

Quelques-uns des colliers de la ferme proche de la pension Poerani Nui ; laissez-vous tenter, les prix sont très attractifs ! © Daniel Pardon
Quelques-uns des colliers de la ferme proche de la pension Poerani Nui ; laissez-vous tenter, les prix sont très attractifs ! © Daniel Pardon
Jean Domard, vétérinaire français, patron du Service de la pêche, fut la clé de voûte de cette expérience qui se solda par une belle réussite. Certes, un lot de 827 pintadines seulement avait été greffé par un Japonais, mais le résultat était là, des perles rondes et dignes d’être commercialisées étaient nées de cette première opération de greffe. 276 perles avaient été récoltées en décembre 1963 et en mars 1964, les plus belles, 235, sont présentées au Japon.
Dès la première récolte, de nouvelles greffes furent tentées à Bora Bora, mais ces expériences finirent par être abandonnées faute de greffeurs japonais. L’initiative privée allait ensuite prendre le pas et c’est Manihi qui eut l’honneur de voir les premières fermes perlières privées s’installer dans son lagon.
En 1967, Jacques Rosenthal, joaillier parisien ayant compris les potentialités de la perle de Tahiti, se lance avec un biologiste australien réputé, William Reed (Bill). En janvier 1968, les associés créent la première ferme perlière de Polynésie française, à la droite de la passe de Manihi (en regardant le large), baptisée Société perlière de Manihi (SPM, un sigle que l’on retrouvera bien plus tard, toujours à Manihi, dans l’hôtellerie).


1601 concessions en 1976

Le mabe reste un produit très intéressant, notamment pour la fabrication de pendentifs et le choix ne manque pas à Manihi. © Daniel Pardon
Le mabe reste un produit très intéressant, notamment pour la fabrication de pendentifs et le choix ne manque pas à Manihi. © Daniel Pardon
Un homme connaît bien cet environnement, Koko Chaze, qui approvisionne le marché de Papeete en poissons frais de Manihi, capturés par les pêcheurs (notamment dans les parcs à poissons installés près de la passe). Koko Chaze devient le directeur de la SPM, Jacques et Hubert Rosenthal détenant à eux deux la majorité, 54 % des parts.
La première année, 2 956 nacres sont greffées, mais dans le seul but d’obtenir des « mabe » (demi-perles), 79 faisant l’objet de greffes expérimentales en vue de produire des perles rondes. En 1971, la SPM procède à la première récolte de perles rondes, 271 « petites billes noires » vendues 1500 us$. En septembre 1973, un lot de 113 perles est récolté (à partir de 4 200 nacres greffées).
C’est à partir de ces débuts encourageants que la perliculture prendra très vite son envol aux Tuamotu, puis aux Gambier (où elle se maintient aujourd’hui à un niveau record en termes de productivité et de qualité), puis, plus tard, aux îles Sous-le-Vent ; les Australes, malgré la qualité des eaux du lagon de Tubuai et les Marquises (faute de lagon, mais pas de nacres), resteront en dehors de cette véritable ruée : d’une seule ferme en 1968, on passera à 1601 concessions en 1976 (tant en collectage de naissains qu’en nacres greffées).


De 6490 Fcfp à 800 Fcfp le gramme

Vous les aimez grosses ou petites ? Il y a le choix  sur place…© Daniel Pardon
Vous les aimez grosses ou petites ? Il y a le choix sur place…© Daniel Pardon
La machine, on le sait, faute d’hommes politiques compétents capables de gérer cette richesse, s’emballera très vite avec une production anarchique sans cesse en hausse pendant des décennies, mais un prix qui passera de 6 490 Fcfp le gramme en 1990 à 800 Fcfp le gramme en août 2003. Depuis, la perle de Tahiti, que l’on ne désigne plus sous l’appellation « perle noire » (mais sous l’appellation « perle de culture de Tahiti »), tente de reprendre des couleurs, mais on est aujourd’hui très loin des années fastes et un très grand nombre de structures ont mis la clé sous la porte, beaucoup de Paumotu étant retournés au coprah…
On comprend mieux, en se remémorant cette histoire de la perle de Tahiti (qui, en 2018, fête ses 50 ans en tant qu’activité privée), que le séjour à Manihi, aujourd’hui, a valeur de pèlerinage.


