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Avec E'lien, Laureline veut donner le pouvoir aux consommateurs



Tahiti, le 17 août 2020 - Candidat au concours Tech4Islands, E'lien cherche à faire de la consommation, un acte politique. Le concept ? Un site web pour mettre en relation producteurs et consommateurs responsables. Objectif ? Aider les Polynésiens qui le souhaitent à bien consommer et donc, à consommer local.
 
Comme beaucoup de porteurs de projet au concours international Tech4Islands, Laureline Reynaud et Maxime Pégot ont longuement cogité pendant les deux mois de confinement imposés par l'épidémie de Covid-19. L'isolement sans précédent de la Polynésie du reste du monde les travaille eux aussi. "C'était une expérience inédite. Le confinement a remis les choses en perspective" commente Laureline. Impliqués dans l'univers associatif sur les questions environnementales (lire encadré), elle rejoint désormais le club encore restreint des partisans pour une "autonomie alimentaire". "On doit pouvoir faire travailler l'économie du coin, acheter local et plus naturel, argumente Laureline. Cultiver des choses qui tuent la terre ça n'a pas de sens, tout comme importer des fruits et légumes qui ont fait des milliers de bornes est une aberration." 

Mais au-delà de la sensibilisation aux comportements responsables, Laureline cherche à faire de la consommation, un acte politique : la "consom'action". Il s'agit d'utiliser son pouvoir d'achat pour défendre des convictions. Le consom'acteur choisit à qui il donne son argent et se montre plus attentif aux conditions de fabrication des produits, à leur provenance et à leurs emballages. Il privilégie, par ailleurs, des produits issus de l'agriculture biologique, de la permaculture, du commerce équitable ou de proximité.
 
Paniers consignes et véhicule électrique à énergie solaire
 
C'est là que le site web E'lien intervient : pour mettre en relation les professionnels et les "consom'acteurs" potentiels. "Il n'y a pas de lien direct entre les deux, il faut avoir ses petites adresses et ce n'est pas évident de trouver des produits de proximité, fait remarquer Laureline. Il y a bien les paniers bios, mais il faut être à telle heure, à tel endroit pour le récupérer et pour moi par exemple, ça ne collait jamais". De quoi décourager les consom'acteurs les plus motivés. "En fait, c'est compliqué de bien consommer." L'objectif de la plateforme numérique étant justement d'offrir de la facilité, en mettant tout ce beau monde en réseau : restaurateurs et producteurs responsables d'un côté, consommateurs responsables de l'autre.

"C'est bien joli d'avoir une plateforme, mais si elle t'explique que tes tomates bios il faut aller les chercher à Mataiea, t'es pas bien avancé" nuance Laureline. Pour que le concept soit plus "abouti", il fallait concrétiser la rencontre avec un service de livraison à domicile. Et pour que celui-ci soit cohérent avec les valeurs des porteurs du projet et qu'il soit "le plus durable possible", ce service sera "vert" : avec des paniers consignes et dans un véhicule électrique, lui-même alimenté en énergie solaire, histoire de boucler la boucle.
 
Des points de fidélité sur le principe des Miles
 
Reste un détail. La possibilité de cumuler des Aura'a. Sur le même principe que les Miles de Flying blue ou d'Amex, cette monnaie numérique entend fidéliser ses abonnés, stimuler le réseau et lui donner plus de "sens".  D'où le choix du mot tahitien Aura'a, qui peut se traduire par "sens" ou "couture".  "Tu peux non seulement faire tes achats avec, mais tu peux aussi en faire un don aux associations" précise Laureline. C'est le troisième onglet de la plateforme, à terme. Les associations entreront ainsi dans la boucle, trouvant sur la plateforme un autre moyen de financer leurs projets. "L'idée c'est vraiment que la consommation revête un visage humain" souligne Laureline.

Une présélection à Tech4Island permettrait non seulement de crédibiliser le projet aux yeux des banques, mais aussi de le confronter au marché pour l'affiner. "Quoi qu'il arrive, ce sera une bonne expérience" sourit Laureline, consciente que sur les 186 concurrents, seuls 12 solutions seront présélectionnées. 
 

​Un réseau à petite échelle pour commencer

Avant de se lancer, Laureline Reynaud et Maxime Pégot comptent d'abord mettre en place un réseau pilote, "pour voir à petite échelle et grâce à l’implication de quelques-uns de nos futurs partenaires consom’acteurs professionnels, si le fonctionnement de la plateforme telle que nous l’avons conçue répond correctement aux besoins de ces partenaires." Maxime se charge de la partie développement de la plateforme, Laureline du reste. Le duo engagera ensuite des recherches de financement, nécessaires à l’élaboration concrète du projet. "Nous avons déjà reçu un soutien de l’entreprise Pamatai Pneus, nous espérons susciter le même enthousiasme auprès d’autres potentiels partenaires" souligne Laureline.

Impliqués dans le milieu associatif, ces deux-là n'en sont pas à leur premier projet. Uni'terre, c'est eux. L'association œuvre pour sensibiliser la population et les touristes à la menace que peuvent constituer certains gestes quotidiens sur les lagons. Le projet "Mon lagon et moi", c'est eux aussi. Objectif : éduquer, ici aussi, aux bons comportements sur le récif. Laureline a notamment participé à la formation éco-sentinelle de la Fape et lancera plus tard le "fare durable".
 

Rédigé par Esther Cunéo le Lundi 17 Août 2020 à 10:17 | Lu 11807 fois





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