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Bernard Teriitahi, une candidature aux législatives pour "réformer le système"


Tahiti, le 22 mars 2022 – Bernard Teriitahi se présente, sans affiliation, à la prochaine élection législative dans la troisième circonscription avec la volonté de faire évoluer radicalement les institutions politiques de la Polynésie française.
 
Bernard Teriitahi a présenté à la presse sa candidature à l'élection législative pour la troisième circonscription. Celui dont la famille est originaire de Tahaa n'est pas tout à fait un nouveau venu en politique puisqu'il figurait en troisième position de la liste Te Amuitahira'a no Faa'a, portée par Jean Temauri, lors des élections municipales de 2020. La liste avait remporté 3,24% des suffrages au premier tour.
 
Critique du monde politique et de ses "aberrations", il porte, cette fois, sa candidature sous la houlette du parti Porinetia Rahu Rau dont il dit être le "seul membre". Le candidat, qui se présente comme "responsable d'exploitation au port de pêche", considère que la Polynésie française a une certaine liberté en termes de législation qui n'est pas assez exploitée par la classe politique. Il fustige l'inertie, le népotisme et la déconnexion des réalités du peuple chez les élus actuels et passés du fenua. Il porte donc, au cours de cette élection nationale, la volonté de changer en profondeur les institutions politiques locales.
 
Un Président au suffrage universel direct
 
En premier lieu, il propose que l'élection du président de la Polynésie se fasse au suffrage universel direct. Le statut actuel du pays ne permet pas une telle élection, mais le candidat appelle à la "négociation" avec la France. Selon lui, cela permettrait de stabiliser la fonction, d'éviter "les motions de censures qui coûtent des millions" et serait une étape fondamentale pour que la Polynésie "reprenne sa pleine gouvernance". Pour lui, le fenua a besoin d'un partenariat avec "une puissance nucléaire et, si la France en est une, c'est grâce à nous". Il évoque la "dette imprescriptible de la France" à l'égard de la Polynésie et souhaite que cette dernière devienne souveraine en matière de relations internationales et de gestion de ses ressources marines, ce qu'il estime ne pas être le cas pour le moment.
 
L'exemplarité des élus
 
Pour poursuivre son souhait de réformer les institutions politiques du fenua, Bernard Teriitahi veut réduire à 37 le nombre de représentants à l'assemblée territoriale dans l'optique de limiter les coûts, mais souhaite, en parallèle, une meilleure représentation des îles. Il fustige également les cumuls de mandats politiques dont il souhaite l'interdiction, ainsi qu'une limitation à deux mandats consécutifs pour les tāvana. Il dénonce également le manque d'exemplarité des responsables politiques polynésiens, prenant comme exemple l'obligation vaccinale ou la TVA sociale : "Plutôt que de taper dans la poche des citoyens, pourquoi ils ne se sont pas dit 'faisons une cure d'amaigrissement' ? Ils sont tellement dans leur confort qu'ils ne voient plus le reste."
 
Pendant près d'une heure, celui qui est également généalogiste, a abordé de nombreux autres thèmes : la "restitution des terres domaniales à leurs propriétaires légitimes"; la suppression de la taxe foncière; la dépénalisation du cannabis à usage thérapeutique; l'aménagement urbain pour les personnes à mobilité réduites; le coprah à 200 Fcfp le kilo; la mise en place d'une "aide au retour à l'emploi"… Il se dit prêt à discuter d'alliance politique avec des candidats issus de la société civile pour la première et la deuxième circonscription.

 

Rédigé par Antoine Launey le Mardi 22 Mars 2022 à 18:27 | Lu 1350 fois