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Carnet de voyage - Eric de Bisschop, marin passionné jusqu’à la mort



TAHITI, le 2 mars 2017. Comment un marin certes exceptionnel, mais qui cumula malchance et désastres en tous genres, passa-t-il à la postérité (au moins dans nos îles) ? Sans doute parce qu’il était, au premier degré, d’une sincérité face à la mer et face à ses rêves de gosse qui confinait à la naïveté, ce qui ne pouvait que lui valoir la sympathie de tous. Pour faire court, si Eric de Bisschop a presque tout raté dans sa vie aventureuse, il n’en demeure pas moins qu’aux côtés de personnages comme Alain Gerbault et Joshua Slocum, il a marqué la navigation durant les six premières décennies du XXe siècle…

“Presque tout raté” : ces trois mots vont sans doute nous valoir une pluie de critiques, même si nous admirons sincèrement de Bisschop, entré dans la légende des pionniers de la navigation ancestrale dans le vaste Pacifique.

La Polynésie française, en 1988, a honoré le trentième anniversaire de la mort d’Eric de Bisschop avec ce timbre représentant le voyage aller du “Tahiti Nui I” et le voyage fatal, au retour, du “Tahiti Nui II”.
La Polynésie française, en 1988, a honoré le trentième anniversaire de la mort d’Eric de Bisschop avec ce timbre représentant le voyage aller du “Tahiti Nui I” et le voyage fatal, au retour, du “Tahiti Nui II”.

Mousse à 14 ans

Mais avant de parler de son odyssée au départ de Tahiti, odyssée qui lui fut fatale, revenons quelques années en arrière : Eric de Bisschop naît le 21 octobre 1891 dans le Pas-de-Calais d’une famille de petite noblesse plutôt fortunée (son père possède une entreprise de savons à Tourcoing). Ses biographies font état d’un parrain qui expliquerait ses choix politiques plus tard, Philippe Pétain lui-même.

Le jeune de Bisschop a la bougeotte : il aurait été cap-hornier très jeune, entre 1905 et 1910 à bord du “Dunkerque”, mais ses parents souhaitaient qu’il ait un bagage plus solide que celui d’un simple marin : il suivit donc les cours de l’école d’hydrographie dont il serait sorti diplômé, avec le grade de lieutenant, pour devenir capitaine dans la marine marchande. Au début de la guerre de 14-18, il est bien entendu mobilisé (on le signale aux Dardanelles), avant d’être gravement blessé en 1917 dans le crash d’un hydravion.

Le temps des “Fou Po” chinois

On le retrouve dix ans plus tard loin de la savonnerie familiale, en Chine, où il va pouvoir donner corps à son goût pour l’aventure : avec un camarade, surnommé Tati, il construit une jonque, le “Fou Po I” ; ils remontent le Yangzi Jiang mais, une fois en mer, voient leur beau rêve se fracasser sur les côtés de ce qui ne s’appelle pas encore Taïwan (Formose).

Qu’à cela ne tienne, un “Fou Po II” nettement plus petit va permettre à Tati et Eric de sillonner l’Asie du Sud Est de 1933 à 1935 avec un séjour de sept mois en Nouvelle-Guinée. Glissant jusqu’aux îles Marshall, de Bisschop y est arrêté par les Japonais, puis relâché ; mais l’aventure lui a laissé un goût amer, il met les voiles vers l’archipel hawaiien où il arrivera le 25 octobre 1935 avec son compagnon, totalement épuisés, à court de vivres depuis des semaines, inconscients même sur l’île de Molokai, à Kalaupapa, recueillis par les lépreux et leurs soignants.

Trois années d’archives détruites

L’ambiance politique en Asie, l’impérialisme nippon en pleine expansion ont guéri de Bisschop de cette région. A Hawaii il est, à Hawaii il restera, d’autant plus que le “Fou Po II” a littéralement “explosé” sur la côte hawaiienne lors d’une tempête, peu de temps après l’arrivée des deux marins.
Le voyage se termine donc sur un nouvel échec, au moins en ce qui concerne le bateau et toutes les archives recueillies pendant les trois années d’exploration et de navigation du “Fou Po II”.

A Hawaii, avec de l’argent provenant de sa famille, de Bisschop, très vite, décide de repartir ; mais cette fois-ci, ce sera sur une pirogue double polynésienne, “Kaimiloa” et le succès, enfin, sera au rendez-vous, puisque ce marin aussi doué qu’entêté ralliera la France ; le départ de Honolulu se fit le 7 mars 1937, l’arrivée en baie de Cannes eut lieu le 23 mai 1938, après sept escales et le passage du cap de Bonne Espérance. Même si la navigation a été émaillée de problèmes techniques, de mauvais temps et de soucis multiples, cette odyssée de plus d’une année confirme les qualités de marin d’Eric qui peut très vite publier un ouvrage (“Kaimiloa”).

