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CHPF : « Un préavis de grève pour pouvoir négocier »


La majorité du personnel du CHPF présent hier s'est dit favorable à un dépôt de préavis de grève si le gouvernement ne répond pas ce midi favorablement à leurs demandes.
La majorité du personnel du CHPF présent hier s'est dit favorable à un dépôt de préavis de grève si le gouvernement ne répond pas ce midi favorablement à leurs demandes.
PAPEETE, le 5 février 2015. Le personnel du CHPF réuni en assemblée générale ce jeudi midi a décidé de déposer cet après-midi un préavis de grève si aucun accord n'était trouvé pour compenser la baisse de 600 millions de Fcfp de la dotation globale pour 2015.


La majorité des mains se sont levées dans l'amphithéâtre de l'hôpital de Taaone. Les représentants des syndicats venaient de demander au personnel du CHPF si celui-ci acceptait qu'un préavis de grève soit déposé ce vendredi après-midi si aucun accord n'est trouvé pour compenser la baisse de 600 millions de Fcfp de la dotation globale pour 2015. Les représentants du personnel souhaitent déposer un préavis de grève cet après-midi pour « pouvoir négocier ».

• Que dénoncent-ils ?
Le Pays a décidé de diminuer la dotation globale de financement du centre hospitalier de Polynésie française de 600 millions de Fcfp pour 2015. Une situation que le personnel de l'hôpital de Taaone n'accepte pas.
A coups de chiffres, les syndicats rappellent que depuis l'entrée dans le nouvel hôpital en 2010, la perte totale de dotation globale de fonctionnement validée par le Pays s'élève à 2,367 milliards de Fcfp. L'établissement se retrouve donc avec la même dotation globale de fonctionnement qu'en 2008, à l'époque où l'hôpital était encore à Mamao. « On ne peut pas laisser cela passer. Il faut stopper cette baisse », insiste Vaitea Le Gayic, du Syndicat autonome du personnel hospitalier.

Pendant plusieurs années, pour compenser la baisse de la dotation, l'hôpital a compensé en augmentant notamment les tarifs d'hospitalisation pour les ressortissants ne cotisant pas à la CPS C'est alors la Sécurité sociale qui prend en charge ce surplus. Mais l'augmentation de ces tarifs semble avoir atteint un plafond puisque les prix d'une journée d'hospitalisation ont été multipliés par quatre depuis 2010.

En raison de la baisse de la dotation, l'hôpital ne pourra pas renouveler de matériel médical mettent avant les représentants du personnel, alors que « 80 % de l'équipement nécessitent d'être remplacé », précise Sylvie Labrousse, du syndicat du personnel du centre hospitalier de Taaone. «Ce ne sera pas possible d'assurer la même qualité des soins et les mêmes soins avec moins de moyens »

• Que demandent-ils ?
Les cinq syndicats du CHPF prêts à déposer un préavis de grève ce vendredi demandent d'abord une compensation sur le premier semestre de l'année de la baisse de 600 millions de Fcfp de la dotation globale de fonctionnement (DGF) du CHPF.
Mais ils demandent également que les « modalités pour évaluer la dotation globale de fonctionnement soient déterminées ». Pour eux, il est important que la DGF soit calculée « selon l'activité de chaque service », souligne Marc Levy, président du Syndicat des praticiens hospitaliers de Polynésie française. « Mais ils préfèrent faire une dotation de fonctionnement globale et abstraite. »
Les syndicats souhaitent aussi que la possibilité « d'annuler l'avance de trésorerie du Pays (de l'ordre de 3 milliards) par la créance du Pays » soit examinée. En effet, le Pays a du retard dans ses versements au titre du Régime de solidarité territorial (RST) pour l'année 2014 et 2015, ce qui représente une sommes de « 3,3 milliards de Fcfp » selon les syndicats.

• Qu'ont donné les premières discussions ?
Depuis le 18 décembre dernier, les organisations syndicales du CHPF ont obtenu quatre rendez-vous avec les représentants du gouvernement. « Ils ont reconnu qu'il y avait une insuffisance budgétaire », explique Marc Levy. « Ils ont conscience qu'il y a un problème et que notre question est légitime. Mais le problème est de trouver l'argent. » Pour faire aboutir les discussions et ne plus avoir uniquement Patrick Howell, « ministre en devenir de la Santé » comme interlocuteur, les syndicats pensent que « pour avancer, il faut entrer en négociation. La seule solution, c'est d'être en préavis de grève », souligne Marc Levy. « Légalement, nos interlocuteurs seront obligés de négocier ».

• Quelles conséquences pour les patients ?
Pour le moment, les représentants du personnel ont décidé de déposer un préavis de grève si le gouvernement ne répond pas positivement ce vendredi midi à leurs demandes. Le personnel du CHPF utilise le préavis de grève dans un premier temps pour faire avancer les négociations et envisage d'allonger la durée du préavis de grève si jamais les négociations étaient en bonne voie. Mais si la grève venait à être effective, la direction du CHPF prendrait des dispositions pour assurer un service minimum et assurer tous les actes urgents. Si la grève venait à être effective, elle n'interviendra pas avant au moins cinq jours francs après le dépôt du préavis de grève.


Rédigé par Mélanie Thomas le Jeudi 5 Février 2015 à 16:44 | Lu 790 fois