Arrivée à la ferme voisine de la pension Poerani Nui. Même si l’activité est aujourd’hui modeste, la découverte, pour les visiteurs, vaut le déplacement. © Daniel Pardon
Arrivée à la ferme voisine de la pension Poerani Nui. Même si l’activité est aujourd’hui modeste, la découverte, pour les visiteurs, vaut le déplacement. © Daniel Pardon
La ferme des Rosenthal, en mode survie, est toujours à la même place et elle est, nous a-t-on dit, à vendre, comme tant d’autres fermes à Manihi. Lorsqu’on longe la côte, côté lagon, on ne compte plus les bâtiments en ruines, témoins d’une activité passée. On dit que près de quatre cents emplois ont été supprimés sur l’atoll avec la fermeture de la majorité des fermes. Les autres, la plupart du temps, survivent autour d’un petit groupe familial soudé où l’on ne compte pas ses heures de travail, mais dont les fins de mois sont bien difficiles, d’autant que les quotas de nacres autorisées à la greffe ont été considérablement diminués pour tenter de juguler la surproduction ayant abouti à la crise que l’on a évoquée. Seule nouveauté, le collectage de naissains semble pouvoir redynamiser le secteur.

Visite à la ferme

Le fare greffe, au-dessus du lagon ; c’est là que les nacres subissent l’opération destinée à obtenir une perle.© Daniel Pardon
Le fare greffe, au-dessus du lagon ; c’est là que les nacres subissent l’opération destinée à obtenir une perle.© Daniel Pardon
Il est, à ce titre, d’autant plus intéressant de rendre une petite visite à la ferme toute proche de la pension Poerani Nui, la ferme Temotu Perles, de Michel Grillot. Elle est l’exemple type de la petite structure familiale fonctionnant en mode survie, tous les travailleurs impliqués encore dans cette aventure espérant des jours meilleurs et des cours un peu plus soutenus.
Le volume de nacres greffées n’a plus rien à voir avec ce qui se faisait dans le temps, mais l’esprit pionnier est encore bien présent, le désir de se battre aussi tandis que la qualité des produits comme les prix proposés valent largement que l’on y jette un peu plus qu’un simple coup d’œil. Il y a des affaires, de très bonne affaires à réaliser, le stock vendu à la pension Poerani Nui ayant de quoi satisfaire bien des exigences à notre avis.
En tous les cas, cette immersion, même brève et même superficielle dans le monde de la perliculture, enchantera tous ceux qui ne sont pas familiarisés avec cette activité, sur laquelle plane toujours l’esprit des pionniers (nous pensons tout spécialement à KoKo Chaze) et, plus lointaine dans le temps, la magie des récits d’Henry de Monfreid, trafiquant de perles du côté de la Mer Rouge et de la corne de l’Afrique…

Textes et photos : Daniel Pardon




A l’intérieur du fare greffe, avec vue sur le petit port de la ferme.© Daniel Pardon
A l’intérieur du fare greffe, avec vue sur le petit port de la ferme.© Daniel Pardon

Ces petites billes jaunes sont les nucléus qui seront greffés dans les nacres.
Ces petites billes jaunes sont les nucléus qui seront greffés dans les nacres.

Détroquées, de jeunes nacres vont être installées dans le lagon pour y grandir, avant d’être greffées.© Daniel Pardon
Détroquées, de jeunes nacres vont être installées dans le lagon pour y grandir, avant d’être greffées.© Daniel Pardon

Les offres Séjours dans les îles

L’intérieur d’un des quatre bungalows de la pension Poerani Nui. Manu les a récupérés auprès de l’ex-hôtel Manihi Pearl Beach et les a décorés de ses propres peintures.
L’intérieur d’un des quatre bungalows de la pension Poerani Nui. Manu les a récupérés auprès de l’ex-hôtel Manihi Pearl Beach et les a décorés de ses propres peintures.
Pension Poerani Nui
Sur un motu privé à 12km du village principal de Manihi, la pension Poerani Nui vous propose de vivre une expérience au plus près de la nature polynésienne. Implantés dans une vaste cocoteraie donnant sur une plage de sable blanc et rose, quatre bungalows accueillent en toute simplicité les voyageurs en quête de douceur de vivre et de quiétude. Pour vous inciter à la détente et admirer les magnifiques couchers de soleil, des paillotes abritant des chaises longues ou des hamacs sont disposés ici et là sur la plage. Vous pourrez aussi accéder à la mer en empruntant un ponton.
Séjour Vol + 2 nuits avec demi-pension à Partir de 63 968 Fcfp
+ Nuit supplémentaire avec demi pension à partir de 16 800 F/pers.

Les bungalows
• 1 bungalow (capacité 2 personnes),
• 2 bungalows (capacité 3 personnes),
• 1 bungalow familial (capacité 4 personnes ou 2 adultes + 2 enfants).
Equipements des bungalows
• Terrasse,
• salle de bains privée avec eau froide,
• moustiquaire (sur demande),
• produits anti-moustiques fait maison,
• brasseur d'air,
• savon,
• linge de maison.











Rédigé par Textes et photos : Daniel Pardon le Vendredi 24 Août 2018 à 11:03 | Lu 5529 fois




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