Pro Pétain : le mauvais choix

Dans une ambiance de guerre, de Bisschop réussit à quitter la France à bord d’un nouveau bateau pour regagner le Pacifique Sud. Son embarcation a été construite à à Bègles et a quitté Bordeaux le 14 juin 1940. Mais le “Kaimiloa-Waikea” n’ira pas loin, détruit dans une tempête aux Canaries. Nouvel échec, assombri par les choix politiques de de Bisschop : il est pétainiste convaincu, la Polynésie française, où il désirait se rendre, a choisi de Gaulle, il retournera donc, aux frais du régime de Vichy, à Honolulu, où il arrive avec sa femme en août 1941. Il a le statut d’agent consulaire et se déchaîne alors contre la France libre, au point d’être arrêté quelques jours en décembre 1941 pour ses positions pro Pétain et donc supposées être pro allemandes et donc pro japonaises. Là encore, de Bisschop fait le mauvais choix, se trompe de camp et connaît une vive déception politique quand la guerre tourne à l’avantage des Alliés.

Finalement, il décide de venir s’installer à Tahiti en 1947 où il travaille à la collecte du coprah à bord de goélettes, avant de devenir agent du cadastre aux Australes ; il travaillera à Rurutu, dont il tombera amoureux (et où il est enterré aujourd’hui), et à Raivavae.

“Kon Tiki” : le choc de sa vie

Le choc de sa vie, de Bisschop le vécut lorsqu’il vit ceux qu’il prit pour de simples amateurs vaguement illuminés connaître un triomphe mondial sans précédent : les aventuriers du “Kon Tiki”, parvenus sains et saufs à Raroia, prétendaient avoir démontré que les Indiens d’Amérique du Sud avaient peuplé le triangle polynésien. Hérésie totale pour Eric qui digère très mal le succès de cette aventure à ses yeux sans aucun intérêt, sinon d’avoir prouvé que, dans un courant d’est en ouest, un radeau de balsa pouvait flotter et avancer. Une noix de coco ferait la même chose !

Remonté comme une pendule contre la bande à Heyerdhal, de Bisschop décide alors de faire le même trajet en sens inverse. Pour lui, aucun doute possible, les Polynésiens sont allés en Amérique du Sud et ils en sont revenus (ils ont ramené, entre autres, la patate douce).

Naufrage au large du Chili

C’est la naissance du fameux projet “Tahiti-Nui I”, bateau fait de bambous : avec à son bord Francis Cowan, Michel et Alain Brun et le Chilien Juan Bugano, dit Juanito, il s’élance le 8 novembre 1956 de Papeete, marque une escale à Port Phaëton quelques jours pour rajouter des bambous à son radeau à la médiocre flottaison et s’élance sur le vaste océan, cap sur le Chili via les Australes. Les vents portants obligent en effet les voiliers à descendre au sud pour trouver ensuite des courants et des vents d’ouest en est. En mars 1957, le “Tahiti Nui I ” se trouve à la latitude de Rapa Nui, mais le bateau est déjà mal en point. Il se traîne en direction de l’île de Robinson Crusoe (archipel chilien de Juan Fernandez), mais n’y parviendra même pas.

Le radeau de 12 m de long sur 5m de large n’est plus qu’une épave désarticulée après 199 jours de mer, éloigné de plus de 350 milles nautiques des côtes chiliennes. Le remorqueur de la marine chilienne “Baquedano” sauve l’équipage, mais abandonne l’épave du “Tahiti Nui I” le 26 mai 1957. C’est encore un échec quasi complet pour de Bisschop, qui estime pourtant avoir presque réussi… L’équipage est d’ailleurs fort bien accueilli à Santiago où Eric décide de rester.

Rebelote en sens inverse

Rentrer autrement que sur un radeau de sa conception n’est pas possible à ses yeux ; il se lance donc dans le projet “Tahiti Nui II”, un radeau fait de bois de cyprès (très lourd) qui est mis à l’eau au port de Constitution le 12 février 1958. Le 15, il est remorqué dans le courant de Humbolt qui le propulse sans problèmes majeurs jusqu’à Callao, le port de Lima au Pérou. 1 500 milles sans histoires, c’est déjà bien, mais le plus dur reste à faire malgré la très mauvaise flottabilité des troncs de cyprès auxquels on ajoute, par sécurité, des bidons.

