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Cafouillage à Paris sur la situation sanitaire en Polynésie


Tahiti, le 25 août 2021 – À l'issue du conseil des ministres de mercredi à Paris, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, s'est visiblement emmêlé les pinceaux sur la situation sanitaire en Polynésie française et confond malencontreusement l'effort de “solidarité nationale” avec celui apporté aux Antilles. Pas de quoi amuser les autorités du Pays…
 
Il fallait s'y reprendre à deux fois, mercredi, pour écouter le porte-parole du gouvernement à Paris, Gabriel Attal, évoquer la situation sanitaire de la Polynésie française en point presse post-conseil des ministres. Avant d'annoncer un projet de loi destiné à maintenir l'état d'urgence en Polynésie française jusqu'au 15 novembre, le porte-parole a résumé la situation sanitaire dans les différentes collectivités ultramarines françaises les plus touchées par le Covid-19. Antilles d'abord, Polynésie ensuite.
 
“En Polynésie, le taux d'incidence est colossal. Il atteint 2 800/100 000 habitants. Cette situation pourrait rapidement causer une saturation hospitalière et nous nous mobilisons donc en permanence pour envoyer des centaines de soignants sur place, pour organiser des évacuations et garantir l'approvisionnement en oxygène et autres besoins vitaux. Dans ces moments, le mot de solidarité nationale prend à nouveau tout son sens.” Et Gabriel Attal de poursuivre : “En conséquence de ces situations très graves, la rentrée scolaire avait déjà été reportée en Polynésie française et il a été décidé de la repousser également au 13 septembre en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy ainsi que dans la partie de la Guyane en zone rouge”.
 
Du côté du haut-commissariat, on concédait un évident “cafouillage” avec la situation en Martinique et en Guadeloupe. "Oui, la Polynésie est en situation de saturation hospitalière. Non, il n'est pas prévu l'envoi de centaines de soignants”, confirmaient les services de l'État en Polynésie, assurant que Paris était parfaitement au fait de ces informations. Sur l'envoi de 300 soignants aux Antilles d'ailleurs, on mettait en avant la situation “plus difficile” sur le plan de la saturation hospitalière sur place. Mercredi matin, 11 nouveaux soignants de la réserve sanitaires sont arrivés de métropole pour rejoindre leurs 15 collègues au Centre hospitalier et 4 soignants militaires basés en Polynésie ont également été envoyés en renfort.
 
Raynal souffle le chaud et le froid
 
“Franchement, au risque de vexer certains, je pense que malheureusement les informations que reçoivent les autorités métropolitaines, ou elles sont filtrées ou elles sont mal reçues”, a réagi mercredi midi un ministre de la Santé, Jacques Raynal, visiblement moins amusé qu'agacé par ce “cafouillage”. “On est loin, c'est vrai, on est loin. Ce territoire est mal connu de la métropole. On s'imagine que ce la Polynésie française, c'est Tahiti. C'est les cocotiers, c'est les plages de sable blanc…”
 
Pour autant, le ministre a également tenu à réaffirmer lui-aussi que les informations circulaient évidemment entre Tahiti et Paris. “Le haut-commissaire et les services du Pays correspondent tous les jours, nuitamment”. Et même sur les moyens envoyés aux Antilles, le ministre s'est voulu compréhensif. “Il y a des moyens métropolitains. Ils ont été envoyés là bas. Il faut faire des choix. Et nous nous trouvons nous, au bout du bout du banc. Ce qui ne veut pas dire que la France ne nous aide pas. Elle nous a beaucoup aidé. Elle continuera à nous aider. Mais la plus belle des mariés ne peut donner que ce qu'elle a.”
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mercredi 25 Août 2021 à 21:11 | Lu 14712 fois