L’équipage a changé, seul Alain Brun étant resté avec de Bisschop. Du 27 mars au 13 avril, le “Tahiti Nui II” se refait une santé au port de Callao avant de repartir, cap à l’ouest !

Si le bateau se comporte au moins aussi bien que le “Kon Tiki” (qui n’était pas manoeuvré par des marins), en revanche, et comme c’était prévisible, les cyprès, gorgés d’eau, s’enfoncent de plus en plus. Eric de Bisschop est, pour sa part, très malade, cloué sur sa couchette. Mi-juin, la cabine est sous vingt centimètres d’eau. A 80 milles des Marquises, avec des vents contraires, le “Tahiti Nui I” coule lentement mais sûrement et ne peut espérer rejoindre la Terre des Hommes.

Un ultime radeau avant le drame

Miel et lait condensé en très petites portions pour seule nourriture, de Bisschop, très affaibli, est au plus mal, et la situation est désespérée. Le bateau a beau être allégé de tout ce qui n’est pas indispensable à sa survie, il continue à s’enfoncer inexorablement. L’équipage décide alors, avec les bidons emportés de Callao, de construire un nouveau radeau ; dans une mer démontée, Alain Brun fait le maximum et réussi l’exploit de bricoler une embarcation où se réfugient ceux que l’on peut désormais appeler les naufragés du “Tahiti Nui II”. Non sans mal, Eric de Bisschop est transféré sur ce que nous n’osons pas appeler le “Tahiti Nui III”, formé en grande partie de bidons qui n’ont rien de traditionnel. Evidemment, “c’est râpé” pour les Marquises ; il n’y a presque plus de vivres, il faut se rationner, se supporter, affronter la pluie (enfin de l’eau potable !), le froid, le dénuement et l’inconfort le plus total. On prête à de Bisschop cette phrase prémonitoire qui résume tout : “ Mon Dieu, peu importe comment ça finira, pourvu que ça finisse vite”.

4 blessés, un mort…

Ces paroles sont prophétiques : le radeau est en vue de Rakahanga le 29 août à la mi-journée : il touche le récif en pleine nuit ce 30 août 1958 et s’y écrase lamentablement : Jean Pélissier, Alain Brun, Hans Fisher et Juanito Bugueno sont blessés par les coraux du platier, mais ils parviennent à gagner la terre ferme. Eric de Bisschop, incapable de se protéger, reçoit une pièce de bois sur le crâne. Le coup est fatal, il décède ; ses hommes pourtant ne l’abandonneront pas à la mer et le ramèneront sur le sable.

Rakahanga accueillera avec un formidable dévouement les rescapés qui seront ramenés à Papeete en septembre à bord de la canonnière “Lotus”, emportant dans ses cales le cercueil de cet incorrigible aventurier que fut Eric de Bisschop ; il paya de sa vie la poursuite de ses rêves, lui qu’aucun échec n’avait pu arrêter. Il allait avoir soixante sept ans.

Daniel Pardon

Heyerdhal/de Bisschop

Dans le “match” qui opposa Thor Heyerdhal, initiateur du “Kon Tiki”, et Eric de Bisschop, créateur des “Tahiti Nui I” et “Tahiti Nui II”, le premier avait tout faux, le second tout juste, mais c’est le premier qui connut la gloire et la fortune. Heyerdhal voulait prouver que les Indiens d’Amérique du Sud avaient peuplé la vaste Polynésie. C’était faux, mais en 1947, au sortir d’une guerre mondiale effroyable, il sut faire rêver la planète entière avec son expédition bricolée à la hâte. Presque une décennie plus tard, de Bisschop prouva (partiellement) que les Polynésiens avaient, au contraire, pu aller en Amérique du Sud et en revenir. C’est lui qui avait raison, mais son odyssée ne passionna pas les foules à l’échelle mondiale. Le premier “Tahiti Nui” sombra au large du Chili, le second radeau s’écrasa sur le récif de Rakahanga, aux îles Cook, tuant son capitaine. “L’Histoire est une fille facile qui couche avec les vainqueurs” dit-on. Heyerdhal avait certes vraiment tout faux, mais il avait une longueur d’avance sur de Bisschop et il termina son aventure en beauté. C’est lui qui entra dans la légende…


À lire

Deux livres anciens, à lire, pour mieux connaître la vie aventureuse de ce marin exceptionnel.
Deux livres anciens, à lire, pour mieux connaître la vie aventureuse de ce marin exceptionnel.
Les confessions de Tatibouët (Pierrefeu)
Cap à l'Est (Éric de Bisschop)
Kaimiloa (Éric de Bisschop)
Vers Nousantara (Éric de Bisschop, R. Argod)
Le dernier rendez-vous d'Éric de Bisschop (Bengt Danielsson)
Le destin tragique du Tahiti Nui (Michel Brun)
Les mascottes du Tahiti Nui (Bustos Mandiola, Jaime)
Cinq hommes sur un radeau (Jean Pellissier)

Le “Fou Po I”, premier bateau et premières expériences de navigation en Asie du Sud-Est et en Chine. La jonque se fracassa sur les côtes de Taïwan.
Le “Fou Po I”, premier bateau et premières expériences de navigation en Asie du Sud-Est et en Chine. La jonque se fracassa sur les côtes de Taïwan.

Le “Fou Po II” permit à de Bisschop de naviguer trois ans entre l’Asie et Hawaii ; mais la petite jonque ne résistera pas à une tempête et de Bisschop perdra trois ans d’archives.
Le “Fou Po II” permit à de Bisschop de naviguer trois ans entre l’Asie et Hawaii ; mais la petite jonque ne résistera pas à une tempête et de Bisschop perdra trois ans d’archives.

Le “Kaimiloa” sera la grande réussite de de Bisschop, puisqu’il gagnera Cannes, sur cette pirogue double, en partant de Hawaii.
Le “Kaimiloa” sera la grande réussite de de Bisschop, puisqu’il gagnera Cannes, sur cette pirogue double, en partant de Hawaii.

Le “Tahiti Nui I” au départ de Tahiti en 1956 : l’aventure voulait démolir les thèses de Thor Heyerdhal et de son “Kon Tiki”. La science s’en chargera plus tard…
Le “Tahiti Nui I” au départ de Tahiti en 1956 : l’aventure voulait démolir les thèses de Thor Heyerdhal et de son “Kon Tiki”. La science s’en chargera plus tard…

Le naufrage du “Tahiti Nui I” au large de l’archipel de Juan Fernandez, encore bien loin des côtes chiliennes que de Bisschop voulait atteindre.
Le naufrage du “Tahiti Nui I” au large de l’archipel de Juan Fernandez, encore bien loin des côtes chiliennes que de Bisschop voulait atteindre.

Eric de Bisschop n’a connu que bien peu de succès dans sa carrière, mais qu’importe, le personnage haut en couleur est resté dans le cœur des anciens.
Eric de Bisschop n’a connu que bien peu de succès dans sa carrière, mais qu’importe, le personnage haut en couleur est resté dans le cœur des anciens.

En 2008, pour marquer le cinquantenaire de la disparition de de Bisschop aux îles Cook, l’OPT a émis cette vignette signée Jean-Louis Saquet.
En 2008, pour marquer le cinquantenaire de la disparition de de Bisschop aux îles Cook, l’OPT a émis cette vignette signée Jean-Louis Saquet.

De Bisschop face à la mer, qu’il défia toute sa vie, avec plus ou moins de succès.
De Bisschop face à la mer, qu’il défia toute sa vie, avec plus ou moins de succès.

A Rurutu, la tombe de ce marin devenu Polynésien d’adoption (photo : Anne-Marie Argod, archives DP).
A Rurutu, la tombe de ce marin devenu Polynésien d’adoption (photo : Anne-Marie Argod, archives DP).

Rédigé par Daniel PARDON le Jeudi 2 Mars 2017 à 12:14 | Lu 3520 fois






1.Posté par Manotane le 02/03/2017 13:29 | Alerter
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Tout raté, je ne sais pas, mais il a chaque fois atteint la destination qu'il s'était donné, en catastrophe il est vrai, mais seul le retour de Valparaiso est un échec puisqu'il ratera les Marquises et trouvera la mort aux îles Cook. L'échec aurait été de na pas atteindre sa destination!!!
De son séjour à Rurutu, il écrira "Rurutu, île sans passé" tant les habitants lui cacheront leurs généalogies, lui empêchant de donner un nom aux propriétaires des parcelles bornées. Il avait dit : tout ce qui sera non revendiqué deviendra domaine Territorial. Pas fous les Rurutu, avant les réunions sur les partages, certains anciens disaient : "toutes les parcelles doivent être revendiquées, même si le vrai propriétaire est inconnu. Si demain quelqu'un prouve que la terre lui appartient, alors, rendez-lui."

2.Posté par Erick Monod le 03/03/2017 19:44 | Alerter
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Merci Daniel , c'est chaque fois un plaisir de te retrouver .
Je ne relèverais qu'une seule chose ...et tous les marins-voileux te le confirmeront : il n'existe qu'un seul véritable homme de la mer dans les grandes aventures de navigation en solitaire ...et c'est bien Slocum..
Tous les autres ont été soit des guignols chanceux soit ont su utiliser de manière habile les différents médias... et la littérature

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